• La pollution de l’eau


    Dans sa quête de civilisation, d’industrialisation et de consommation, la population mondiale a causé la dégradation de son environnement, surtout de l’eau, qui est source de vie sur terre et qui, polluée, peut devenir un vrai danger pour la faune, la flore et l’être humain.
    La pollution de l’eau résulte de la contamination par les matières organiques et chimiques qu’on retrouve dans les déchets humains, animaliers et industriels, ainsi que dans les engrais, les produits phytosanitaires, bactériologiques et même les médicaments. En fait, dans les pays sous-développés, 95% des eaux usées domestiques et 75% des déchets industriels sont évacués dans les rivières, alors que même les pays industrialisés n’échappent pas au blâme, vu qu’un tiers des déchets humains et des millions de tonnes de déchets animaliers sont rejetés dans les champs, soit pour les fertiliser, soit tout simplement pour s’en départir. Ces déchets humains et animaliers contiennent des chlorures et des nitrates qui contaminent les eaux phréatiques. Par ailleurs, les eaux usées présentent un autre type de pollution bactériologique des plus nocives.

    Et l’on ne peut passer sous silence le cas de pollution ménagère intentionnelle. Il s’agit de la pollution aux fluorures. En fait, certains pays ajoutent du fluor à l’eau potable, en guise de protection des caries. C’est le cas des États-Unis, de l’Angleterre, du Canada, d’Israël, de l’Irlande, du Chili et du Brésil. Cependant, son effet protecteur est des plus contestés, sans omettre le fait qu’il se révèle dangereux pour la santé. Les habitants des... zones qui font l’objet de la fluorisation sont marqués par un taux très élevé de fractures de la hanche et d’un type très rare de cancer qui frappe les jeunes âgés de neuf à 19 ans. Le fluor cause également une carence en iode, ce qui est préjudiciable pour la thyroïde, sans omettre le fait qu’il déclenche certains handicaps physiques et mentaux.
    Il est important de rappeler que l’utilisation de l’eau polluée est très nocive, notamment pour les enfants, qui sont plus sensibles. En effet, environ 6000 enfants meurent par jour à cause des maladies diarrhéiques telles que la dysenterie, la typhoïde et le choléra. Ils sont également la cause de plusieurs maladies dermatologiques comme la gale.
    Le monde agricole est aussi responsable de la pollution. Il y participe fortement avec des produits chimiques issus des engrais et des produits phytosanitaires qu’on utilise à volonté pour éliminer les insectes et protéger les végétaux, comme les insecticides, les pesticides et les fongicides. Ces produits chimiques et engrais (même le purin et le lisier) s’immiscent par infiltration dans les profondeurs du sol et atteignent les nappes phréatiques pour les contaminer, alors que par ruissellement, ils peuvent être entraînés, en partie, jusqu’aux cours d’eau. De plus, les éléments toxiques contenus dans l’eau polluée peuvent être conservés par les plantes dont la consommation ultérieure, par l’homme ou les animaux, peut occasionner des maladies digestives et endommager le foie et les reins, entre autres.

    Les eaux souterraines, celles des mers, des océans et des fleuves, sont elles aussi polluées par les métaux lourds, les hydrocarbures, les substances chimiques et les rejets de toutes sortes issus des déchets industriels. Parmi les déchets les plus nocifs, on cite les produits pétrochimiques comme le toluène ou le benzène, dont la fuite des réservoirs et des véhicules causent des dommages irréparables aux réserves d’eau. À ce sujet, en 1993, des eaux souterraines ont été contaminées en Angleterre par des fuites dans des stations-services de Shell. Il y a également les produits solvants chlorés utilisés dans les pressings, la papeterie et l’aéronautique entre autres, qui s’introduisent dans les réserves d’eau douce pour la contaminer. Et consommer une telle eau risque d’endommager le foie et les reins en plus de causer des désordres de fertilité, un certain nombre de cancers, est nocif pour les femmes enceintes, et peut causer des malformations des fœtus. Il est à noter que le chlore est utilisé par plusieurs pays dans le traitement des eaux. Or, le chlore peut produire du chloroforme, qui peut provoquer le cancer de la vessie, du colon et du rectum.
    Par ailleurs, les déchets industriels en métaux lourds comme le plomb,le mercure, l’arsenic et le cadmium sont rejetés massivement, surtout par l’industrie minière. À titre indicatif, pour produire l’or nécessaire à la fabrication d’une alliance, une mine doit générer trois tonnes de déchets contaminés par les lourds métaux, qu’on retrouve d’ailleurs même dans les décharges d’ordure. Ces métaux lourds sont très dangereux lorsqu’ils sont ingérés, car ils endommagent le système nerveux et le foie. Il faut dire que le risque est omniprésent, surtout que l’eau potable, malgré les nombreux traitements sanitaires qu’elle subit, peut encore contenir des traces de métaux lourds comme le plomb, le mercure ou d’autres métaux utilisés dans l’industrie, tous hautement cancérigènes.

    Toujours en ce qui concerne l’eau potable, il ne faut pas négliger que les médicaments qu’on consomme ressortent en grande partie avec l’urine pour filer dans l’eau où ils y restent. 90% des antibiotiques absorbés par les humains regagnent les robinets. Cette eau potable provient des cours d’eau qui sont infectés par des résidus d’hormones féminines, issus des pilules contraceptives utilisées par 225 millions de femmes dans le monde. Celles-ci contiennent des stéroïdes (provenant de l’urine des animaux de boucherie et des vaches laitières, qui leur sont administrés pour augmenter les rendements).
    Si l’on pense que ces substances disparaissent avec le traitement sanitaire, c’est une grande erreur, car elles ne sont pas filtrées. Les scientifiques craignent que la présence de ces médicaments dans l’eau potable ait un impact irréversible sur la santé humaine, surtout en ce qui concerne les antibiotiques, qui de par leur présence permanente, même à faibles doses, risquent de développer la résistance des bactéries. Quant aux hormones, elles peuvent causer la baisse de fertilité masculine (déjà constatée en Europe et en Amérique du Nord), ce qui condamne l’existence même de l’être humain à long terme.
    Cela dit, il n’y a pas que l’être humain qui est concerné, car la contamination de l’eau concerne aussi bien la faune que la flore, et c’est tout l’écosystème qui s’en trouve ébranlé. En fait, la pollution des eaux met en danger plusieurs espèces (poissons, batraciens, oiseaux et reptiles). Globalement, on a constaté une baisse de la population de toutes les espèces confondues de 54% entre 1970 et 2000.

    Parmi les phénomènes les plus constatés, on retrouve l’eutrophisation qui tue les cours d’eau, résultat de la présence des nitrates et des phosphates qui stimulent la prolifération d’algues et asphyxient la vie aquatique. C’est ce qui s’est produit au lac Titicaca au Pérou, alors qu’en Europe, 73% des cours d’eau connaissent une eutrophisation massive.
    L’eutrophisation n’est pas le seul danger, car la pollution par les pesticides cause de graves désordres de croissance et de reproduction des poissons, coquillages, oiseaux ichtyophages, et loutres. Déjà, on observe la disparition du saumon de son habitat naturel de l’atlantique, situé en Nouvelle-Angleterre et au Canada. De plus, les scientifiques ont constaté des cas de cancer chez les poissons qui deviennent de plus en plus courants.
    D’autre part, l’existence d’hormones artificielles dans les eaux perturbe le système hormonal de la faune aquatique. On observe une forte dévirilisation des poissons mâles, des alligators et d’autres animaux. D’ailleurs, dans le lac Apopka en Floride, contaminé par l’insecticide idicofol, on a assisté à l’effondrement de la population d’alligators. De même, sur la banquise du Groenland polluée, on a découvert des ours polaires et des poissons androgynes ou avec de fortes malformations sexuelles. Cela fait penser également au cas des abeilles en France, qui étaient affectées par l’insecticide « gaucho », et qui le restent longtemps, même après le moratoire sur ce dernier.
    Bref, l’usage massif de produits chimiques, de médicaments, de fertilisants, et d’engrais, entre autres, empoisonne l’eau et met en danger l’écosystème ainsi que la vie des êtres humains.
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