• les paramètres chimiques d'eau

    Le pH est un paramètre d’importance primordiale pour la qualité d’une eau donnée
     Il indique si l’eau présente une acidité ou une basicité trop élevée risquant de créer des conditions peu favorables à la vie des poissons et des végétaux. Lorsque l’écosystème d’un bassin est intact, l’eau doit avoir un pH se situant entre 7,0 et 8,4. Dans la plupart des plans d’eau naturels qui contiennent du calcium et sont au contact du gaz carbonique présent dans l’atmosphère, la valeur du pH se fixe autour de 8,2- 8,3 en raison de l’équilibre qui s’établit entre les concentrations des ions hydrogénocarbonates (ou bicarbonates) et carbonates résultant de la dissociation du dioxyde de carbone dans l’eau. Un pH différent de la valeur d’équilibre est certes acceptable dans la mesure où il se situe dans les limites indiquées plus haut mais il faut savoir que, la plupart du temps, les variations de pH sont dues à des facteurs environnementaux défavorables, à l’intervention humaine ou aux effets de la civilisation industrielle sur le milieu aquatique. Par ailleurs, la valeur du pH est importante à l’égard de la teneur d’une eau en ammonium et en nitrites.
    La conductivité d’une eau indique son caractère plus ou moins salin. Les eaux pauvres en ions présentent une conductivité très faible alors que l’eau de mer, par exemple, a une conductivité très élevée. La conductivité de l’eau est couramment exprimée en µS/cm (micro-siemens par centimètre). L’eau douce, tout comme l’eau d’un bassin, devrait avoir une conductivité comprise entre 300 et 1 200 µS/cm. Si une eau présente une conductivité inférieure à 300, on peut en déduire qu’elle est pauvre en ions et que, par exemple, la moindre modification du milieu ambiant entraînera une variation brutale de la valeur du pH. Une eau dont la conductivité est supérieure à 1 200 µS/cm ne peut plus être considérée comme une eau douce.
    Comme nous l’avons indiqué plus haut, l’eau contient des gaz et des minéraux dissous sous forme d’ions. Un rôle particulièrement important revient aux ions calcium et magnésium car ce sont eux qui sont responsables de la dureté de l’eau. Les concentrations des ions calcium et magnésium présents dans l’eau (p. ex. parce que celle-ci contient des chlorures dissous) servent à définir la dureté totale (outitre hydrotimétrique TH) de l’eau qui est également une importante composante du bon fonctionnement d’un écosystème aquatique. Aucun poisson, aucune plante ne peut survivre dans une eau absolument pure, autrement dit une eau qui ne contient pas d’ions. Suivant les pays, différentes unités sont utilisées pour exprimer la dureté de l’eau. En France, on exprime la dureté en degrés français (TH) ou allemands (dH). La correspondance entre ces deux unités est la suivante : 1 degré allemand = 1,79 degré français / 1 degré français = 0,56 degré allemand Les résultats de l’analyse de votre eau sont exprimés en degrés allemands dH et en mmol/l. Une eau douce naturelle a une dureté totale comprise entre 5 et 20 °dH. La dureté totale correspond à la somme de la durée permanente et de la dureté temporaire (= dureté carbonatée, voir ci-après)
    La stabilité du pH est conditionnée de manière déterminante par la concentration de l’eau en bicarbonate de calcium. Cette concentration est définie par un autre paramètre, à savoir la dureté carbonatée, que l’on détermine par le biais du titre alcalimétrique complet (TAC) qui correspond à l’ensemble des ions bicarbonates et carbonates. Lorsque la dureté carbonatée d’une eau est suffisamment élevée, elle peut stabiliser le pH en compensant les augmentations éventuelles de l’acidité ou de la basicité du milieu. On parle alors d’eau bien           « tamponnée », au sens chimique du terme. Tout comme la dureté totale, la dureté carbonatée d’une eau est exprimée en °dH ou en mmol/l. Dans les eaux douces naturelles, elle doit avoir une valeur se situant entre 5 et 12 °dH.
    Les nitrites sont des composés azotés solubles dans l’eau qui se forment dans un bassin lorsque la dégradation microbiologique des nutriments (résidus de nourriture p. ex.) est incomplète. Leur présence dans un bassin peut aussi être due à un apport d’eaux chargées en nitrites ou d’eaux pluviales (surtout après les orages). Lorsque l’écosystème d’un bassin est intact, l’analyse de l’eau ne doit détecter aucun nitrite. Même à très faible concentration (0,2 mg/l), les nitrites peuvent avoir des incidences extrêmement négatives sur un bassin et intoxiquer tous les poissons qu’il contient. Cette toxicité est due principalement à ce qu’en se fixant dans le sang, les nitrites empêchent le transport de l’oxygène. Les poissons sont dès lors menacés d’asphyxie. La valeur du pH joue un rôle important à cet égard. Lorsque la teneur d’une eau en nitrites est élevée, la toxicité pour la population d’un bassin est d’autant plus grande que le pH est plus bas. Les teneurs en ammonium et en nitrates sont également des indicateurs de la teneur en nitrites. Si elles sont trop élevées aussi, on peut en décuire que l’équilibre biologique est perturbé : en pareil cas, soit il y a trop peu de micro-organismes dénitrifiants dans le bassin, soit ces bactéries ont été endommagées et elles ne sont plus à même d’assurer correctement leur fonction.
    Les ions ammonium sont aussi des entités azotées solubles dans l’eau. Leur présence est imputable à une biodégradation insuffisante des déjections des poissons, à des engrais ou encore aux eaux de surface qui se déversent dans le bassin. Un indicateur de la teneur en ammonium est le pH. La toxicité de l’ammonium pour les organismes vivants est d’autant plus grande que le pH est plus élevé. Lorsque le pH est assez élevé, l’ammonium se trouve dans l’eau sous forme d’ammoniac et peut alors fortement endommager les muqueuses des poissons.
    Comme l’ammonium et les nitrites, les nitrates sont des composés azotés qui sont présents dans l’eau sous forme dissoute. Leur toxicité directe n’est pas démontrée, mais ils peuvent être utilisés comme nutriments par les algues. L’augmentation de la teneur d’une eau en nitrates peut aussi s’expliquer par une biodégradation insuffisante et par l’apport des eaux de surface.
    Les phosphates constituent l’essentiel de la nourriture des algues. La valeur limite de la teneur d’un bassin en phosphates est voisine de 0,03 mg/l, et la moindre augmentation peut déclencher une poussée d’algues. Les phosphates proviennent de la nourriture distribuée aux poissons (tous les aliments pour poissons contiennent un certain pourcentage de phosphates) ou du remplissage du bassin avec une eau chargée en phosphates, ce qui est fréquemment le cas de l’eau du robinet. En cas d’incertitude quant à la teneur en phosphates de cette eau, nous conseillons de téléphoner à la compagnie locale de distribution pour demander les valeurs analytiques actuelles. Comme les nitrates, les phosphates peuvent aussi être apportés par les eaux de surface. Par ailleurs, certains des matériaux utilisés pour la construction des bassins peuvent également diffuser des phosphates dans l’eau. Comme les algues peuvent stocker les phosphates dans leur biomasse, il arrive parfois que l’analyse ne révèle pas la présence de phosphates dans l’eau alors que la croissance des algues est manifestement excessive. Le problème est le suivant : lorsque les algues meurent, les phosphates qu’elles avaient mis en réserve sont à nouveau libérés et peuvent à leur tour provoquer une nouvelle poussée d’algues. Il est pratiquement impossible d’éliminer les phosphates de manière naturelle et il faut presque toujours recourir à des produits spécialement formulés pour abaisser leur teneur. Les phosphates, et par conséquent les algues, sont à l’origine des problèmes les plus fréquemment rencontrés dans les bassins artificiels.
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