• Un ingénieur marocain veut transformer l'eau de mer en eau potable

    Un ingénieur marocain veut transformer l'eau de mer en eau potable 



    Enseignant à l’Ecole Mohammedia des Ingénieurs, le professeur Mohamed Tahiri travaille actuellement sur un projet de transformation de l’eau de mer en eau potable grâce à une usine de dessalement utilisant l'énergie solaire. Son objectif, aider le Maroc à contrecarrer les effets de la sécheresse et du stress hydrique. Un projet très bénéfique en cas de réalisation, mais qui pourrait être très couteux, selon un expert américain. Explications. 

    La pénurie d’eau menace de plus en plus le Maroc, et notamment certaines régions déjà en situation de stress hydrique. C’est le cas de l’oasis d’Errachidia, dans le sud-est du royaume. Le professeur Mohamed Tahiri enseignant à l’Ecole Mohammedia des Ingénieurs entend apporter sa pierre à l’édifice pour lutter contre cette menace.
    A cet effet, il a récemment lancé un projet de transformation de l’eau de mer en eau potable grâce à un système de dessalement par l’énergie solaire. « Les Marocains vivent dans une région semi-aride et il est probable que les disponibilités en eau du pays diminuent avec le changement climatique. Nous sommes l’un des rares pays arabes n’ayant pas de pétrole, mais nous avons un vaste littoral et beaucoup de soleil. Pour moi, cela signifie que nous pouvons utiliser l’énergie solaire pour le dessalement [de l’eau de mer, ndlr] », a déclaré l’ingénieur au site d’information arabe Al Fanar Media.
    Des milliers de familles rurales pourraient en bénéficier
    Depuis quelques temps, M. Tahiri tente de prouver la viabilité de son raisonnement. Il développe un prototype de petite usine de dessalement par l’énergie solaire, d’environ 2 mètres de haut et 1,5 mètre de longueur et de largeur. Ici, le procédé est tel que l’eau de mer est réchauffée. Puis, l’air sec est introduit dans le système, ce qui permet l’absorption de l’humidité provenant de l’évaporation. L’air passe ensuite par une autre chambre où il est refroidi pour libérer l’eau sous forme de pluie sans sel. « Nous essayons d’imiter le cycle naturel de l’eau à petite échelle », souligne l’ingénieur, précisant que la différence avec ce qui se produit dans la nature est qu’il s’échappe de la première chambre une solution saline très concentrée.
    Mohamed Tahiri aimerait implanter ces petites usines le long de la Méditerranée au bénéfice des communautés rurales du Maroc, lesquels sont le plus en proie au manque d’eau potable. Pour l’instant, il ne peut se prononcer sur le coût qu’engendrerait la réalisation d’un tel projet, estimant qu’il devrait davantage le développer pour sortir des chiffres précis. Mais d’après ses calculs, chaque usine pourrait suffisamment approvisionner près de 3 000 maisons.
    Un expert américain sceptique en raison du coût, Tahiri préconise le financement privé
    Le projet est apprécié par d’autres experts qui estiment cependant que son coût financier pourrait être un frein à sa faisabilité. « Les gens considère toujours l'énergie solaire comme source gratuite. Mais, ils oublient que l’utilisation des panneaux impliquent un coût initial important », explique Yoram Cohen, ingénieur chimiste à l'Université de Californie. D’après lui, une usine de dessalement qui fournit de l’eau potable à 50 maisons dans les communautés rurales des Etats-Unis coûterait entre 150 000 et 200 000 dollars US, sachant qu’un foyer américain moyen consomme 40% de plus d’eau qu’une famille marocaine.
    Pour le cas du Maroc, il préconise plutôt l’osmose inverse, ce système qui permet de purifier l’eau contenant des matières via un système de filtrage très fin. Il estime que ce serait moins coûteux. Mais convaincu de l’efficacité de son projet, notre ingénieur marocain estime que l’investissement privé permettrait de relever le défi. 


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