• l’importance de l'eau ?

    Malgré toute l’importance que nous reconnaissons à l’eau pour notre santé et pour celle de
    l’environnement, de la faune et de la flore, nous contribuons, par toutes les activités de notre société
    industrielle, à la polluer et à en dégrader la qualité.
    Aucun aspect de notre vie moderne n’y échappe :
    la fabrication des produits de consommation, l’agriculture, l’enfouissement des déchets et même les
    sports de loisir tels que le nautisme (et particulièrement les motomarines) ont des impacts négatifs
    importants sur l’eau, l’environnement et notre santé.

    La pollution industrielle et la pollution par les eaux usées municipales

    Des milliers de produits chimiques différents sont utilisés dans la fabrication des biens de
    consommation courants. Bien souvent, ces produits chimiques se retrouvent dans l’eau, puis rejetés
    dans l’environnement après que les eaux aient été traitées. C’est le cas de plusieurs usines
    manufacturières, métallurgiques et de fabriques de pâtes et papiers notamment. Cependant, il faut
    savoir que les traitements que l’on fait subir aux eaux usées sont surtout efficaces pour les
    débarrasser des coliformes d’origine fécale comme la bactérie E. coli, mais ne peuvent neutraliser
    tous les produits chimiques qui s’y retrouvent. Ainsi, en juillet 2001 le ministère de l’Environnement du
    Québec a publié une étude qui démontrait que les eaux usées traitées rejetées dans les cours d’eau
    demeuraient toxiques. Elles contenaient par exemple des pesticides, des déchets industriels, de
    l’arsenic, des métaux, des graisses, des diluants à peinture, de l’antigel, de l’huile à moteur, etc. En
    fait, plus d’un échantillon sur cinq provenant des eaux traitées qui sont déversées dans le Saint-
    Laurent est contaminé à un tel degré qu'une truite arc-en-ciel qui y serait plongée mourrait
    immédiatement. Parce que les traitements effectués ne sont pas suffisants pour assurer la qualité de
    l’eau rejetée dans l’environnement, il est fondamental de réussir à réduire à la source la contamination
    de l’eau par les produits chimiques.

    La pollution de l’eau par l’agriculture

    Une autre source importante de contamination de l’eau est l’agriculture. L’agriculture québécoise a
    connu de profondes mutations au cours des dernières décennies. On a ainsi vu la spécialisation des
    entreprises, l’augmentation de la taille des cheptels, la généralisation de la gestion liquide des
    effluents d’élevage, lesquels ont grandement contribué à faire évoluer l’agriculture, et notamment la
    production porcine, vers des modes de production industriels.
    Cette évolution est responsable d’une pression accrue sur l’environnement et de là, a émergé une
    prise de conscience sociale de la nécessité de protéger cet environnement et particulièrement les
    ressources en eau.

    Parallèlement, l’industrie agricole et porcine a connu au cours des dernières années un nouvel
    accroissement de sa production, à la suite d’une décision du gouvernement et du monde agricole en
    1998 de doubler les exportations agricoles du Québec. Cette décision a été prise sans aucune
    consultation ni même information de la population, qui pourtant doit aujourd’hui vivre avec ses
    conséquences. Ainsi, cette ouverture à l’exportation a entraîné une augmentation importante de la
    production, qui à son tour a eu des impacts négatifs importants sur le milieu social, sur
    l’environnement et sur la qualité des cours d’eau du Québec. Qu’un tel projet ait été financé à même
    les fonds publics constitue une aberration!

    LES IMPACTS SUR LA QUALITÉ DE L’EAU ET SUR LA SANTÉ HUMAINE

    La problématique de la pollution de l’eau par l’agriculture découle de l’épandage des déjections
    utilisées comme fertilisants ainsi que de l’utilisation de pesticides dans les champs cultivés.
    Les impacts des déjections animales utilisées comme fertilisant
    Les déjections animales ont de tout temps été utilisées comme fertilisant, et cela est très bien. Le
    problème aujourd’hui est que la production animale est si élevée que les producteurs se retrouvent
    avec un excès de déjections et qu’ils en épandent trop sur les sols. Quand il y en a trop, le sol et les
    plantes ne peuvent pas les absorber, et les éléments fertilisants partent alors avec la pluie et se
    retrouvent dans les cours d’eau. L’eau contient donc des excédents de phosphore, de nitrates et
    même de résidus des médicaments donnés aux animaux.


    Trop de phosphore dans l’eau

    Dans la majorité de nos lacs et rivières, la croissance des algues et des plantes est limitée par le
    phosphore. Les excédents de phosphore qui se retrouvent dans les milieux aquatiques constituent
    donc la cause directe de l’eutrophisation des cours d’eau, c’est-à-dire de la croissance excessive
    des plantes aquatiques et des algues. Cela peut avoir de nombreux effets néfastes, parmi lesquels
    l’augmentation de la turbidité de l’eau, une diminution de l’aspect esthétique et la réduction des
    activités de loisirs. Certaines algues (des algues bleues ou cyanobactéries) peuvent produire des
    substances qui intoxiquent le zooplancton, les poissons, les oiseaux aquatiques, le bétail et les
    humains (voir encadré).
    Présentes à forte densité, les algues font augmenter les coûts de traitement
    de l’eau potable et donnent à l’eau une mauvaise odeur et un mauvais goût. Les derniers résultats
    disponibles sur le site Internet du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des
    Parcs du Québec (MDDEP) démontrent que la plupart des stations des bassins versants à vocation
    agricole ont affiché des taux de phosphore de deux à trois fois supérieurs au critère établi pour la
    protection de la vie aquatique.

    Les cyanobactéries

    Les cyanobactéries sont des bactéries qui possèdent des pigments dans leur cellule leur permettant
    de faire de la photosynthèse, d’où leur appellation d’algues bleues. Elles sont microscopiques, de
    sorte qu’il n’est pas possible de les voir lorsqu’elles sont en faible quantité. Cependant, lorsque les
    conditions appropriées sont réunies, les cyanobactéries se multiplient jusqu’à être visibles facilement
    à l’oeil nu.
    On parle alors de fleur d’eau de cyanobactéries. L’apparence des fleurs d’eau varie selon
    les espèces de cyanobactéries et les conditions environnementales : elles peuvent ressembler à une
    soupe au brocoli, à une purée de pois ou encore à un déversement de peinture lorsqu’elles forment
    de l’écume en bordure de la rive.
    Certains types de cyanobactéries contiennent des toxines qui ont un potentiel irritant de même
    qu’un potentiel toxique. Les effets les plus importants sur la santé sont causés par l’ingestion d’eau
    contaminée par des toxines. Cela peut provoquer l’apparition de maux de ventre, de vomissements,
    de maux de tête, de fièvre ou de diarrhée. Par ailleurs, le contact direct avec les cyanobactéries, par
    exemple au moment de la baignade ou autres activités aquatiques, peut également affecter la santé
    et se traduire par des maux de gorge et une irritation de la peau ou des yeux. Les jeunes enfants
    risquent davantage de développer de graves problèmes de santé s’ils ingèrent de l’eau ou des
    écumes contenant des toxines.

    Les causes de l’apparition des cyanobactéries sont bien connues. Les fleurs d’eau surviennent
    lorsque l’eau des lacs ou des rivières, qui s’est réchauffée, contient une trop grande quantité
    d’éléments nutritifs, généralement du phosphore. Elles se produisent souvent, mais pas toujours,
    dans des eaux peu profondes et stagnantes qui sont plus propices au réchauffement de l’eau et à la
    concentration des éléments nutritifs.

    Pour empêcher le développement des fleurs d’eau de cyanobactéries, on doit réduire la quantité
    d’éléments nutritifs qui se rendent jusqu’à l’eau. C’est-à-dire que selon les causes de contamination
    du plan d’eau, il faudra réduire les apports de fertilisants agricoles, augmenter la largeur des bandes
    riveraines de protection dans les champs agricoles et sur les terrains privés, réduire l’utilisation de
    fertilisants à gazon, s’assurer que les fosses septiques et les champs d’épuration fonctionnent bien
    et que les systèmes municipaux de traitement des eaux usées réduisent bien les apports de
    fertilisants dans les plans d’eau.

    Selon Eau Secours!, Québec devrait notamment revoir à la baisse le niveau de phosphore qu’il
    permet dans sa réglementation qui touche l’agriculture. À la grandeur du Québec les fosses
    septiques, les égouts des villes et industries qui ne sont pas conformes à la réglementation doivent
    être corrigés et dans certains cas, sanctionnés. De même, les embarcations motorisées devraient
    être interdites sur les lacs peu profonds ou d'une superficie de quelques kilomètres carrés
    seulement. On devrait également obliger les riverains à reboiser les berges des cours d’eau qu’ils
    ont eux-mêmes déboisées.

    Trop de nitrates dans l’eau
    En 2005, plusieurs ministères québécois ont mené une étude visant à mieux connaître les risques à
    la santé causés par les nitrates et les agents pathogènes dans les zones en surplus de fumier. Un
    lien significatif a été établi entre la présence de nitrates dans l’eau des puits privés et le fait que ces
    puits se trouvent en zone agricole intensive. Et, puisque la contamination des puits privés par des
    microorganismes et les nitrates peut occasionner certains problèmes de santé, les auteurs de
    l’étude ont mentionné qu’il serait important d’utiliser des moyens efficaces pour inciter la population
    en milieu rural à surveiller davantage la qualité de l’eau des puits privés. Il serait également
    important de réduire à la source les risques de contamination.

    Des produits pharmaceutiques dans l’eau

    Certaines études ont démontré que des produits pharmaceutiques couramment utilisés en
    production agricole (en production porcine notamment) et retrouvés dans l’eau (hormones,
    antibiotiques, médicaments, etc.) agiraient comme perturbateurs endocriniens, ce qui peut avoir des
    conséquences graves pour la santé. Tant que l’utilisation de produits chimiques ne sera pas mieux
    contrôlée, et tant que la production agricole continuera d’augmenter au Québec, il est certain que les
    quantités de produits pharmaceutiques présents dans l’eau des rivières continueront de croître et les
    risques à la santé humaine aussi.

    LES IMPACTS DE L’UTILISATION DES PESTICIDES EN AGRICULTURE

    Le MDDEP a mené une étude sur les pesticides dans les rivières du Québec. Puisque plus de 75%
    des pesticides vendus au Québec sont pour usage agricole, l’étude visait à connaître le niveau de
    contamination de l’eau en milieu agricole, près des principales cultures utilisatrices de pesticides au
    Québec. En général, les résultats montrent que plusieurs pesticides sont souvent présents dans l’eau
    en même temps, surtout lorsque de fortes pluies suivent l’application. Les pesticides les plus souvent
    présents sont des herbicides, dont certains se sont retrouvés dans presque tous les échantillons
    prélevés.

    La question de la réduction de l’utilisation des pesticides en agriculture est pourtant fondamentale et
    doit être prise en compte le plus rapidement possible. Les pesticides sont bio-accumulables
    (s’accumulent dans les tissus d’un organisme) et bio-amplifiables (le prédateur absorbe les
    pesticides contenus dans sa proie, augmentant ainsi le niveau de pesticides dans son propre
    organisme) et persistent longtemps dans l’environnement, ce qui signifie que sans réduction
    substantielle des quantités utilisées, la situation continue de s’aggraver d’année en année.
    De plus, il ne faut pas oublier que les traitements que nous faisons subir à l’eau potable n’éliminent
    qu’une partie des pesticides et que ces derniers ont des impacts importants sur la santé humaine.

    LES « SOLUTIONS » PROPOSÉES PAR LE GOUVERNEMENT

    Une importante commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)
    s’est penchée en 2002-2003 sur la production porcine au Québec. Le rapport remis au
    gouvernement contenait de nombreuses pistes de solution pour améliorer la façon de faire de la
    production porcine et de l’agriculture en général.

    Pourtant, dans les années qui ont suivi, le gouvernement du Québec n’en a pas tenu compte. Il a
    maintenu des modes de gestion qui ont été jugés inefficaces à protéger l’eau et la santé. Par
    exemple, le gouvernement du Québec a maintenu en place la gestion de la production animale
    (notamment porcine) sur la base d’une norme phosphore et d’une approche ferme par ferme
    (Règlement sur les exploitations agricoles, REA).
     Ainsi, la détermination de la taille du cheptel qui
    peut être produit continue d’être basée sur la quantité de phosphore que ce cheptel produira (norme
    phosphore) en fonction de la capacité d’épandage dont dispose chaque producteur (approche ferme
    par ferme).

    Cependant, depuis l’introduction de la norme phosphore, de très nombreux intervenants ont signalé
    que le recours à une telle norme ne suffirait pas à atteindre l’objectif de protéger l’environnement et
    les cours d’eau. Les raisons sont nombreuses. D’abord, les déjections animales ne contiennent pas
    que du phosphore et il n’est pas garanti que les quantités de déjections qui pourront être épandues
    en se basant sur une norme phosphore ne contiendront pas d’autres éléments en quantité trop
    importante pour assurer le respect de la qualité de l’environnement et de l’eau.
    Par ailleurs, l’approche ferme par ferme ne tient pas compte du fait que le tout est souvent plus
    grand que la somme des parties.
    Depuis plusieurs années, de très nombreux intervenants ont fait
    valoir la nécessité d’une gestion de l’eau à l’échelle du bassin versant. Or, le gouvernement et le
    monde agricole ont mis de l’avant une approche ferme par ferme qui ne tient aucunement compte de
    l’aspect global de l’eau et qui ne s’insère pas dans une vision régionale ou une vision de gestion par
    bassin versant.

    Ce n’est pas tout. Malgré toute l’importance de la question des pesticides, le contrôle qui est
    effectué est insuffisant. Tous se réjouissent de l’entrée en vigueur en avril 2006 du Code de gestion
    des pesticides du Québec, mais combien savent que ce code est décevant en ce qui concerne la
    réduction des pesticides en milieu agricole? Ainsi, le Code de gestion des pesticides interdit
    l’application de pesticides à moins de 3 mètres des cours d’eau, ce qui est insuffisant. En plus,
    lorsque le cours d’eau est plus petit (aire d’écoulement inférieure à deux mètres carrés), les
    pesticides sont permis jusqu’à un mètre du cours d’eau. Or, dans une logique de bassin versant,
    tous les cours d’eau se rejoignent. En ce sens, la distance entre l’épandage de pesticides et le cours
    d’eau est beaucoup trop petite, ouvrant la voie à une contamination de l’eau et de l’environnement,
    et à des effets sur la santé humaine.

    De plus, il s’est produit au cours des deux dernières années un glissement au niveau du
    gouvernement du Québec. Celui-ci favorise de plus en plus un objectif de cohabitation sociale par la
    réduction des odeurs (surtout celles liées à la production porcine) au détriment d’un objectif de
    protection de l’eau et de l’environnement. Un tel glissement se traduit, par exemple, par la Loi
    modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal (projet de loi 54) qui
    donne aux municipalités la possibilité d’imposer des conditions essentiellement liées au contrôle des
    odeurs lors de l’établissement d’une porcherie, ou encore, qui augmente le nombre de jours où une
    municipalité peut interdire l’épandage de déjections animales.

    La contamination de l’Eau par Nos déchets

    Depuis plusieurs décennies, une des priorités dans les pays industrialisés est de satisfaire nos
    besoins de consommation sans cesse croissants. Cela signifie non seulement l’extraction et la
    transformation de très grandes quantités de ressources naturelles souvent non renouvelables, mais
    également des problèmes de pollution, parmi lesquels la pollution des eaux, les changements
    climatiques, la contamination et l’érosion des sols, la dégradation des écosystèmes et la diminution
    de la biodiversité. Sans compter qu’une fois que la vie active des biens de consommation est
    terminée, il faut s’en débarrasser. Or, l’enfouissement des déchets entraîne des problèmes de
    contamination des eaux, que ce soit par des produits chimiques utilisés dans la fabrication de nos
    biens de consommation ou par divers composés organiques.

    Prenons le cas, par exemple, des différents produits domestiques dangereux tels que certains
    produits de nettoyage, des solvants ou des piles. Une fois enfouis, ces produits vont invariablement
    contaminer les eaux à proximité et, s’il y a circulation d’eau, la contamination peut atteindre les
    nappes d’eau souterraines ou encore les lacs et rivières.

    Tous les produits d’emballage en plastique constituent également un autre exemple. Pensons
    notamment à toutes les bouteilles d’eau et de jus qui sont utilisées puis jetées. Nombre de ces
    bouteilles sont constituées d’un plastique appelé polyéthylène téréphthalate (PET, plastique). Or,
    le plastique prend environ 1000 ans à se décomposer dans le sol, et pendant tout ce temps sa lente
    dégradation dégage des phthalates et d’autres substances toxiques.

    Par ailleurs, les activités d’enfouissement peuvent occasionner des conflits d’usage entre les
    différents utilisateurs d’une région. Par exemple, dans son rapport portant sur l’agrandissement du
    lieu d’enfouissement de St-Thomas (2005), le BAPE a indiqué que le pompage d’un volume
    important d’eau souterraine, nécessaire pour maintenir à sec les matières résiduelles enfouies à une
    grande profondeur dans le sous-sol, ajouterait une pression indue sur la nappe phréatique de bonne
    qualité qui alimente les citoyens et les agriculteurs du voisinage depuis plusieurs décennies.
    En mai 2005, le gouvernement du Québec a adopté le Règlement sur l’enfouissement et
    l’incinération des matières résiduelles, entré en vigueur en 2006.
     Ce règlement a pour objet de
    prescrire quelles matières résiduelles sont admissibles dans les installations d’enfouissement, les
    conditions dans lesquelles celles-ci doivent être aménagées et exploitées ainsi que, le cas échéant,
    les conditions applicables à leur fermeture et à leur gestion post fermeture.
    Par contre, le gouvernement a également adopté, toujours en 2005, le projet de loi 107, Loi
    modifiant la Loi sur la qualité de l’environnement (bien qu’adoptée, cette loi n’était pas encore entrée
    en vigueur en septembre 2006). Cette loi permet d’exiger, pour l’obtention d’un certificat
    d’autorisation pour un lieu d’enfouissement, des normes différentes de celles prescrites par
    règlement. Dans son mémoire portant sur le projet de loi 107, le Front commun québécois pour une
    gestion écologique des déchets présente sa crainte qu’une telle possibilité de déroger au règlement
    puisse servir à autoriser un lieu d’enfouissement qui autrement ne répondrait pas aux critères du
    règlement.

    Le projet de loi 107 permet également au gouvernement de soustraire un projet de lieu
    d’enfouissement à l’application de la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur
    l’environnement. Ce qui apparaît, pour le Front commun québécois pour une gestion écologique des
    déchets, inacceptable.

    Une autre des causes de contamination des eaux dans les lieux d’enfouissement est l’importante
    présence de matière putrescible, comme par exemple les restes de table. Lorsque ces matières
    putrescibles sont enfouies, il y a fermentation en absence d’oxygène, ce qui dégage des composés
    organiques qui migrent avec les eaux qui circulent à travers les déchets (les eaux de lixiviation) et
    qui contaminent les eaux de surface et les eaux souterraines, au point de les rendre impropres à la
    consommation et parfois même à la vie aquatique. En plus, cette fermentation en absence
    d’oxygène produit des gaz à effet de serre, dont le méthane.

    Outre la réduction de la consommation, la solution aux problèmes de pollution entraînés par
    l’enfouissement des déchets consiste à gérer sainement les matières résiduelles, afin de donner une
    deuxième vie aux produits ou à leurs composantes par la réutilisation et le recyclage tout en
    réduisant l’utilisation de nouvelles ressources naturelles.

    Les impacts négatifs des embarcations nautiques motorisés

    Les motomarines sont des engins aquatiques propulsés par une turbine, c’est-à-dire que l’hélice
    propulsant l’embarcation est encastrée à l’intérieur de la coque. Les motomarines occasionnent de
    nombreux problèmes non seulement au niveau de la pollution de l’eau, mais également au niveau
    de la sécurité sur les plans d’eau (nombreux accidents) et au niveau du bruit.

    LES MOTO-MARINES ET LA POLLUTION DE L’EAU

    La grande majorité des motomarines sont munies de moteur à deux temps. Aux États-Unis,
    l’Environmental Protection Agency estime que les motomarines libèrent jusqu'à 30% de leur
    combustible non brûlé directement dans l'eau. Une motomarine, qui peut consommer jusqu'à dix
    gallons américains d'essence à l'heure, libère entre 50 et 60 gallons d'essence par année, à raison
    de moins d'une heure d'utilisation par semaine.

    Les gaz d'échappement sont aussi une source de pollution. En sept heures de conduite, les
    émissions provenant d'une motomarine équipée d'un moteur de 100 chevaux-vapeur équivalent aux
    émissions d'une voiture qui parcourrait 160 000 kilomètres. En une heure de conduite, une
    motomarine produit autant de smog polluant qu'une voiture en une année.

    Les motomarines représentent aussi une menace pour les oiseaux qui font leur nid sur les rives,
    pour les mammifères marins et pour les huards, à cause de leur vitesse et de la capacité qu’elles ont
    de longer les rives.

    Le rapport Boucher
    À la suite d’un accident survenu à l’été 1997 où un grand-père et ses petits-enfants se sont fait
    « faucher » par une motomarine, le gouvernement du Québec a lancé une consultation publique
    présidée par le député Claude Boucher. Le rapport publié suite à cette consultation indique que la
    majorité des gens qui se sont exprimés lors des consultations sont en faveur d’une réglementation
    sur la vitesse, de l’émission de contraventions, d’une surveillance accrue, d’une application plus
    rigoureuse de la réglementation et d’un contrôle plus sévère du bruit et des rejets polluants liés aux
    embarcations. Ce rapport contenait également de nombreuses recommandations adressées au
    gouvernement.

    Les réglementations applicables

    Le projet de loi 106 du gouvernement du Québec est entré en vigueur en juin 2002. Il donne
    notamment aux municipalités du Québec le pouvoir de réglementer la vitesse sur les plans d’eau qui
    baignent leur territoire. En effet, cette loi précise que les municipalités pourront par règlement «
    imposer une limite de vitesse maximale de 10 km/h à la circulation d’une embarcation dans une
    bande de 50 mètres et moins de toute rive d’un lac ou d’un cours d’eau afin d’assurer la sécurité de
    ceux qui pratiquent une activité sur un tel plan d’eau. »
    Cette nouvelle possibilité de réglementer est positive du point de vue de la sécurité nautique. Par
    contre, elle n’apporte pas d’éléments de réponse aux problèmes de pollution de l’eau causée par
    l’utilisation des moteurs à deux temps.

    Également, en mars 2004, le Sénat canadien a adopté le projet de loi S-8, Loi concernant les
    motomarines dans les eaux navigables. Cette loi permet à une autorité locale, après avoir procédé à
    une consultation générale auprès de la collectivité, d’adopter une résolution proposant au ministre
    des Pêches et des Océans du Canada soit d’interdire l’utilisation des motomarines sur des voies
    navigables désignées, soit d’étendre l’application des restrictions établies par règlement à des voies
    navigables désignées. Le ministre peut refuser la proposition de l’autorité locale. Les restrictions
    deviennent applicables aux voies navigables désignées lorsque le ministre les ajoute par arrêté à
    l’annexe appropriée du Règlement sur les restrictions à la conduite des bateaux.

    La pollution de l’eau et la santé humaine

    Notre société de consommation s’est bien souvent développée au détriment de la qualité de l’eau.
    Or, une eau contaminée peut avoir des impacts négatifs importants sur notre santé. L’eau
    souterraine de la municipalité de Roxton Pond (Montérégie), notamment, est contaminée par des
    produits toxiques cancérigènes tels que le plomb, le mercure, l’arsenic et les hydrocarbures. En
    2001, le gouvernement a interdit aux résidants de Roxton Pond de consommer ou de toucher à l’eau
    de leur robinet. Jusqu’à ce qu’une entente soit récemment conclue avec la compagnie américaine
    Stanley à qui est attribuée la contamination, les citoyens ont dû s’abreuver avec des cruches d’eau.
    Plusieurs études s’attardent à découvrir les impacts sur la santé des produits toxiques contenus
    dans l’eau. Par exemple, depuis une quinzaine d’années, une dizaine d’études épidémiologiques
    dans divers pays ont mis l’accent sur un rôle probable de l’aluminium présent dans l’eau de
    consommation sur l’incidence de la maladie d’Alzheimer.
    Cet aluminium viendrait notamment de
    certains traitements que l’on fait subir aux eaux de surface avant qu’elles ne soient distribuées aux
    consommateurs. Ça fait longtemps, en fait depuis les années 1920, que la toxicité de l’aluminium
    pour le système nerveux a été mise en évidence. Pourtant, plusieurs systèmes de traitement de
    l’eau continuent d’avoir recours aux sels d’aluminium, bien que des alternatives existent et soient
    déjà fréquemment utilisées.
    Voilà une belle occasion ratée d’agir avec prévention et précaution…
    Finalement, la richesse du Québec et du Canada en eau douce est menacée par de sérieux
    problèmes de pollution. Que ce soit les épisodes de cyanobactéries de l’été 2006, les déversements
    d’hydrocarbures pétroliers, les rejets d’eaux usées de résidences non raccordées au système
    d’égout, ce ne sont malheureusement pas les exemples qui manquent. Oui, les politiques
    gouvernementales mettent de plus en plus l’accent sur la réglementation des produits toxiques et
    sur la détection précoce, mais il reste que chacun d’entre nous agir afin de prévenir la pollution. Il
    s’agit simplement de la réduire à la source en modifiant nos pratiques et nos habitudes de
    consommation.
    N’oublions pas qu’en diminuant la pollution de l’eau, on diminue aussi les risques à
    notre santé.
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