• La pollution de la Méditerranée : état et perspectives à l'horizon 2030

    La pollution de la Méditerranée : état et perspectives à l'horizon 2030

    21 juin 2011 :La pollution de la Méditerranée : état et perspectives à l'horizon 2030( rapport de l'opecst )
    1. Une mer enserrée par les montagnes et les plateaux
    L'histoire géologique du bassin maritime est celle assez conflictuelle d'un point de jonction entre trois continents et deux plaques tectoniques (africaine et eurasienne).
    Il en a résulté une mer entourée de montagnes ou de hauts plateaux, à l'exception de l'ensemble égypto-libyen.
    Source : Préfecture maritime pour la Méditerranée
    Avec deux conséquences.
    Les formations montagneuses les plus élevées sont plutôt situées au nord et à l'est du bassin dont les caractéristiques climatiques et pluviométriques sont aussi les plus favorables, ce qui accroît le volume des pluies et permet, la fonte des neiges et des glaciers aidant, d'étaler dans le temps la disponibilité des eaux. Ce n'est pas le cas sur les rives Sud et Est.
    En matière aéro-logique, ce relief montagneux facilite les formations de vents violents qui contribuent aux transports de polluants industriels de la rive Nord et du nord de l'Europe vers le sud :
    2. L'hydrographie maritime
    La Méditerranée fonctionne comme une gigantesque machine à évaporation (3 130 km3/an), évaporation que ne compensent pas les apports fluviaux (430 km3/an) ni la pluviométrie (1 000 km3/an). Ce déficit est comblé par les apports hydrologiques de la mer Noire (180 km3/an) et surtout de l'Atlantique (1 520 km3/an).
    Le rapport entre le volume aquatique de la Méditerranée et ces débits permet de calculer un taux de renouvellement des eaux estimé en moyenne à un siècle.
    Ces mouvements hydrologiques créent des courants dont la mécanique repose principalement sur les différences de température et de salinité - les eaux les plus salées ou les plus froides circulant en profondeur -.
    On peut mettre en évidence :
    - des variations de salinité commandées par la différence des apports entre mer Noire (18 %) et Atlantique (34 %), et par des pics saisonniers (18 % dans le Golfe de Venise, par exemple, lorsqu'il reçoit au printemps les eaux de pluies et de dégel du Pô et des affluents). La salinité des eaux profondes étant systématiquement de 38,15 % ;
    - des variations thermiques saisonnières qui fluctuent selon la latitude, avec des chutes hivernales plus marquées au Nord. Ces variations sont, ça et là, également rendues plus complexes par les entrées d'eau plus fraîche en provenance de la mer Noire et de l'Atlantique. Les eaux profondes méditerranéennes étant à 13°C.
    Le jeu de ces divers facteurs génère un système de courants superficiels et profonds.
    Pour l'essentiel :
    - les courants superficiels, entrés par le Détroit de Gibraltar, longent la côte africaine, les côtes turques et grecques puis remontent, d'une part, dans l'Adriatique et, d'autre part, le long des côtes italiennes, françaises et espagnoles ;
    - les courants profonds ont une circulation plus intriquée, notamment parce que la dorsale sicilo-tunisienne et d'autres seuils en fragmentent la circulation.
    Mais ces constantes ne valent que pour la circulation générale.
    Par exemple, dans le nord-ouest du Bassin, outre le courant ligure qui remonte de la côte italienne, une autre branche provient directement de Gibraltar 
    Par ailleurs, la complexité du système de circulation est encore accrue par la constitution de courants de densité occasionnelle qui se forment en cas de rafraîchissement durable du temps. Celui-ci limite l'évaporation et alourdit le poids de la couche superficielle d'eau qui, plus dense, descend en favorisant la formation de courants autonomes par rapport au flux principal.
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