• EAU POTABLE – Vers un rationnement des réserves ?

           EAU POTABLE – Vers un rationnement des réserves ?

     

    Des changements climatiques entrainent réchauffement, hausse du niveau de la mer et… bouleversement des réserves en eau potable. C’est le cas pour la Grèce qui voit pour la 5ème année consécutive ses réserves diminuer et perdre en qualité. Et doit considérer dès à présent la mise en place d’un système de rationnement. Explications

    L'eau: une ressource à préserver 
    L’ile de Chypre connait en ce moment une sévère pénurie d’eau. Au point d’avoir institué dès le mois de mars des restrictions importantes et mis en place un système de coupures alternées. Selon Nikos Zampakidis, en charge de l’administration des réserves de l’île, les livraisons en eau potable prévues pour fin juin depuis la Grèce et en bateau ne devraient pas suffire à pallier les insuffisances actuelles. Une situation alarmante donc et qui sonne aujourd’hui comme un avertissement pour la Grèce qui connait de manière générale un appauvrissement en quantité et qualité de ses propres réserves. Ainsi, selon une étude publiée par l’Institut pour l’administration locale, moins de la moitié des réserves ( 47% exactement) sont aujourd’hui potables. 27% de ces réserves ont une qualité qualifiée de variable et 26% sont considérées totalement non potables. Au rythme de consommation actuelle, nombre de régions – dont l’Attique- devraient connaître de sérieuses pénuries.

    Le rationnement, une solution?
     
    Une conférence sur ce sujet stratégique s’est tenue la semaine dernière à Kalamata. Et au menu des propositions a été soulevée la possibilité d’un système de rationnement. Chaque foyer se verrait imposer une quantité limitée d’eau à consommer quotidiennement. De 200 litres par jour pour les foyers situés dans une zone aux réserves décentes... à beaucoup moins pour les foyers situés dans des zones sèches. S’il est certain que la question de la gestion de l’eau concerne chaque citoyen, il est cependant étonnant que les spécialistes conviées à cette conférence se soient concentrés sur la consommation domestique en eau potable alors que l’on sait que les utilisateurs les plus gourmands restent aujourd’hui l’agriculture et l’industrie. Autre question soulevée par l’éventuelle mise en place d’un tel système de rationnement, celle de son application effective. Car aujourd’hui, les autorités locales qui seraient en charge de cette tâche ne disposent même pas de statistiques fiables sur leurs ressources en eau potable et sont donc dans l’impossibilité d’instaurer des quotas de consommation. Il y donc encore un long chemin à parcourir mais nul doute que c’est bien sur cette voie d’une gestion draconienne de nos réserves en eau potable que doit porter notre réflexion. 

    Autoroute de l'eau : Les travaux devraient commencer en 2018

    Les travaux de l’autoroute de l’eau devraient commencer en 2018. Au terme de la première phase, 390 millions de m3 transiteront par des tunnels entre le barrage Makhazine, Mohamed Ben Abdellah et Massira pour assurer l’approvisonnement de Marrakech en eau potable et à usage industriel.
    « Nous avons bon espoir que les premiers travaux commencent dans deux ans », a déclaré El Mostapha Chihani, directeur du pôle aménagement hydraulique et hydro-agricole pour le cabinet d’études marocain Conseil-Ingénierie-Developpement (CID), lors d’une présentation du « projet de transfert des eaux excédentaires des bassins du nord vers les bassins du centre-sud du Maroc », durant la deuxième journée du Salon Mines et Carrières, mercredi 4 avril 2015, au parc d’exposition de l’Office des changes, à Casablanca.
    En avril 2014, le groupement NOVEC, CID, TYPSA se sont vu adjuger l’appel d’offre pour la réalisation de l’étude de conception du projet de transfert. Les deux cabinets marocains Novec, filiale de la CDG, et CID sont en charge des études liés aux barrages, canaux et conduites. Deux nouveaux barrages vont également être construits.
    TYPSA, bureau d’étude espagnol, est chargé d’étudier les stations de pompages, car l’eau va devoir remonter les pentes des reliefs pour atteindre le sud. 9 sont prévues sur l’ensemble du parcours des conduites. « Ensemble, nous disposons contractuellement de 7 ans pour livrer l’étude complète dans son ensemble, mais nous pourrions la boucler en totalité d’ici 5 ans. Dans deux ans, nous devrions avoir achevé l’étude générale et l’étude spécifique liée à la première phase du projet de sorte que la construction puisse commencer », détaille El Mostapha Chihani.
    La première phase opérationnelle vers 2025
    Cette première partie a pour but de renforcer et sécuriser l’alimentation en eau potable et industrielle la région de Marrakech. Une première conduite sera installée, entre l’oued Ouergha, affluent de l’oued Sebou dans le Rif, et le grand barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, à l’est de Rabat. Une seconde conduite transfèrera l’eau de ce dernier vers le barrage Al Massira, sur l’Oum Er Rabia, au nord de Marrakech. Au total, ce sont 390 millions de m3 qui passeront chaque année de barrages en barrages. « Cette partie devrait pouvoir être opérationnelle au bout de 7 ans de travaux », précise El Mostapha Chihani.
    La principale difficulté du projet, outre le pompage, tient aux tunnels car l’essentiel du projet sera sous-terrain. « Une galerie de 62,4 km de 6,1 m de diamètre fera le lien entre le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah et le barrage Massira », indique Mostapha El Chihani.
    Les deux étapes suivantes restent conditionnées aux financements apportés par les bailleurs de fonds internationaux et à la bonne réalisation de la première phase. 16,2 milliards de dirhams d’investissements auront été nécessaires pour réaliser la première partie et 13 et 1,7 milliards seront respectivement exigés pour la seconde et la troisième phase.
    Bassins excédentaires : Sebou, Loukkos, Laou
    Dans la deuxième étape, il s’agira d’aller puiser l’eau encore plus au nord jusque dans les bassins du Loukkos, par le barrage Al Makhazine, et du Laou par le barrage de Beni Mansour et celui de Tfer. « Il faudra percer une galerie entre l’amont de l’Oued Laou et le barrage Al Makhazine de 53,3 km de long sous les montagnes du Rif », souligne Mostapha El Chihani : des montagnes de 1300 m d’altitude. La troisième et dernière étape consistera à pomper en aval de l’Oued Sebou, près de Kenitra, si la qualité des eaux s’améliore et le permet.
    In fine, une seule conduite mènera dans la région de Marrakech, en passant par Rabat et Casablanca, 860 millions de m3 par an. Au nord, une seule conduite permettra de puiser successivement dans le Laou et le Loukkos, et deux conduites puiseront en amont (Oued Ouergha) et en aval du Sebou.
    « Les études préalables ont permis de déterminer que les bassins du nord du Maroc dégageaient ensemble un excédent de 4 milliard de m3 par an, dont seulement 1,6 milliards sont transférables et seulement 880 millions à 1,1 milliard de m3 devraient être effectivement transférés dans le cadre de ce projet national pour ne jamais empêcher les régions du nord de répondre à leurs propres besoins », assure le directeur de CID. De fait, le réchauffement climatique et la baisse de la pluviométrie va concerner tout le pays, y compris le Rif.
    Ces millions de mètres cube viendront approvisionner en eau potable et industrielle Rabat et Casablanca, mais également la région de Marrakech et Benguerir. Ils serviront également directement à irriguer les Doukkalas, ainsi que la zone côtière de Casablanca, El Jedida, Azemmour et la plaine du Haouz.


    ...Suite : http://www.yabiladi.com/articles/details/44349/autoroute-l-eau-travaux-devraient-commencer.html
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