• Pollution au Maroc ??

    Pollution au Maroc: Des milliers de tonnes d’huiles usagées dans la nature



    Le Maroc génère environ 70 000 tonnes de ces produits dangereux, dont une petite partie est recyclée par les cimentiers, mais le reste fait l’objet d’un grand trafic.
    Le Maroc consomme environ 100 000 tonnes d’huiles neuves par an et génère environ 70 000 tonnes d’huiles usagées. Une petite partie de ces huiles usagées est utilisée dans des fours de cimentiers, briquetiers et potiers. Mais la grande partie de ces produits dangereux est recyclée d’une manière artisanale et informelle et qui altèrent le parc automobile national ou rejetée dans la nature.
    Compte tenu de leur dangerosité et de leur impact sur l’environnement, les pays développés ont pratiquement tous mis en place des systèmes de récupération et de traitement des huiles usagées. En Europe, la majorité des systèmes mis en place se basent sur le principe de responsabilité élargie des producteurs (REP) ce qui oblige les producteurs et les importateurs des huiles neuves de prendre en charge les coûts de gestion des huiles usagées depuis la collecte jusqu’à l’élimination finale à travers une contribution environnementale ou écotaxe.
    En Tunisie, l’État a mis en place depuis les années 90 un système de gestion des huiles usagées qui se base sur le système d’écotaxe. Aujourd’hui, le recyclage des huiles de moteur représente une tendance lourde au niveau international, puisqu’il permet d’alléger la fracture pétrolière des pays importateurs de pétrole brut et des lubrifiants. À l’échelle nationale, le département de l’Environnement a initié, en 2012, une étude pour la mise en place d’une filière organisée de gestion des huiles usagées, conformément aux décrets d’application relatifs à la gestion des huiles usagées en 2011.
    Mais pour que cette filière puisse voir le jour, il faut chercher l’argent. Dans ce cas, les distributeurs pétroliers dont les grandes quantités d’huiles usagées atterrissent dans les stations-services via des opérations de vidange, sont-ils prêts à mettre la main à la poche ? «Ce sont les cimentiers qui utilisent ces huiles usagées dans leurs fours qui doivent financer leur recyclage», a répondu Adil Ziyadi, président du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). Mais ce qu’il faut préciser, c’est que sur les 70 000 tonnes d’huiles usagées générés annuellement au Maroc, seules 2 000 tonnes de ces produits dangereux sont éliminées par les cimentiers.
    Le reste échappe toujours à tout contrôle ou fait l’objet d’un trafic pour être remis dans le circuit de vente d’huiles neuves. Selon des observateurs, le refus des distributeurs pétroliers de financer le recyclage de ces huiles usagées va à l’encontre du principe de responsabilité élargie des producteurs (REP), alors que l’effort financier qui leur est demandé est très minime. Pour financer le recyclage d’un litre d’huile usagée, ils devront verser 20 centimes, sachant que le prix du litre d’huile vendu dans le commerce varie entre 30 et 80 DH.Pour que le Maroc puisse s’aligner sur les normes internationales en matière de recyclage des huiles usagées, le département ministériel chargé de ce dossier a déjà légiféré. «Le Maroc dispose d’une loi sur les déchets, adoptée en 2006, qui responsabilise les producteurs des déchets dangereux à les éliminer dans des installations autorisées. Compte tenu de leurs spécificités, un décret sur la gestion des huiles usagées a été promulgué en 2011, mais malheureusement son application a été retardée dans l’attente de l’adoption des arrêtés d’application.
    Actuellement, quatre projets d’arrêtés sont en cours de finalisation et leur adoption permettra de mettre en place toutes les conditions juridiques nécessaires à une meilleure gestion de ces déchets», a répondu le département de l’Environnement. Et ce dernier d’ajouter : «Nos services ont mené une étude qui a préconisé la mise en place d’une filière de gestion de ces déchets en partenariat avec tous les acteurs concernés (pétroliers, importateurs des huiles neuves, cimentiers, etc.). Une Convention de partenariat a été préparée en concertation avec les associations professionnelles concernées pour la mise en place d’un tel système volontaire qui permettra une meilleure gestion des huiles usagées. Dans le cas où les conditions de partenariat ne sont pas réunies, le recours à l’application d’une écotaxe (à l’instar du plastique) sera une alternative pour mieux gérer ces déchets.»
    Le retard en matière de recyclage des déchets ne concerne pas seulement les huiles usagées, mais d’autres filières telles que notamment celles des pneus et batteries.
    huile-vidange

    Un impact extrêmement nuisible
    Selon le Catalogue marocain des déchets, les huiles usagées sont considérées comme déchets dangereux à cause de leurs effets néfastes sur l’environnement et sur la santé humaine. Le Maroc génère environ 70 000 tonnes par an dont une partie est rejetée dans la nature sans aucun traitement. Ces huiles ont un impact extrêmement nuisible sur l’environnement et la santé d’une manière générale à cause de leurs caractéristiques. Elles sont peu biodégradables ce qui augmente la durée de vie de ces déchets. Ces matières dangereuses ont une densité plus faible que l’eau : un litre d’huile usagée peut couvrir une surface importante d’eau (environ 1 000 m◊) et réduire l’oxygénation de la faune et de la flore. Un litre d’huile usagée peut aussi polluer durablement 1 m3 de terre chaque année. Ces matières dangereuses contiennent parfois des polychlorobiphényles (PCB) qui sont des produits cancérigènes.
    Source: LE MATIN
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