• L'eau en Tunisie

    L'eau en Tunisie

    L’eau est désormais un facteur majeur d’organisation de l’espace entre l’ouest relativement pourvu et l’est aux besoins croissants.
    Le climat de la Tunisie est majoritairement méditerranéen. On peut distinguer 3 grands ensembles climatiques :
    -au Nord, une zone « humide » (400 à 600 mm/an) qui alimente le vaste réseau hydrographique de la Medjerda.
    -au centre, de part et d’autre de la « dorsale », les précipitations s’échelonnent de 250 à 400 mm : c’est le début d’un climat semi-aride, propice à une végétation semi-steppique.
    -au sud, une zone aride (moins de 250mm/an voire moins de 150 mm au sud de Douz) dont les « chotts » et les dunes représentent le paysage dominant.
     l'eau en Tunisie
    A cette distribution, il faut ajouter la forte irrégularité inter et intra-annuelle (moins de 30 jours de pluie /an au sud) et les risques posées par les crues (printemps et automne, et pas seulement au nord). Les ressources en eau de surface sont très variables dans le temps et dans l’espace. La moyenne interannuelle des apports en eau de surface est estimée à 2 7 milliards de m3 par an dont 80 % proviennent des régions du nord du pays.

    Le pays dispose d’environ 4,6 milliards de m3 d’eau mobilisable : 60 % coule en surface, 40% sont souterraines mais 80% des ressources en eau sont situées dans le nord du pays tandis que 70% des eaux souterraines sont au sud. Chaque tunisien dispose donc théoriquement de 450m3/an soit un seuil en dessous du « stress hydrique », fixé communément à 500m3/an/hab. La Tunisie se place dans la catégorie des pays les moins dotés en ressources en eau dans le bassin méditerranéen En effet pour une population de dix millions d’habitants, la dotation moyenne par habitant et par an est estimée à 450m3. Ce chiffre est appelé à diminuer progressivement pour atteindre 350 m3 par habitant en l’an 2030 pour une population de 12 millions d’habitants.

    Le pays est aussi doté de nappes phréatiques au nord et d’un énorme potentiel constitué par les nappes d’eau fossiles (aquifère) au sud. On fera remarquer que la salinité est plus élevé (1,5g de sel/litre) au nord.
    Les ressources en eau souterraines moyennes annuelles sont estimées à 2,1 milliards de m3
    Ainsi, le total des ressources eau de la Tunisie est estimé en moyenne à 4836 millions de m3 dont 2136 millions de m3 comme eaux souterraines soit 44,2% et 2700 millions de m3 comme eaux de surface soit 55,8%.
    Les ressources en eau exploitables en moyenne sont estimées à 4236 millions de m3 par an

    Ressources exploitables 
    Menaces principales pour les ressources en eau
    - La surexploitation des ressources en eau souterraines
    - La pollution des ressources eau (cours d’eau, nappes,….) par rejets solides ou liquides dans le milieu, les cours d’eau et les nappes d’eau souterraines vulnérables,
    - L’envasement des retenues des barrages, des lacs collinaires de même que l’engravement des cours d’eau naturels suite à la multiplication des ouvrages de rétention en amont des bassins versants,
    - La fréquence d’années sèches successives qui entravent le renouvellement annuel des ressources en eau,
    - Le gaspillage d’eau et les pertes
    - L’impact des changements climatiques

    Risques liés à l’eau
    - Crues et inondations : Les inondations sont fréquentes en Tunisie ; la crue de l’automne 1969 reste la plus importante dans la région du centre du pays. Les apports ont été estimés à 3 milliards de m3. Aussi les fortes pluies de mars 1973 ont été la cause de crues exceptionnelles sur le Nord du pays. Les apports ont été estimés à 1 milliard de m3 au niveau de la Medjerda.
    - Sécheresses : On a enregistré une vingtaine de sécheresses au cours du 20ème siècle. Au cours de cette période une sécheresse sévère est enregistrée tous les six ans.
    - Maladies hydriques : En Tunisie, les maladies dues à l’eau sont entrain de régresser, la situation épidémiologique est rassurante, il faut cependant, rester vigilant et se méfier des germes qui risquent d’émerger (parasites, virus, etc...).

    La Tunisie est équipée de 29 barrages classiques, 221 autres barrages et 741 lacs de montagne, de 5 200 forages profonds et 130 000 forages de surface.
    Face aux risques de pénuries ou de surexploitation, le gouvernement tunisien s’est donc efforcé depuis les années 1980 d’augmenter le potentiel par différentes mesures et aménagements :
    -la tarification de l’eau qui a permis de réduire un les gaspillages et de financer le traitement des eaux usées  qui couvrent 25% des besoins environ ; le prix de l'eau destinée à l’agriculture a doublé entre 1989 et 1996, et les taxes pesant sur l’eau touristique sont souvent doubles (voire 4 fois plus élevées) que celles pesant sur les paysans.
    -investissement dans les usines de dessalement avec osmose inverse (îles Kerkennah, Zarzis ou Gabès par ex) mais dont le coût reste encore prohibitif (1$ le m3 environ) et qui couvrent environ 4% des besoins.
    -aménagements de lacs collinaires qui permettent la rétention des eaux « vertes » à des fins d’irrigation et d’alimentation des villes en forte croissance démographique. Ces lacs sont les plus nombreux dans la « dorsale tunisienne ».
    -le forage dans les nappes fossiles dont  l’aquifère du Sahara septentrional, (taux d’exploitation dépassant souvent 80%), canaux de dérivation
    -aménagement de terrasses de cultures afin de limiter les écoulements ou de talwegs.

    évolution de la demande en eau

    Evolution de la demande en eau par secteur d'activité
    L’eau est désormais un facteur majeur d’organisation de l’espace entre l’ouest relativement pourvu et l’est aux besoins croissants.
    L’agriculture tunisienne est la plus grosse consommatrice d’eau (80% du potentiel environ) : 20% assure donc les besoins domestiques et industriels, ou touristiques. 85,3% des foyers tunisiens sont raccordés au réseau public géré essentiellement par l’ONAS et la SONEDE. Le taux d'approvisionnement en eau potable en milieu rural tunisien s'est élevé à 88% en 2010 contre 33% en 1988 ; il y a donc progression dans l’accès à l’eau.





    Nous pouvons aussi opposer la consommation urbaine (plus de 110 litres/an/habt) et rurale (50l/an/habt). Un tunisien dispose d’environ 450m3 /an contre 10 fois plus pour un français.

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