• Pollution de l'eau et santé

    Pollution de l'eau et santé

    Introduction :

    La pollution de l'eau est une dégradation physique, chimique, biologique ou bactériologique de ses qualités naturelles, provoquée par l'Homme et ses activités. Elle perturbe les conditions de vie de la flore et de la faune aquatiques; elle compromet les utilisations de l'eau et l'équilibre du milieu aquatique.


    Quelles sont les différentes pollutions de l'eau ?

    La pollution aquatique a pour origines principales :
    • l'activité humaine : pollution domestique
    • les industries : pollution industrielle
    • l'agriculture : pollution agricole

    La pollution domestique:

    Provient des utilisations quotidiennes de l'eau à la maison : eaux des toilettes, eaux savonneuses rejetées avec les lessives... 
    A cela il faut ajouter les eaux usées rejetées (effluents) par les installations collectives, telles que les hôpitaux, les écoles, les commerces, les hôtels et restaurants, etc.

    La pollution agricole :
    Les engrais et pesticides mal utilisés polluent les eaux souterraines (en s'infiltrant dans le sol avec l'eau de pluie et d'arrosage) et de surface (en ruissellant). L'emploi excessif d'engrais a fait sensiblement augmenter la quantité de nitrate (substance chimique naturelle utilisée dans les engrais.) dans les rivières et nappes phréatiques peu profondes.
    Il faut toutefois savoir qu'une concentration inférieure ou égale à 50 milligrammes de nitrate par litre d'eau est sans danger. Les sociétés de distribution d'eau veillent scrupuleusement à ne pas dépasser cette norme.

    La pollution industrielle :
    Les rejets industriels sont caractérisés par leur très grande diversité, suivant l'utilisation qui est faite de l'eau au cours du process industriel.
    Selon l'activité industrielle, on va donc retrouver des pollutions aussi diverses que :
    - des matières organiques et des graisses (abattoirs, industries agro-alimentaires...)
    - des hydrocarbures (industries pétrolières, transports)
    - des métaux (traitements de surface, métallurgie)
    - des acides, bases, produits chimiques divers (industries chimiques, tanneries...)
    - des eaux chaudes (circuits de refroidissement des centrales thermiques)
    - des matières radioactives (centrales nucléaires, traitement des déchets radioactifs)
    Progressivement, des solutions sont mises en oeuvre afin de maîtriser le risque de pollution en zone de captation d'eau.




    Conséquences sur l’environnement :

    Les conséquences écologiques de la pollution des ressources en eau se traduisent principalement par la dégradation des écosystèmes aquatiques.

         Comme tout milieu naturel, un écosystème aquatique dispose d'une capacité propre à éliminer la pollution qu'il reçoit : c'est sa capacité "d'auto épuration". Cependant, lorsque l'apport de substances indésirables est trop important, que cette capacité épuratoire est saturée, les conséquences écologiques peuvent être de différente nature.
    Ainsi, un apport accidentel massif de substances toxiques peut provoquer une catastrophe écologique spectaculaire au niveau de la faune aquatique.

          Mais les spécificités des milieux aquatiques engendrent des effets de pollution particuliers :

    ·          Tout d'abord, l'eau a pour propriété de dissoudre la plupart des substances minérales ou organiques. De plus, elle met en suspension les matières insolubles. En conséquence, tout polluant de l'eau peut se retrouver très loin en aval du lieu de contamination.

    ·          Par ailleurs, les gaz sont peu solubles dans l'eau. Les milieux aquatiques sont donc naturellement pauvres en oxygène dissous, élément indispensable à la respiration de la faune aquatique. Or, la dégradation (l'élimination) par le milieu des pollutions organiques est fortement consommatrice d'oxygène : plus la pollution organique est forte, plus le milieu concerné s'appauvrit en oxygène. Ce phénomène peut aller jusqu'à l'anoxie de l'eau (absence d'oxygène), avec des conséquences très graves pour la faune.

    ·          La bio-accumulation c’est le processus par lequel certaines substances endogène (microbes causant l'infection qui étaient déjà présents dans l'organisme sous une forme inoffensive) ou exogènes(microbes qui causent l'infection proviennent du milieu externe), présentes en faible quantité, voient leur concentration augmenter dans un organe, un organisme, une chaîne alimentaire, un écosystème.

    ·          Enfin, les variations de température naturelles des milieux aquatiques sont d'une amplitude beaucoup plus faible que celle des milieux terrestres. Les organismes aquatiques sont donc nettement plus sensibles aux changements de température, même faibles. De ce fait, ils sont particulièrement exposés lorsqu'ils sont soumis à une "pollution thermique" (rejet d'eaux chaudes dans le milieu).

    ppm= partie par million = milligramme par litre ou milligramme par kilo
    La concentration du polluant augmente en montant le long de la chaîne alimentaire .


    Conséquences sur la santé :



    Nous sommes constitués d’eau à 60% et nous avons besoin tous les jours d’une quantité moyenne d’1,5 litres d’eau. La qualité de l’eau revêt donc pour les hommes une importance vitale.
    Parmi les principaux polluants de l’eau, citons l’azote (nitrates et phosphates), les pesticides (cf fiche), les hydrocarbures du fait de marées noires notamment, les bactéries provenant des excréments animaux ou humains, les métaux lourds, les déchets plastiques et les résidus médicamenteux.

    L’ingestion d’une eau infectée peut entraîner des épidémies de gastro-entérites et des diarrhées mortelles chez l’enfant, très rares en France cependant. Des cas de saturnisme peuvent résulter d’une contamination de l’eau par le plomb issu des canalisations. Les effets cancérogènes de l’azote et de métaux susceptibles de polluer l’eau (nickel, arsenic et chrome) sont par ailleurs prouvés. Enfin, la pollution de l’eau par les perturbateurs endocriniens, que constituent certains résidus médicamenteux et pesticides notamment, pourrait s’avérer préoccupante pour le développement et la reproduction.

    De plus une étude scientifique menée par l'Université d'Aston, en Angleterre, et soutenue par les ONG Générations Futures et Antidote Europe, démontre les effets néfastes de mélanges de certains pesticides couramment utilisés.5

    Pourquoi cette étude sur l'effet coktail des pesticides ?

    L'évaluation des risques pour la santé de mélanges de substances chimiques a été éludée jusqu'ici faute d'une méthode appropriée. Or chacun d'entre nous, quel que soit son âge, est exposé journellement à des dizaines de substances chimiques de synthèse dont on ignore les toxicités en mélange. Générations Futures et Antidote Europe se sont donc associés pour s'attaquer à ce problème urgent.

    Les deux associations ont demandé à une équipe universitaire réputée de tester les activités de mélanges de trois fongicides fréquents (pyrimethanil, cyprodinil et fludioxonil) sur des cellules gliales et neuronales représentatives du système nerveux central humain.

    Des résultats alarmants :

    En combinaison, ces fongicides exercent sur les cellules gliales d'énormes stress oxydants les obligeant à stimuler considérablement l'expression de peroxydases (très peu stimulés par les fongicides seuls) et surtout d'enzymes de neutralisation des radicaux oxygène (effet comparable à celui du cyprodinil). Sous l'effet du mélange, mais pas des fongicides seuls (sauf le cyprodinil), ces cellules entrent en apoptose (suicide cellulaire)

    Les cellules neuronales sont également affectées par le mélange des fongicides, principalement en stimulant l'expression de peroxydases (pas ou peu stimulés par les fongicides seuls), des enzymes de neutralisation des radicaux oxygène (pas affectés par les fongicides seuls sauf le cyprodinil) et une très forte mobilisation des gènes signalant l'entrée en apoptose (peu affectés par les fongicides seuls sauf le cyprodinil)

    Rappelons que le stress oxydant joue un rôle important dans la maladie d'Alzheimer, qui se caractérise aussi, comme la maladie de Parkinson, par une atrophie corticale, deux des effets observés massivement avec ces mélanges de fongicides. Les responsables de l'étude confirment que les résultats sont préoccupants. « Ce travail montre que certains pesticides, isolément ou en combinaisons, peuvent induire du stress et des modifications du devenir des cellules humaines. Ils peuvent aussi interférer avec des processus cellulaires basiques comme celui de la production d'énergie. Ces effets ont été mis en évidence à des concentrations proches de celles trouvées dans nos aliments. Ce travail suggère que nous devrions faire davantage d'efforts pour restreindre l'utilisation des pesticides dans les cultures destinées à l'alimentation,.. » Déclare le Professeur Michael Coleman, responsable de l'étude.

    driss.elfah@taqamorocco.ma
    +212 661624108




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