• Protection de l’environnement : un acte décrété ?


         Protection de l’environnement : un acte décrété ?


    Pollution-Maroc-(2011-09-05)
    Penser à l’environnement dans un contexte économique morose parait pour certains comme une extravagance. Mais, en réalité le non respect de l’environnement engendre des pertes considérables humaines, matérielles et budgétaires.
    Selon un rapport « Etat de l’environnement du Maroc », élaboré en 2010, la situation de l’environnement est marquée par une dégradation intense des ressources naturelles et du cadre de vie des populations due à la pollution de l’air et des eaux continentales et marines, à la désertification des sols, à la dégradation des forêts, de la biodiversité et du littoral, aux nuisances des décharges sauvages, etc. Les problèmes de l’environnement reviennent à la surface à chaque fois donc que le développement économique est évoqué.
    La pollution de l’air est la situation environnementale la plus dégradante dans certaines villes du Maroc.
    Sources de pollution de l’air
    En effet, l’augmentation des besoins énergétiques nécessaires au développement industriel et urbain est à l’origine, au niveau local, de la pollution de l’air provenant de l’industrie et du transport. Cette pollution impacte directement la qualité de vie et la santé des populations, notamment dans les grandes agglomérations et les zones industrielles. Au niveau planétaire, il s’agit de l’effet de serre qui est à l’origine des changements climatiques et de l’appauvrissement de la couche d’ozone. D’autant plus que la pollution de l’air touche à la fois la santé des personnes et les intérêts économiques importants.
    Le transport, une source de pollution
    Il est à noter que la pollution causée par le transport touche l’ensemble des grandes villes et des axes routiers ; et que Le parc automobile national avait connu une croissance considérable de 2000 à 2008 en passant respectivement  de 1,6 millions de véhicules à 2,3 millions, soit un taux d’accroissement supérieur à 5% par an.
    Il serait évident de considérer que le secteur de transport contribue à la pollution de l’air à travers l’émission de gaz toxiques tels l’oxyde d’azote (NOx) avec 35.000 t/an, le dioxyde de soufre (SO2) avec 21.000 t/an, le dioxyde de carbone (CO2) avec 7 millions t/an et les particules en suspension avec 5.000 t/an. Selon ce rapport, le parc automobile marocain est responsable de 50 à 60% de cette pollution. Peut-être que l’action relative à l’augmentation des prix du carburant prise par ce gouvernement se situe dans cette perspective de pollueur/ payeur qui est une formule extravagante. Les préjudices portés à la santé de la population ne peuvent guère être indemnisés. Le budget accordé à la santé au Maroc est loin de satisfaire les attentes des marocains.
    La ville la plus exposée à la pollution de son air est Casablanca. La capitale économique est la ville la plus souffrante en termes de pollution de l’air en subissant environ 30 % de la pollution due au transport.
    L’utilisation démesurée de la voiture personnelle pour le déplacement urbain et les problèmes de fluidité de la circulation dans les grandes sont à l’origine de la pollution atmosphérique, « d’autant plus que la part du gasoil dans le parc automobile national est de plus en plus importante ».
    L’industrie, une source de pollution
    Selon le Rapport « Etat de l’environnement du Maroc », les villes de Safi, Jorf Lasfar, Casablanca, Kénitra et Mohammedia souffrent d’une pollution atmosphérique remarquable due au secteur industriel et énergétique qui comprend environ 7900 unités dont 34% sont abritées au niveau de la ville de Casablanca. Ces installations industrielles incluent les industries chimiques et para-chimiques, les industries du textile et de cuir, les industries agroalimentaires, les industries électriques et électroniques et les industries métalliques et métallurgiques. Quant aux installations énergétiques, il s’agit des centrales thermiques et raffineries des produits pétroliers. Les grandes entreprises marocaines doivent fournir beaucoup d’efforts pour contribuer au développement économique du Maroc sans toutefois nuire à la santé des habitants. La collecte des capitaux au détriment de l’intérêt public est aujourd’hui un acte illégal selon la Loi-cadre n° 99-12 portant Charte de l’Environnement et du Développement Durable.
    D’autres activités constituent aussi des sources de pollution de l’air, notamment les activités artisanales, comme la poterie, les hammams et les fours traditionnels utilisant des combustibles riches en polluants atmosphériques, l’utilisation du bois de feu en milieu rural, les décharges sauvages qui sont à l’origine d’émanations de méthane et autres gaz polluants.
    Des études éco épidémiologiques ont montré qu’à Casablanca, la pollution de l’air a causé des augmentations notables d’apparition de certaines maladies (asthme, bronchites, infections respiratoires chez les enfants moins de 5 ans, conjonctivites) ainsi que du taux de mortalité.
    De ce fait, le respect de l’environnement à travers des actes concrets peut anéantir l’effet pervers du développement économique. Bien que l’entreprise ait d’autres priorités ayant rapport même avec son existence dans un océan de crise financière, il n’est pas impossible d’y penser pour innover son processus de production avec le soutien du gouvernement et des instances internationales. L’environnement concerne tous les habitants de cette planète.
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