• la scolarité et l'eau en Burkina faso

    Burkina Faso : quand l'accès à l'eau favorise la scolarisation des filles

    « Si l’on crée un environnement qui est plus agréable pour l’enfant, on augmente les inscriptions dans les écoles et on diminue les réticences des familles »,
    Joan French, représentante de l’UNICEF au Burkina Faso.

    Pourriez-vous évoquer la situation au Burkina Faso en termes d’eau et d’assainissement ? Au Burkina Faso, qui compte 12 millions d’habitants, 30% des ménages n’ont pas accès à l’eau potable, et 70% n’ont pas accès aux installations sanitaires de base. Aujourd’hui, le pays fait face à un grand défi : lorsque l’on parle de mortalité infantile, l’accès à l’eau potable reste un enjeu incroyable. Le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres du monde. Mais la pauvreté économique ne veut pas dire que le pays n’est pas prêt à faire des efforts pour développer des secteurs clés tels que la santé et de l’éducation.

    L’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires dans les écoles est un enjeu considérable en ce qui concerne la scolarisation des filles. Quelle est l’action de l’UNICEF dans ce domaine ? L’UNICEF œuvre à l’installation de points d’eau dans les écoles depuis 1995. Mais c’est véritablement à partir de 2003 que l’agence et le gouvernement burkinabé ont mis en place une stratégie visant l'accélération de la scolarisation des filles. Si les filles ne vont pas à l’école, il y aura toujours des disparités dans le pays. Nous nous sommes rendu compte que l’installation de toilettes séparées dans les écoles était un moyen d’augmenter l’inscription des enfants, et en particulier des filles. Au Burkina Faso, la majorité des familles pensent que laisser leurs filles étudier dans des écoles non-équipées de latrines séparées les exposent à tous types de dangers, par exemple les abus sexuels. Il faut comprendre le raisonnement des communautés burkinabés : les filles sont très protégées, on évite toute situation comportant des risques pour leur santé ou leur intégrité. Pour l’UNICEF, l’important est de lutter contre les résistances culturelles à l'éducation des filles tout en conservant la confiance des familles. L’UNICEF travaille actuellement dans 216 écoles du Burkina Faso, principalement dans le Nord-nord-est du pays, où le problème de la scolarisation des filles est le plus sensible. Nous équipons ces écoles en points d’eau, toilettes séparées et lavabos. A ce jour, 80% de ces écoles disposent d’un point d’eau, 60% sont équipées de latrines séparées, et 42% de lavabos.
    Avez-vous pu constater une évolution des comportements ces dernières années ? Depuis 2003, on a vu augmenter l’inscription des filles à l’école primaire de façon significative. Je peux vous citer l’exemple de l’école primaire du village de Tamidou, au Nord du Burkina Faso, qui a été fondée en 1992, mais ne comportait aucun point d’eau. C’est en 2002 qu’un accès à l’eau potable et des latrines ont été mis en place. Aujourd’hui, les chiffres parlent d’eux-mêmes : lors de l’année scolaire 2001-2002, 83 élèves, dont seulement 35 filles étaient inscrits à l’école de Tamidou, pour l’année scolaire 2004-2005, 167 élèves, dont 83 filles sont inscrits, soit une augmentation de plus de 100% du taux d’inscription ! L’école n’est pas attractive si l’on ne propose pas des solutions adéquates aux besoins des communautés. Si l’on crée un environnement qui est plus agréable pour l’enfant, on augmente les inscriptions dans les écoles et on diminue les réticences des familles. Ce dont l’UNICEF a besoin aujourd’hui, c’est de plus de moyens pour couvrir les besoins des écoles et prendre en charge d’autres écoles, pour soutenir les efforts du gouvernement burkinabé.
     
    Le Burkina Faso en bref :
    Population : 12,1 millions d’habitants 
    85% de la population habite en zone rurale 
    56% des Burkinabés sont des enfants 
    52% des Burkinabés sont des femmes 
    Espérance de vie : 46 ans 
    Taux de mortalité des moins de cinq ans pour 2003 : 
    129 pour 1000 
    Taux d’inscription à l’école entre 1996 et 2003 : 27% 
    Taux d’inscription à l’école pour l’année scolaire 2003-2004 : 52%,
    dont 45% pour les filles.
    Eau et Assainissement : l’UNICEF et les écoles du Burkina Faso
    Depuis 1995, l’UNICEF intensifie son action dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, et de l’éducation à l’hygiène dans les écoles. Depuis cette date 1 104 points d’eau et 1 275 latrines ont été mis en place dans les écoles. 
    Entre 2001 et 2004, l’UNICEF a investi 631 000 dollars pour la construction d’installations sanitaires dans les écoles : des points d’eau ont été installés dans 262 écoles, des latrines dans 217 écoles. Des cours de sensibilisation à l’hygiène ont été dispensés, les enseignants ont également reçu une formation pour intervenir en classe dans ce domaine.
    Vu sur:https://www.unicef.fr/article/burkina-faso-quand-lacces-leau-favorise-la-scolarisation-des-filles
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