• Le combat de l’eau pour la vie !...

    Le combat
    de l’eau
    pour la vie !

    PAR ALAIN BOINET
    Fondateur de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

    Dans les crises humanitaires, l’accès
    à l’eau potable et à l’assainissement est vital pour les populations. Le rapport de cause à effet entre eau insalubre et mortalité, notamment chez les enfants, s’impose à l’évidence. Il y a 10 ans, personne n’en parlait. Aujourd’hui, nous constatons des avancées significatives (ODD,
    COP 21). Mais pour les Etats et pour les acteurs
    de l’eau, le défi est de taille : il s’agit de passer des paroles aux actes.
    Présente depuis 1980 sur le terrain des crises humanitaires les plus sévères (Afghanistan, Rwanda, Indonésie, RDC, Corne de l’Afrique, Sahel, Philippines, Népal…), SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a fait de la lutte contre les maladies liées à l’eau son combat majeur. Un choix motivé par un triple constat : celui de l’enjeu vital de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement (EHA) dans les situations de crise, celui de la mortalité dramatique induite par les maladies hydriques, celui enfin lié au fait que personne ne s’exprimait il y a encore 10 ans sur l’urgence de lutter contre cette cause majeure de mortalité.
    L’eau et l’assainissement,
    enfin une priorité de l’agenda international
    Aujourd’hui, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est reconnue comme un acteur majeur dans le domaine de l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement. Dans l’action et sur le terrain humanitaire bien sûr, où nous apportons, en main propre, une aide digne et vitale à plus de 5 millions de personnes chaque année. Mais aussi en direction des institutions internationales, tant nous nous sommes fait un devoir d’influencer les politiques publiques afin que les décisions appropriées contre le fléau de l’eau insalubre soient prises au plus haut niveau : en France, en Europe et aux Nations unies.
    Nos campagnes d’information et de sensibilisation, menées chaque année lors de la Journée Mondiale de l’Eau du 22 mars, et notamment notre pétition en faveur de l’accès à l’eau potable signée par 200 000 de nos concitoyens, ont contribué activement à ce que l’ONU revoit ses chiffres sur le nombre de personnes ayant accès à l’eau potable : à peine plus de la moitié de la population mondiale, et non 89 % comme annoncé à la veille du Forum Mondial de l’Eau de mars 2012, à Marseille. Et avec nos partenaires du Partenariat Français pour l’Eau (PFE) et du Forum Mondial de l’Eau (FME), nous avons milité pour qu’un objectif eau-assainissement devienne enfin une priorité à part entière dans l’agenda international.
    La situation
    Entre 2000 et 2015, d’énormes progrès ont été réalisés : 1,6 milliard de personnes ont vu leur accès à l’eau s’améliorer et plus d’un milliard ont accédé à des toilettes. Malheureusement, près de 2 milliards de personnes boivent toujours une eau contaminée par des matières fécales. 1,5 milliard de plus n’ont accès qu’à une eau rare, chère et de qualité souvent douteuse. 2,5 milliards n’ont toujours pas accès à des toilettes. Et le pire, c’est que chaque année, quelque 2,6 millions d’êtres humains meurent encore de maladies liées à l’eau non potable et à un environnement insalubre. Selon les dernières estimations, 4 milliards de personnes seront soumises à un stress hydrique en 2025, contre 400 millions en 1995.
    Les perspectives.
    Fin septembre 2015 à l’ONU, 195 pays ont voté à l’unanimité 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) pour 2030, dont -enfin- l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement (Objectif 6). Soulignons ici combien cette avancée est remarquable. Mais rappelons aussi que ces objectifs ne sont pas contraignants et que chaque Etat est responsable de leur mise en oeuvre.
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