• Maroc : Deuxième programme avec la FAO

    Maroc : Deuxième programme avec la FAO

    La FAO appuie le Maroc dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture depuis plus de 60 ans. Une représentation de l’Organisation a été ouverte à Rabat en 1982, et le pays a bénéficié depuis lors de 160 projets nationaux et de 65 projets régionaux.
    Par Gérard Choisnet
    En marge du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch, et le représentant local de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Michael George Hage, ont signé le 20 avril à Meknès le deuxième Cadre de programmation pays (CPP), définissant l’assistance de la FAO au Maroc sur la période 2017-2020.
    Ce nouveau programme, au budget de 37 millions $, est financé sous forme de don et non de prêt, a souligné le représentant de la FAO.
    L’assistance technique de la FAO est axée sur l’appui aux politiques et stratégies nationales de développement durable, en particulier le Plan Maroc Vert, la Stratégie Halieutis, la Charte nationale de l’environnement et du développement durable, la Stratégie nationale de l’eau et le Programme forestier national.Le premier CPP 2013-2016 a pris en compte 75 projets, qui ont bénéficié d’un montant total de ressources de 35 millions $. 
    « Les résultats sont remarquables dans des secteurs comme l’agriculture familiale, l’irrigation raisonnée, l’eau potable et l’assainissement des eaux usées en milieu rural », estime Michael Hage.
    Dans le cadre de l’adaptation aux changements climatiques, la FAO a appuyé le Maroc pour préparer la COP 22 en novembre 2016 à Marrakech. L’augmentation des températures et la diminution des précipitations menaçant l’agriculture et les forêts du pays, la FAO soutient une approche intégrée et durable dans les bassins versants, et la lutte contre la désertification dans la région de Midelt.
    Pour évaluer les impacts du changement climatique sur l’agriculture, le Maroc a été le premier pays à installer l’outil de modélisation Mosaicc de la FAO. Opérationnel dans cinq organismes marocains, il permet l’observation dans les domaines du climat, de l’agronomie, de l’hydrologie, de la foresterie…
    Dans le domaine de la gestion durable des ressources naturelles, la FAO a soutenu le Maroc en 2007 pour élaborer son Plan national d’économie de l’eau d’irrigation (PNEEI). Celui-ci porte sur la reconversion à l’horizon 2020 de 550.000 hectares irrigués de manière conventionnelle et peu efficiente en systèmes plus économes et plus valorisants de l’eau, comme l’irrigation localisée.
    Un projet pilote d’économie et de valorisation de l’eau d’irrigation dans le périmètre des Doukkala a été conduit par la FAO, dans le cadre de la mise en œuvre du PNEEI. Ses résultats ont permis la mobilisation d’importants financements nationaux et de divers bailleurs de fonds pour un projet plus vaste de reconversion de l’irrigation dans le bassin de l’Oum Er Rbia, appuyé par la FAO.
    Sur le plan de la gestion durable des ressources forestières, la FAO soutient le Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification dans la réalisation du Programme forestier national, en particulier l’implantation d’un réseau de surveillance de la santé des forêts et de prévention des risques d’incendie, de même que dans les travaux de l’Inventaire forestier national.
    Concernant les pêches et l’aquaculture, la FAO a soutenu le Maroc pour renforcer sa flotte côtière. L’Organisation travaille actuellement avec le département des Pêches sur l’appropriation de la Croissance bleue, et avec l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture sur une stratégie nationale.
    En vue de l’opération - nationalisation de l’Approche pour une alimentation et une agriculture durable de la FAO, dont le Maroc est l’un des trois pays pilotes, les experts de l’Organisation ont travaillé avec leurs homologues marocains pour dresser un diagnostic sur l’alimentation et l’agriculture durables dans le pays.
    Les zones oasiennes et de l’arganier, une priorité majeure pour le Maroc, constituent également l’une des cibles de l’initiative sur les Sites ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM) de la FAO.
    Divers projets sont en cours, dont un projet national sur la gestion adaptable et la biodiversité de cinq systèmes oasiens marocains, et un projet sous-régional de gestion adaptative et de surveillance des systèmes oasiens maghrebins en coopération avec l’Union du Maghreb arabe (UMA).
    Un projet de revitalisation des agro-écosystèmes oasiens par une approche intégrée et durable du paysage dans la région Drâa-Tafilalet vient par ailleurs d’être signé. Un protocole d’accord a été signé avec l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier.
    Pour développer la filière cameline, la FAO collabore avec l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du sud (Apdesps).
    A l’international, dans le cadre de la Coopération Sud-Sud (CSS), le Maroc intervient depuis 1998 au bénéfice d’autres pays comme fournisseur d’expertise et d’équipements, en particulier dans la lutte antiacridienne.
    Un accord général sur l’appui à la CSS portant sur la période 2014-2020 a été signé en avril 2014 entre l’Etat marocain et la FAO pour un montant de 1 million $ au minimum, en faveur des pays africains. Deux autres accords, représentant un montant total supplémentaire de 1 million $, ont ensuite été signés par la FAO avec le Groupe Crédit Agricole du Maroc et la Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA), pour soutenir le programme de la CSS.
    Quatre accords tripartites ont déjà été signés par le Maroc et la FAO d’une part, et la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali et le Swaziland d’autre part. Deux projets sur les ressources en eau sont en préparation avec la Chine.
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