• Pollution : Casablanca

    Pollution : Casablanca, une ville où il fait bon vivre ?


    Est-il utile de le préciser ? Casablanca est polluée, même très polluée. La pollution atteindrait un seuil critique et la santé des casablancais s’en retrouve sérieusement menacée. La ville blanche, surpeuplée, fleuron de l’économie du royaume, serait-elle en passe de devenir une ville noire ?
    Les valeurs de fumée noire, de l’ordre de 33mg/m3, se sont révélées supérieures à 50% de celles mesurées à Paris. La mortalité connaît alors une augmentation brute de 2%. Les consultations pour asthme, bronchites et autres conjonctivites suivent également la tendance. Dans certaines zones ou la pollution atteint son summum, ce chiffre est majoré jusqu’à atteindre 9%. Une étude éco-épidémiologique menée par le ministère de l'Aménagement du territoire, de l'urbanisme et de l'habitat met principalement en cause la vétusté du parc automobile, avec une forte proportion de véhicules diesel. Ils sont environ 700.000, et près de ¾ d’entre eux circulant dans la capitale économique auraient plus de dix ans.

    Ce constat, associé à d’autres études, fruits du travail du Laboratoire public sur la qualité de l’air ambiant, fait ressortir un point important : Les principaux polluants sont le dioxyde de soufre, l'ozone et les poussières. Le premier, au contact de l’humidité, se transforme en acide sulfurique, hautement toxique pour l’homme ainsi que pour les monuments. La qualité de l’air est plus que touchée sur le site d’Aïn Sebaâ, classé comme le quartier le plus pollué de la capitale économique. Le sac plastique fait également partie des fléaux associés à la pollution. Avec une consommation de plus de 400.000 tonnes de plastique par an, soit environ 5,5 kg par habitant, le plastique noir, le pire de tous, occupe la première marche du podium avec 60% de la production nationale. Leur usage provoque chaque année de nombreux cas d’intoxications en raison des substances nocives qui entrent dans leur composition.

    Quant un médecin généraliste et un pneumologue de la capitale économique nous expliquent qu’une grande partie des cancers du poumon touchent des non fumeurs, on se dit qu’il est temps de tirer la sonnette d’alarme. Pire encore, le nombre de nouveaux nés asthmatiques serait en constante évolution. Un malheur n’arrivant jamais seul, le Maroc, de par sa position géographique, appartient aux pays les plus exposés aux changements climatiques. Or, il est aussi considéré comme l’un des pays les plus riches en biodiversité. Un beau gâchis.

    Kenza Zerrad
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