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    Kénitra: Fortes menaces de pollution sur l'eau potable

    La régie exploite des forages risqués, pas de mesures contre les rejets polluants
    Exposition aux déjections animales, absence de précautions, nettoyage des réservoirs en dilettante
    Pas de programme de réhabilitation du réseau et retard dans la réparation des fuites
    L'eau potable de Kénitra est grandement menacée de pollution. Un constat accablant du dernier rapport 2015 de la Cour des comptes qui fait clairement état d'une gestion aléatoire de cette ressource par la Régie autonome de distribution de l’eau, de l’électricité et de l’assainissement liquide de la province de Kénitra (RAK). Les enquêteurs soulèvent un certain nombre de problèmes.
    L'inquiétude s’explique en premier lieu par l’exploitation par la RAK de forages comportant un risque de pollution. «Malgré les risques imminents de pollution auxquels sont exposés les eaux de certains forages, la RAK continue à les exploiter en l’absence de toutes mesures susceptibles de limiter ces risques», constatent les auteurs du rapport. Ils précisent dans leur ouvrage que «certains forages ne sont pas à l’abri des infiltrations des rejets polluants de certaines activités pratiquées à proximité».
    Toujours dans le même chapitre, le rapport soulève le laxisme de la régie pour la protection de certains captages exposés aux déjections des animaux et l’accès des oiseaux et des rongeurs. Ce qui constitue, selon le rapport de la Cour des comptes, un risque pour la qualité des eaux produites. On signale également le manque d’un entretien de certaines installations en l’occurrence les réservoirs d’une manière périodique conformément aux délais réglementaires.
    Par exemple, le code de la santé publique en France exige que les réservoirs de stockage soient nettoyés au moins une fois par an. Alors que la régie de Kénitra procède au nettoyage et la désinfection de ses réservoirs à une fréquence réduite, constatent les enquêteurs. «Il existe des cas de réservoirs dont le délai séparant deux opérations successives de nettoyage dépasse largement les 4 ans», est-il souligné dans le rapport.
    Les auteurs du rapport relèvent également que les eaux extraites de certains forages sont injectées directement dans le réseau de distribution sans passer par les réservoirs. Une telle situation se traduit par un impact négatif sur la qualité de l’eau. Car «l’injection directe des eaux de ces forages dans le réseau de distribution ne permet pas une décantation des matières en suspension et ne laisse pas le temps suffisant pour le traitement de l’eau par le chlore injecté avant d’arriver au consommateur», est-il expliqué.
    Toujours dans le domaine de la gestion de l’eau potable, le rapport soulève aussi l’absence d’un programme de réhabilitation du réseau et le retard dans l’intervention pour la réparation des fuites. Selon le rapport, la durée moyenne d’intervention de la RAK pour la réparation des fuites d’eau a atteint 2 jours 11 heures 30 minutes en 2012 contre 1 jour 6 heures en 2015. On explique cette situation par l’absence d’une procédure efficace pour le traitement des réclamations et l’insuffisance d’exploitation du système d’automatisme et télégestion dont le coût dépasse les 5,5 millions de DH.
    La régie a du mal à gérer les coupures d'électricité
    Pour le secteur de la distribution de l’électricité, le rapport a relevé une série de couacs. Il s'agit particulièrement des coupures longues programmées pour lesquelles la RAK reste impuissante sans alternatives permettant d’assurer la continuité d’alimentation en électricité surtout pour les clients en basse tension. Ces coupures sont dues à des travaux d’extension ou d’entretien du réseau. Selon le seuil fixé par la norme européenne, soit plus de 3 mn, la majorité des coupures qualifiées de longues. Ainsi, entre 2010 et 2014, toutes les coupures programmées pour travaux par la RAK,  dépassent largement 3 minutes, indique le rapport.

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