• Bénin et l'eau potable ?

        Bénin: l'eau potable en milieu rural



    Il y a quelques mois encore, racontent les habitants de petites localités dans les départements de l'Atacora et de la Donga du Bénin, l'eau était une denrée rare pour les populations. Trouver de l’eau pour les besoins de la famille était une réelle corvée, surtout pour les femmes. Elles devaient marcher sur des kilomètres pour aller chercher ce liquide précieux à la rivière, ou le tirer péniblement des puits.

    Le manque d’eau potable entrainait beaucoup de problèmes dans la localité. Les enfants étaient souvent affectés par les maladies hydriques comme la diarrhée, la dysenterie, la fièvre typhoïde, le choléra, etc. Certaines filles abandonnaient l’école du fait qu’elles devaient aller chercher de l’eau à la rivière et aider leurs mères dans les travaux domestiques.

    A travers le projet d’hydraulique villageoise, initié par le Gouvernement du Bénin sur financement des dons japonais hors projets et mis en œuvre dans les départements de l’Atacora et de la Donga par le PNUD,  150 forages équipés de pompes à motricité humaine ont été réalisés et 100 autres forages ont été réhabilités dans 13 communes. Les travaux sont en cours pour la réalisation d’ici la fin de l’année de 20 adductions d’eau villageoise (AEV). Cet important projet d’un coût global de 7 millions USD s’inscrit dans la phase d’urgence du Programme d’Approvisionnement en Eau Potable en Milieu Rural. Il a été lancé en décembre 2008.

    Aujourd'hui,  les populations, soit 103.000 personnes bénéficiaires du projet se réjouissent du forage disponible dans leurs localités. Tchandopé Wette est ménagère à Tchéssikroubou, située dans la commune de Toucountouna à environ 650 km de Cotonou, la capitale économique du Bénin. Elle est mère de six enfants, quatre garçons et deux filles. Elle raconte : « Ici, les femmes souffraient beaucoup du manque d’eau, surtout pendant la saison sèche, qui dure du mois de novembre à mai. Avant, l’unique source d’approvisionnement en eau des populations de Tchéssikroubou était la rivière Dodoka, située à 2 km de nos habitations.

    « Pour satisfaire les besoins de la famille, chaque femme doit faire  la navette au moins trois fois par jour avec une bassine de 35 litres sur la tête. Depuis le mois d’avril, nous sommes soulagés avec le nouveau forage. L’année prochaine, mes deux filles âgées respectivement de 11 et 13 ans vont reprendre l’école. »

    Au-delà la réinsertion scolaire de ses filles, Tchandopé est très contente de boire de l’eau potable, les enfants de Tchéssikroubou ne tombent plus malade de la dysenterie. Tchandopé ajoute : « Maintenant que je dispose d’un forage à quelques mètres de mon habitation, j’ai un gain de temps pour m’occuper d’autres activités domestiques. »

    Le forage de Tchéssikroubou  est géré par un Comité de Gestion des Points d’Eau choisi unanimement par la communauté. Ce comité veille au bon fonctionnement du forage (assainissement des lieux, dépannage, sécurité etc.). A Tchéssikroubou, l’eau n’est pas vendue, mais en cas de panne, chaque usager donne une quote part pour la réparation de la pompe.

    Plusieurs organisations non gouvernementales sont recrutées et sensibilisent les populations sur l’hygiène et la bonne gestion du point d’eau.

    A travers ce projet, le PNUD entend contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, notamment l’OMD N°7 relatif à la protection environnementale et l’accès à l’eau potable, ce qui constitue l’un des moyens  efficaces de lutte contre la pauvreté.

    L’accès à l’eau potable, des progrès vers les objectifs du Millénaire

    Selon le Ministre en charge du développement, Pascal Irenée Koupaki, lors d’un déjeuner débat sur les OMD, organisé le 13 juin 2010 dans le cadre de la visite au Bénin du Secrétaire Général des Nations Unies, trois (3) sur les huit (8) objectifs du Millénaire pourraient être réalisés, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé infantile et de l’accès à l’eau.

    En matière de réalisation des OMD, l’eau est l’un des secteurs avec un potentiel de progrès rapide vers la cible retenue par le Bénin, qui est de passer la proportion de population utilisant une source améliorée d'eau potable de 61% à 100% en 2015. Les efforts déployés aussi bien par le gouvernement que par les partenaires techniques et financiers ont porté les indicateurs d’accès à 63,6% en 2009, niveau qui se rapproche de la cible.

    Toutefois, des mesures sont nécessaires pour corriger les disparités régionales en faveur des zones rurales.


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