• Le rôle de l’Organisation mondiale de la Santé

     eau et catastrophes

    Le rôle de l’Organisation mondiale de la Santé


    L’accès à une eau saine et à des systèmes d’assainissement adéquats est indispensable à la fois à une vie en bonne santé et à un développement socio-économique des populations pauvres et défavorisées. Or près d’un milliard cent millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à des sources d’eau améliorées, et 2,4 milliards de personnes n’ont accès à aucun système d’assainissement amélioré. Ce manque d’accès pèse lourd. Près de 1,7 million de décès dans le monde sont imputables chaque année à une eau insalubre et au manque d’assainissement et d’hygiène, principalement à cause des diarrhées infectieuses. La plupart des décès (90 %) surviennent chez les enfants et pratiquement tous dans les pays en développement. Chaque année, plus d’un million de personnes meurent du paludisme, maladie étroitement liée à la mauvaise gestion des ressources hydriques et près de 6 % de la charge mondiale de morbidité est d’origine hydrique. Une grande partie de la morbidité et de la mortalité pourrait être évitée grâce à des services d’assainissement adéquats, à un approvisionnement en eau saine et une éducation en matière d’hygiène. Il s’agit là d’interventions efficaces dont les études laissent supposer qu’elles pourraient réduire la mortalité due aux maladies diarrhéiques de 65 % en moyenne, et la morbidité connexe de 26 %.
    La charge de morbidité associée au manque de ressources hydriques ou à leur mauvaise gestion est encore accrue lorsque surviennent des catastrophes naturelles ou dues à l’homme, et cela peut avoir un impact direct sur les moyens de subsistance de la population. Près de 2 milliards de personnes – soit un tiers de l’humanité – ont été victimes de catastrophes naturelles au cours des dix dernières années du XXe siècle, dont 86 % d’inondations ou de sécheresse. Les catastrophes naturelles ou dues à l’homme, principalement imputables à des maladies courantes rendues mortelles en raison des conditions de crise, entraînent un taux élevé de mortalité et de nombreuses souffrances pour la population. Les groupes vulnérables tels que les femmes, les enfants et les personnes âgées souffrent de façon disproportionnée de ces catastrophes et l’on enregistre dans ces groupes des taux de mortalité élevés.
    Chaque catastrophe entraîne sa propre série de menaces pour la santé. Les inondations sont par leur fréquence la deuxième cause de catastrophe naturelle après les tempêtes, mais touchent davantage de régions et davantage de gens que tout autre phénomène. Les inondations accroissent la menace toujours présente pour la santé que représente le manque d’eau de boisson et de réseaux d’assainissement. Les approvisionnements en eau peuvent être pollués par des déchets industriels ou des décharges. Les noyades entraînées directement par les inondations ajoutent également à la charge imputable à ces catastrophes. Les personnes qui ont tout perdu dans une inondation – leur maison, leur récolte, leurs moyens de subsistance – sont également plus exposées à la maladie.
    Les sécheresses entraînent le plus grand nombre de maladies et de décès, car elles déclenchent ou exacerbent souvent la malnutrition et la famine, et réduisent encore l’accès aux approvisionnements en eau . On ne dispose pas de statistiques exactes concernant la mortalité entraînée par les sécheresses, car les décès sont imputables principalement au manque d’aliments et à l’aggravation de la malnutrition préexistante. Les décès sont également attribués aux migrations, au manque de logements, à l’absence d’infrastructures de santé publique ou à leur endommagement, et à des soins de santé déficients. Dans les pays chauds, ou pendant les vagues de chaleur, les décès peuvent être entraînés à la fois par la chaleur et par le manque d’eau.
    Pour réduire la vulnérabilité des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement lors d’une catastrophe, il faut les entretenir et les maintenir à un niveau acceptable. Les systèmes d’approvisionnement en eau peuvent être surchargés, soit parce que leurs capacités ne répondent pas à la demande croissante des usagers, soit parce qu’ils ne sont pas viables sur la durée (pannes fréquentes, par exemple). Les systèmes mal entretenus ont peu de chances d’être durables et seront particulièrement vulnérables en cas de situations d’urgence, ne pouvant répondre aux besoins essentiels de la population. Le manque de préparation des institutions à une situation d’urgence coûtera alors cher au secteur de la santé, non seulement en termes de vies humaines mais également sur le plan technique et politique.
    L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) est l’institution des Nations Unies chargée de la santé. L’OMS travaille au niveau national, régional et mondial à atténuer les effets des catastrophes et à préparer les pays aux situations d’urgence, et défend une action sanitaire et humanitaire. L’OMS coopère avec les Etats Membres à travers les organismes suivants :
      • le Programme Eau, assainissement et santé, et le Département Action sanitaire en situation de crise, au Siège de l’OMS à Genève ;
      • les six bureaux régionaux de l’OMS ;
      • plus de 150 bureaux de l’OMS dans les pays, qui assurent les contacts directs avec les gouvernements à travers les ministères de la santé et autres ministères chargés de l’eau et de l’assainissement ;
      • trois centres régionaux OMS de salubrité de l’environnement : le Centre pour les activités d’hygiène de l’environnement (CEHA) à Amman ; le Centre panaméricain de génie sanitaire et des sciences de l’environnement (CEPIS) à Lima ; et le Centre européen pour l’environnement et la santé (ECEH) à Rome.
       Plus précisément, l’OMS s’attache à améliorer l’état de préparation des systèmes de santé, ainsi que leur aptitude à faire face à tout type de catastrophe. L’OMS élabore et diffuse des directives, des publications et des matériels audiovisuels qui reposent sur les meilleures pratiques de santé publique. L’OMS forme également du personnel des ministères de la santé à ce travail de préparation et d’intervention, ainsi qu’à l’élaboration de plans d’urgence. Elle collabore au développement des ressources humaines et des institutions et à l’élaboration de plans d’intervention et donne du matériel, des médicaments et des stocks d’urgence de chlore.
      Le Département OMS Action sanitaire en situation de crise (HAC) vise à développer les capacités des pays pour les aider à : prévenir les catastrophes, acquérir davantage d’autonomie, se préparer aux situations d’urgence, atténuer les conséquences sanitaires d’une catastrophe et créer une synergie entre l’action de secours d’urgence et le développement durable. Le site Web HAC contient des informations sur la situation, y compris des statistiques de base, des rapports sur la situation sanitaire et des données de surveillance épidémiologique .
      Outre le Département HAC, chargé de coordonner les aspects sanitaires de la gestion d’une catastrophe à l’OMS, le Programme Eau, assainissement et santé (WSH) prépare des outils (normes et manuels pratiques), et dispense une formation et des conseils techniques sur la façon de faire face à une catastrophe ou à une situation d’urgence, et de réduire la vulnérabilité. La documentation peut être téléchargée à partir du site Web WSH.
      Afin d’établir les priorités d’un plan d’action en cas de catastrophe, il est indispensable que le secteur de la santé et les autres groupes impliqués dans la préparation à une situation d’urgence coopèrent. C’est pourquoi les centres collaborateurs de l’OMS dans le monde consultent ses différents bureaux et coopèrent avec eux pour fournir un soutien efficace aux pays victimes de catastrophes naturelles ou dues à l’homme.
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