• Maroc :La condition féminine dans les douars

    La condition féminine dans les douars

    Si l’on écarte le fait qu’ils s’occupent des cultures saisonnières, on constate aisément la fainéantise caractérisée propre aux hommes demeurant dans les douars. La répartition des tâches entre les femmes et les hommes est injustement inégale. Nul doute que là également, des coutumes d’un autre âge perdurant encore actuellement, sont la source de cette inégalité. Très tôt le matin ou encore très tard le soir lorsque nous traversions les différents douars, nous rencontrions des femmes et des jeunes filles déjà ou encore au travail. A contrario, nous avons vu des hommes tourner en rond de s’ennuyer. Leurs mains fourrées dans les poches d’une djellaba en grosse laine brune ou noire, leur tête parfois recouverte d’un capuchon de même couleur, généralement assis en bande ou dormant isolément sous les branches d’un vieil olivier ou encore contre le tronc d’un eucalyptus, voilà bien l’homme type habitant ces zones enclavées. Vêtues d’une longue jupe rayée de rouge et de blanc, la tête enveloppée dans un foulard ou encore un châle, le bas du visage masqué pour certaines, voilà les particularités vestimentaires propres au femmes du Rif.
    Si l’on rencontre souvent de jeunes garçons de dix ou onze ans occupés à ne rien faire, apprenant cela de leur père, il est tout aussi fréquent de rencontrer des jeunes filles du même âge occupées par de lourdes tâches, apprenant cela de leur mère. Méfiants, les hommes nous regardent passer se posant mille questions sur notre présence dans leurs douars. Ils nous observent de la tête aux pieds avec insistance. Les filles et les femmes venant en sens inverse au nôtre, précédant ou suivant un troupeau de chèvres ou de moutons, ont tôt fait de baisser ou de tourner la tête lorsque nous les croisons au détour d’un chemin. Même lorsqu’elles viennent assister à nos séances de dépistage du diabète, elles pratiquent aussi de la sorte lorsqu’elles arrivent face à nous pour faire le test sanguin. Cela étant, leur condition de vie n’est vraiment pas enviable, loin s’en faut. Nous les voyons partout constamment occupées à travailler. Tantôt elles effectuent la cuisson des pains, tantôt elles partent à la recherche de bois ou de fourrages pour le bétail ou bien encore elles vont à la rivière pour faire la lessive. D’autres défrichent des parcelles de terrain sous l’œil attentif de leur époux assis à l’ombre.
    La préparation des repas, l’entretien de leurs habitations, la récolte des olives et fruits divers sont aussi des occupations parmi tant d’autres. Leur taille enroulée de plusieurs tours par une longue écharpe en laine afin de soulager leurs reins, nous constatons qu’elles portent souvent de très lourdes charges les contraignant à se plier en deux tout en avançant sur de pénibles chemins. D’une manière générale, tout ce qui concerne l’habitation et la nourriture, les soins aux enfants, les cultures et les récoltes, les approvisionnements en eau, bois ou fourrage ou encore l’entretien du bétail relèvent de leur domaine.
    De plus en plus d'associations à buts humanitaires voient le jour afin de tenter de sortir de ce marasme les habitants de ces zones rurales. En amenant progressivement des réseaux électriques et des réseaux de distribution d' eau mais également en effectuant de vastes campagnes d'alphabétisation et de sensibilisation aux problèmes environnementaux, ces associations offriront aux femmes des douars l'opportunité d' évoluer. Peut-être qu'un jour leurs époux comprendront que les femmes ne sont pas des esclaves.

    Tenues typiques des femmes du Rif
     

    Femme et son enfant
     

    Nous avions réveillé l'homme et le garçon pour la pose

    Une scène de vie quotidienne
     

    Groupe de femmes dans un douar

    Des hommes toujours en pleine forme !
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