• Répartition équitable d’une ressource vitale

    Répartition équitable d’une ressource vitale

    Avec le changement climatique, la crise de l’eau et les conflits autour des ses ressources s'accentuent. Des structures civiles et gouvernementales efficaces contribuent à assurer sur le long terme les projets pour l'eau et à éviter les conflits - tant au niveau local qu’international.
    La défaillance de la politique nationale et internationale aggrave les crises de l’eau. Car ce sont le pouvoir et/ou l’argent qui déterminent la répartition des ressources en eau. Pourtant une bonne gouvernance serait capitale s'agissant d'une ressource aussi essentielle que l’eau, pour distribuer équitablement ce bien précieux et permettre le développement. La communauté internationale des États en a pris conscience. En effet, comme Irina Bokowa, directrice générale de l’UNESCO, a averti lors de la présentation du 4e Rapport mondial de l'ONU sur le développement et l'eau: «Si nous échouons aujourd’hui à faire de l’eau un instrument de paix, elle pourrait devenir demain une des principales sources de conflits.»

    La politique internationale doit par exemple se soucier du Mekong, ce fleuve qui traverse sept pays avant de se jeter dans la mer dans le sud du Vietnam. Pour que les millions de personnes vivant dans ses bassins versants puissent avec et par le fleuve Mekong, des négociations et des contrats internationaux sont nécessaires. Il n'est pas l'unique fleuve international avec un potentiel de conflits. Le Programme des Nations Unies sur l’Environnement (PNUE) a identifié 263 fleuves qui traversent des frontières - souvent plusieurs fois.
    La politique internationale est aussi nécessaire pour la répartition des moyens pour la coopération au développement. Il s'agit de mettre davantage de moyens à disposition pour l’eau, les installations sanitaires et l'hygiène - des thèmes centraux pour le développement et la lutte contre la pauvreté. Pour que les droits humains à l’eau et aux installations sanitaires, proclamés par l’Assemblée générale de l’ONU, deviennent une réalité pour tous.

    Au niveau national la poétique de l’eau doit considérer avec soin les intérêts des pêcheurs et des paysans d’une part et ceux des fournisseurs d’électricité, de l’industrie et des entreprises de transport maritime d’autre part, pour empêcher des conflits ultérieurs.

    Au niveau régional et local la poltiqiue doit intervenir pour éviter que des groupes privilégiés ou ethniques ou que des conflits religieux empêchent une utilisation équitable des systèmes hydriques existants.
    • Dans les discussions internationales, on utilise le terme de «gouvernance de l’eau» pour parler de la bonne manière d’utiliser les ressources en eau. Toutes les parties sont d’accord pour dire que l’eau à disposition doit non seulement être utilisée efficacement mais aussi répartie équitablement. 
      Le postulat le plus important - après l’accès à l’eau propre en suffisance pour tous - demande à reconnaître l’eau comme un bien social et culturel devant être sous contrôle démocratique. Car, auparavant, les organisations d’aide ont trop souvent dû constater que les puits qu’elles avaient construits ne profitaient pas à la communauté toute entière, mais servaient à renforcer le pouvoir ou la richesse d’un groupe local privilégié ou d’un chef de village. Pour éviter cela, les approvisionnements en eau potable et les installations sanitaires doivent être solidement ancrés dans la communauté locale ou régionale, tant lors de la planification que de la construction ou de la gestion. Des organisations civiles régies selon des principes démocratiques, par exemple des comités d’utilisateurs, veillent à ce que le plus grand nombre possible de personnes se sentent responsables des infrastructures. Et les autorités gouvernementales sont aussi sollicitées. Lors des processus de décentralisation ayant lieu dans de multiples pays, les autorités locales sont dotées de nouvelles compétences dans le domaine de l’eau. Or, pour mener une politique de l’eau qui soit efficace et équitable, il est capital que les représentantes et représentants des autorités soient prêts à assumer leurs responsabilités.
      Dans des pays en développement, les essais de laisser l'eau entre les mains du secteur privé ont échoué. Soit à cause de la résistance de la population, comme lors du fameux soulèvement de Cochabamba en Bolivie, soit parce que les entreprises privées mandatées n’ont pas pris soin d’entretenir les installations qu’elles ont reprises. En conséquence, ces mauvaises pratiques ont mené à abandonner en 2005 la privatisation forcée à Dar el-Salaam de l’approvisionnement en eau voulue par la Banque mondiale.
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