• L'OMS lance l'alerte sur la qualité de l'eau de 2 milliards de personnes


    L'OMS lance l'alerte sur la qualité de l'eau de 2 milliards de personnes

    Dans un récent rapport, l'OMS alerte sur la mauvaise qualité de l'eau qu’utilisent encore des milliards de personnes. Les solutions censées y remédier peinent à se mettre en place.

    (Près de 2 milliards d'êtres humains boivent une eau contaminée par des excréments. ©Mahesh Kumar A./AP/SIPA) (quand ce n'est pas de l'eau souillée par du pétrole... En tout cas, eux manque et parmi nous il y a de NOMBREUX gaspilleurs. Au-delà d'un certain quota, le prix de l'eau devrait augmenter, ça ferait réfléchir sur la chance qu'on a et d'aucuns feraient plus attention)

    En 2017, accéder à une eau potable de bonne qualité reste un luxe. Selon le rapport GLASS produit par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), près de 2 milliards de personnes utilisent une eau contaminée par des matières fécales. Ce qui expose ces populations à divers risques tels que le choléra, la dysenterie, la typhoïde et la poliomyélite. Mais aussi à divers maladies tropicales comme les parasitoses intestinales, la schistosomiase et le trachome.

    A elles seules, ces eaux entraîneraient pas moins de 500.000 décès par diarrhée chaque année. La faute à une multitude de difficultés organisationnelles et à des financements en faveur de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène qui restent insuffisants pour atteindre convenablement les cibles définies au niveau national.
    Des moyens insuffisants

    " C'est la première fois que nous obtenons autant d'informations au niveau des budgets nationaux. Les 57 pays concernés représentent 4,4 milliards de personnes et déclarent des budgets annuels de 85 milliards de dollars, soit beaucoup plus d'argent que nous le pensions. Mais nous nous sommes demandé comment étaient utilisés ces fonds ", explique Fiona Team Leader GLAAS initiative à l'OMS. Mais alors que les budgets alloués à l'eau, l'assainissement et l'hygiène ont augmenté de 4,9% par an ces trois dernières années, 80% des pays concernés regrettent encore un manque de moyen pour atteindre les objectifs nationaux.

    Selon les estimations de la Banque mondiale, pour atteindre les objectifs de développement (ODD), les dépenses devraient plutôt atteindre 114 milliards de dollars US par an rien que pour les infrastructures. Qu'il s'agisse de l'eau courante, des canalisations, de puits d'assainissement, etc. Un chiffre un brin sous-estimé pour l'OMS car ne prenant pas en compte les coûts de fonctionnement et d'entretien. En effet, si certains pays disposent de ces infrastructures, ils ne sont pas tirés d'affaire pour autant : avoir le tuyaux, c'est bien, mais garantir leur bon fonctionnement, c'est mieux. La gestion de ces systèmes pour permettre la livraison des services d'eau et d'assainissement s'avère essentielle. Ce qui implique de la surveillance, de la maintenance, de l'entretien... Autant d'élément qui génèrent des dépenses.

    L'OMS pointe également du doigt ce qu'elle qualifie de manque d'absorption des fonds. Selon le rapport GLAAS, 40% des pays se heurtent à des processus administratifs complexes, des retards dans la libération des fonds et au manque de capacités techniques du pays. Sans pour autant nier les éventuels soucis liés à la corruption (sans préciser le degré), l'OMS affirme que la bureaucratie excessive, les systèmes d'approvisionnement, la mauvaise coordination entre les différentes entités gouvernementales et les partenaires au développement ont plus d'incidence dans la gestion des fonds de dépenses engagés.

    A titre d'exemple, chaque pays développe des mesures spécifiques pour atteindre les populations dans le besoin. Comme l'eau gratuite pour les plus pauvres (Fidji, Afrique du Sud,Tanzanie) ou la réduction de facture. Au Honduras, les fournisseurs de services sont tenus de réduire de 25% les factures d'eaux potables pour les personnes âgées. Au Lesotho, l'approvisionnement en eau en milieu urbain et rural ainsi que l'assainissement sont fortement subventionnés par le gouvernement via des bornes publiques utilisant des compteurs prépayés. Mais à cause des raisons citées plus haut, certains états éprouvent des difficultés pour appliquer ce genre d'initiatives.

    Trouver de nouvelles sources

    Comment remédier à cette situation ? L'OMS indique que si une meilleure gestion des ressources financières s'impose, il s'avère nécessaire de trouver de nouveaux financements pour répondre convenablement aux besoins. Pour l'heure, si les déboursements à l'aide publique au développement pour l'eau et l'assainissement ont augmenté entre 2012 et 2015, passant de 6,3 milliards à 7,4 milliards de dollars, les engagements d'aides ont baissé de 2 milliards de dollars pour s'établir à 8,2 milliards.

    Ce qui pourrait signifier que "si les engagements à l'aide au développement commencent à baisser, par la suite les déboursements pourraient baisser eux aussi" explique Fiona Gore. " La question va être de savoir comment mobiliser de nouveaux fonds pour accéder à ces ambitions. Il y a des fonds domestiques, des fonds d'ONG, ensuite des emprunts; il est également possible de mobiliser des fonds privés. Mais dans ce dernier cas, il faut une garantie sur investissement ", poursuit-elle. Revus à la hausse, les objectifs de développement ambitionnent de garantir l'accès aux services d'approvisionnement en eau et d'assainissement d'ici 2030.

    presse OMS
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