• L'eau filtrée à la maison

    L'eau filtrée à la maison

    Au Québec, 37 % des ménages approvisionnés par un réseau d’aqueduc municipal traitent l’eau avant de la consommer. À l’échelle canadienne, la proportion grimpe à plus d’un ménage sur deux. Les gens qui décident de recourir à un traitement domestique pour l’eau de leur robinet le font d'abord pour en améliorer l'apparence, l'odeur et le goût ou pour réduire la quantité de minéraux ou de sels d’une eau très dure.

    Types de filtres

    On trouve sur le marché divers types de dispositifs pour filtrer l’eau qu’on installe sur l'entrée principale d'eau, sur le robinet ou sous l’évier. Ils servent essentiellement à traiter l'eau utilisée pour la consommation et dans la préparation des aliments.
    Certains modèles ont des filtres en céramique. Mais les plus courants sont dotés d'un filtre au charbonactif qui réduit la teneur en métaux lourds, comme le plomb, et en chlore. Cela aurait pour effet d'améliorer le goût.
    L’eau du robinet
    Ses caractéristiques dépendent essentiellement de l’endroit où elle est collectée : en surface (fleuves, rivières) ou souterraine, en région urbaine ou rurale, etc. Les eaux peuvent donc varier beaucoup d’une région à l’autre et d’un pays à l’autre.
    Le système de filtre au charbon est également disponible sous forme de pichet filtrant avec cartouche qu'on peut changer.
    Il existe aussi des systèmes dits à osmose inversée (ou osmose inverse), où l'eau est forcée, sous pression, à traverser une membrane semi-perméable qui retient les molécules de minéraux. Il s’agit du système qui débarrasse le plus efficacement l’eau des produits chimiques et des métaux lourds qu’elle contient. Mais il est beaucoup plus cher. L’eau traitée par osmose inversée est très faiblement minéralisée (autour de 5 ppm).
    Rappelons que les filtres à charbon ou en céramique de même que le système à osmose inversée ne peuvent pas désinfecter l'eau. Le recours à des dispositifs pour éliminer des micro-organismes dangereux est une mesure exceptionnelle qui, en principe, n'a pas à être pratiquée par des citoyens recevant leur eau d'un système de distribution au Québec. Mentionnons tout de même que de tels systèmes existent et qu'ils fonctionnement par rayons ultraviolets.
    Dans certaines régions, la teneur élevée en carbonate de calcium et de magnésium crée ce que l'on appelle de l'« eau dure ». Cette eau n'est pas dommageable pour la santé, mais entraîne plusieurs désagréments, dont la formation de calcaire dans la tuyauterie et les appareils électriques.
    Aucun système de filtre ne peut enlever tous les contaminants. « Dans tous les cas, dit la nutritionniste Hélène Baribeau, l'objectif est d'obtenir une eau plus pure, qui contient moins de ce qu'on trouve habituellement dans l’eau du robinet, soit des métaux lourds, du chlore, etc. Bien que ces substances ne soient pas présentes en quantité dangereuse, on peut certainement croire que moins il y en a, mieux on se porte. »

    Quelques infos utiles

    • La grande majorité des Québécois bénéficie d’une eau potable de très grande qualité.
    • Il est possible d’atténuer ou d’enlever complètement le goût du chlore sans utiliser de filtre (voyez l’encadré ci-dessous).
    • Avant d’acheter un filtre, informez-vous des caractéristiques de l’eau du robinet de votre la municipalité si vous êtes branché à un réseau d’aqueduc.
    • Pour connaître la teneur en plomb de votre eau, il faut la faire analyser par un laboratoire accrédité.
    • Soyez vigilant devant les arguments des vendeurs de systèmes de purification d’eau. Certains ont tendance à diaboliser l’eau du robinet, tel que l’a révélé une enquête du magazine Protégez-Vous.
    • Respectez les recommandations du fabricant et changez régulièrement la cartouche s’il y a lieu  Des bactéries peuvent proliférer dans les filtres.
    • Recherchez les modèles qui affichent la certification internationale ANSI/NSF.
    • Les personnes qui s’approvisionnent à une source privée sont responsables de vérifier la qualité de leur eau (12 % des Québécois). Il est conseillé de le faire deux fois par année, surtout si le puits est situé à proximité d’une porcherie ou d’une culture de pommes de terre.
    Comment éliminer le chlore de l’eau?


    Les personnes qui souhaitent éliminer le chlore et ses sous-produits, pour des raisons de goût ou par précaution, peuvent le faire en laissant un pichet d’eau reposer pendant une douzaine d’heures, sur le comptoir ou au réfrigérateur. Ces substances sont fortement volatiles.


    Les systèmes de filtration au charbon, que ce soit les cartouches pour pichet ou les appareils à fixer au robinet, aident aussi à réduire le goût de chlore et la présence de sous-produits.


    Laisser l’eau reposer aide aussi à éliminer l’odeur et le goût « d’oeufs pourris » de certaines eaux souterraines, causés par le sulfure d'hydrogène qu'elles contiennent.

    L'eau en bouteille

    Selon des données de Statistique Canada, 30 % des ménages canadiens buvaient principalement de l'eau en bouteille en 200712. C’est aussi le cas de 28 % des ménages québécois. La vente d’eau embouteillée a connu une croissance moyenne de 20 % par année entre 1992 et 2005.
    Certains trouvent l’eau embouteillée plus pratique. D'autres préfèrent son goût à l'eau du robinet. D'autres encore croient qu’elle est plus sécuritaire. Cette croyance ne repose cependant sur aucune preuve, estime Santé Canada. Une enquête menée en 2008 a même révélé que certaines marques d’eau embouteillée aux États-Unis renfermaient les mêmes contaminants que l’eau du robinet.
    Depuis quelques années, les groupes écologistes dénoncent la consommation d’eau en bouteille, en raison de la production de matières plastiques que cela entraîne. En l’espace d’une année seulement, les Québécois consomment environ 775 millions de bouteilles d’eau de source ou gazéifiée15.
    Leurs revendications semblent avoir des échos puisqu’en mars 2009, la Fédération des municipalités du Canada a voté une résolution afin d’inciter les villes à cesser l’utilisation et la vente de l’eau en bouteille dans les édifices municipaux. L’Union des municipalités du Québec a approuvé cette démarche.
    En parallèle, la société gouvernementale Recyc-Québec multiplie les initiatives afin que davantage de bouteilles de plastique soient recyclées en milieu de travail. Le programme Visez Juste, par exemple, cible les ministères et organismes du gouvernement du Québec, tandis que Déchet Zéro au Boulot vise les entreprises.

    La réglementation

    Les Directives de qualité pour l'eau de boisson émises par l'Organisation mondiale de la Santé s'appliquent aussi à la glace vendue dans le commerce et à l’eau en bouteille. Au Canada, l’eau embouteillée est considérée comme un produit alimentaire. Elle est donc régie par la Loi sur les aliments et drogues, qui contrôle la qualité microbiologique, sa composition ainsi que les conditions d'embouteillage, d'entreposage et de distribution, sans oublier l’étiquetage. Les eaux importées sont soumises aux mêmes normes que les eaux récoltées au Canada. Précisons que l'« eau » ne doit contenir ni sucre, ni édulcorants, ni additifs chimiques et, par conséquent, ni calories.
    C’est l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) qui assure la surveillance pour que ces eaux soient conformes aux règlements de la Loi. À noter que le Québec possède aussi sa propre réglementation sur l'eau en bouteille, tandis que d'autres provinces s'en remettent entièrement au gouvernement fédéral.
    Les manufacturiers s’assurent aussi du respect des normes. C’est le cas de l’Association canadienne des eaux embouteillées (ACEE), chapitre canadien de l’International Council of Bottled Water Associations (ICBWA), dont les membres contrôlent 85 % du marché canadien. La liste des membres est disponible sur le site Internet de la CBWA.
    La majorité des usines canadiennes d'embouteillage sont situées dans les provinces de Québec, de l'Ontario et de la Colombie-Britannique. Environ 75 % des entreprises d'embouteillage membres de la CBWA s’approvisionnent dans des sources d’eau souterraines. Elles doivent s'assurer qu’elles ne sont pas contaminées par infiltration ou de toute autre manière. Quant aux embouteilleurs qui prennent leur eau à même un réseau municipal, ils sont tenus de la traiter de nouveau, notamment par distillation et par osmose inversée.

    L’entreposage des bouteilles d'eau

    La réglementation canadienne n'a pas établi de normes concernant la durée de conservation de l’eau en bouteille. La majorité des producteurs canadiens d'eau embouteillée indiquent tout de même une durée de conservation d'un an à deux ans. Il est donc bon de vérifier la date de péremption sur l'étiquette.
    Il est également conseillé de réfrigérer l’eau une fois la bouteille ouverte afin d’éviter la prolifération de bactéries.
    Le soleil direct pourrait accélérer la dégradation du plastique des bouteilles et entraîner une contamination de l'eau. Ce n’est là qu’une hypothèse. Il est tout de même préférable d’entreposer lesbouteilles d’eau non ouvertes dans un endroit sombre et frais (le sous-sol ou un réfrigérateur), loin des produits de nettoyage domestique, des solvants, de l'essence et autres matières toxiques.

    La réutilisation d’une bouteille d’eau

    Selon l'Association canadienne des embouteilleurs d’eau, le polyéthylène téréphtalate (PET) utilisé pour le plastique des bouteilles individuelles d'eau est destiné à un usage unique. Il ne faut donc pas remplir de nouveau l’une de ces bouteilles, ni même la laver. Cela risquerait d'accélérer la décomposition du plastique. On met ces contenants au recyclage.
    Les bouteilles d’eau à usage unique ne contiennent pas de bisphénol A. Les bouteilles d'eau réutilisables en plastique dur et transparent (en polycarbonate) en renferment, de même que certains biberons et gobelets pour enfants.
  • You might also like