• L’eau et l'abreuvement de vos animaux


                                          L’abreuvement de vos animaux 


    L’eau est une ressource rare et fragile, en cas de mauvaise qualité ou de manque, la production et la santé de vos animaux d’élevage peuvent être perturbées. Afin d’éviter ces désagréments, il est nécessaire que votre cheptel dispose d’une eau de bonne qualité et en quantité suffisante. Quels sont les risques ? La consommation d’eau polluée présente trois risques majeurs pour la santé de vos animaux et leurs productions : une diminution des performances zootechniques (production laitière, GMQ,…) une action néfaste sur la santé des animaux : • risque de maladies bactériennes (salmonellose, paratuberculose) • risque de maladies parasitaires (grande douve et paramphistome,…) • un risque pour la salubrité de la production (lait et produits laitiers) Une eau de qualité Il n’existe aucun texte de loi précisant les normes de potabilité pour les animaux. On se contente des recommandations humaines surtout pour ce qui a trait aux normes physico-chimiques. Pour contrôler la qualité de l'eau, il faut réaliser régulièrement une analyse bactériologique. On s’assure ainsi qu’elle ne contient pas de bactéries d’origine fécale (coliformes ou entérocoques) qui sont la source de nombreux problèmes sanitaires (diarrhées, avortements,…). Mais connaître la qualité de l’eau à la source ne suffit pas si c’est pour la salir ensuite. Il suffit d’imaginer ce qui peut tomber à l’intérieur des bacs quand on regarde leurs parois. Il est conseillé de nettoyer et désinfecter les abreuvoirs tous les 15 jours. La désinfection peut se faire à raison d’une cuillerée à soupe de chlore pour 100 litres d’eau mais il existe également des comprimés de chlore qui rendent plus facile le dosage. Au pâturage, les fortes chaleurs et l’ensoleillement élevé peuvent transformer l’eau en véritable bouillon de culture. Il faut aménager l'accès aux points d'eaux afin que les animaux ne s'abreuvent pas dans la boue. L’eau est le premier aliment des animaux d’élevage. Une vache laitière de 600 kg produisant 25 litres de lait consomme de 30 à plus de 120 litres d’eau par jour selon la température et la matière sèche de la ration. Une vache nourrice et son veau consomment jusqu’à 60 litres par jour. Les abreuvoirs doivent être maintenus propres afin de dispenser une eau de qualité aux animaux. Les boutasses doivent être asséchées ou cloturées car elles sont à l’origine de la transmission de salmonellose ou de paratuberculose. 39 Une eau en abondance Un sous abreuvement diminue la consommation et la production : ainsi une réduction de 40 % de l'abreuvement diminue la quantité d'aliment ingéré de 24 % et induit en conséquence une chute de la production laitière de 16 %. De plus, certains stades physiologiques nécessitent une gestion spécifique de l’abreuvement : un veau diarrhéique de 45 kg aura besoin de 6 à 7 litres d’eau par jour et au moment du vêlage une vache a besoin d’une grande quantité d’eau afin de favoriser la récupération et stimuler la reprise de la digestion. Il est nécessaire de disposer d’un abreuvoir pour environ 15 bovins ou 30 ovins/caprins. Le choix de l’abreuvoir est surtout dicté par son débit: s’il s’agit d’un abreuvoir à palette, un animal vite rassasié ne créera pas un embouteillage devant l’abreuvoir. S’il s’agit d’un abreuvoir bac (80 à 120 litres) on veillera à la facilité de nettoyage, cette solution est préférable pour les vaches laitières. La disposition des abreuvoirs devra permettre un abreuvement à tout moment et sans gêner la circulation des animaux. Attention au sortie de salle de traite : c’est à ce moment là que la vache laitière consomme près de 70 % de ses besoins. Enfin, il est nécessaire de veiller à la température de l’eau distribuée, une eau trop froide provoquera une sous consommation et entraînera des troubles digestifs. Il existe de nombreux systèmes de réchauffement (résistance électrique ou double paroi de mousse haute densité). Jean Christophe VOUTE GDS 69 le drenchage : remettre "sur pied" les VLHP dès le vêlage Les VLHP (vaches laitières hautes productrices) ont des besoins très élevés dès les premiers jours après le vêlage. Le drenchage consiste à administrer directement dans le rumen de l'eau à l'aide d'une sonde. L'interêt de la technique est de compenser la déplétion hydrique et le vide dans le péritoine créés par l'expulsion du veau et des enveloppes foetales et d'apporter à des vaches très hautes productrices un volume d'eau maximal dès le démarrage de la lactation. Hors durant les premiers jours après le vêlage, les capacités d'ingestion sont encore réduites. Cet apport "massif" permet de corriger la déshydratation, d'accélérer la reprise de l'alimentation, d'augmenter les volumes de fourrage ingérés, et de réduire l'incidence des troubles métaboliques et des retournements de caillettes. Pratiquement, il faut apporter 30 à 50 litres d'eau tiède à 37°C additionnée de 500gr de propylène glycol. Mieux : il existe également dans le commerce des sondes adaptées et des sachets d'additifs qui permettent également d'apporter du calcium, du magnésium,... Mais ne jamais mettre de l'eau pure et/ou froide ! Techniquement la seule difficulté consiste à faire passer  la sonde (longueur minimale de 1,5 m) dans l'oesophage jusqu'au rumen.
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