• Pénurie d’eau potable en Algérie

    On achète des citernes à plus de 1000 DA d’une eau dont on ignore la source et les conditions de transport.    
    Pénurie d’eau potable, routes dégradées, d’énormes retards dans la réalisation des projets, environnement dégradé… Les choses sont loin d’être reluisantes dans la wilaya de Tizi Ouzou.
    Le nouveau wali de Tizi Ouzou a du pain sur la planche. C’est plus d’une dizaine d’actions de protestations de rue qui viennent d’être organisées durant cette semaine où a eu lieu l’installation officielle du nouveau premier magistrat de la wilaya. A Tizi Ghennif, à Maâtkas, Timizart, Ath Yenni, Bouzeguène, etc., des citoyens sous la coupe des comités de villages ont investi la rue pour crier leur ras-le-bol quant à l’absence de prise en charge de la multitude de problèmes auxquels ils sont confrontés.
    Des problèmes qui semblent à tous points de vue inexplicables. Par exemple, quand des citoyens de Timizart, de Bouzeguène, de Boudjima ou de Mechtras (près de Boghni), Maâtkas, Tirmitine, etc., déplorent la pénurie d’eau potable, on se demande quel bénéfice a tiré la population de la wilaya avec la réalisation du barrage de Taksebt. Surtout quand on sait que ce dernier parvient même à alimenter des wilayas limitrophes comme Boumerdès et Alger. S’agit-il d’un problème de mauvaise gestion ou d’un laisser-aller? En tout cas, les citoyens concernés par le problème de manque d’alimentation en eau potable ne cessent de se poser la légitime question de savoir pourquoi ils sont privés d’eau en pleine canicule alors qu’à peine à un jet de pierre de leur village, un barrage gigantesque arrose des milliers d’autres localités.
    Dans la commune de Mechtras par exemple, des citoyens de cette région nous apprennent que les robinets sont à sec depuis plus d’un mois! Dans cette région, plus d’un quartier a passé tout le mois de Ramadhan sans qu’aucune goutte d’eau n’ait coulé des robinets. C’est le cas des cités Ath Kaci, Alma, Idebakhen, Alma Ouest, Igrane mais aussi de villages comme Ihesnawen et Aït Imoghour, qui est l’un des plus grands villages de la wilaya de Tizi Ouzou. Les citoyens ne cessent de saisir verbalement et par écrit les responsables concernés au niveau de l’Algérienne des eaux locale mais en vain. Le calvaire continue. On achète des citernes à plus de 1000 DA avec tous les risques de la consommation d’une eau dont on ignore la source et les conditions de transport.
    La même tension sur l’eau potable prédomine dans plusieurs villages de la commune de Maâtkas, sise à 27 kilomètres au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou. D’ailleurs, les habitants d’Ath Aïssa Ouaziane, l’un des plus grands villages de Mâatkas ont même procédé à la fermeture des sièges de l’Assemblée populaire communale et de celui de la daïra de Maâtkas pour dénoncer la situation qui y prévaut. «Un véritable calvaire», disent les représentants des citoyens de ce village où l’eau est véritablement un liquide précieux. Dans la commune de Boudjima et en dépit de la réalisation de nombreux projets visant à endiguer définitivement le problème d’alimentation en eau potable, dont a beaucoup souffert la localité, il n’en demeure pas moins que l’eau ne coule que rarement des robinets. Idem à Tizi Rached, au sud-est du chef-lieu de wilaya. Les habitants du plus grand village de cette commune, à savoir Tala Amara, n’ont pas reçu leur part d’eau depuis plus d’un mois. Et il a fallu aux habitants fermer en même temps les sièges de l’APC, la daïra et celui de l’Algérienne des eaux. On croit savoir que suite à la tenue de ces actions de protestation, une amorce de solution se dessine. Mais jusque-là, rien de concret n’est enregistré. La daïra d’Ath Douala n’est pas épargnée par la pénurie d’eau potable cet été. Pourtant, le barrage de Taksebt est juste à côté. Le problème est inexplicable surtout quand on sait que même dans le chef-lieu de la daïra d’Ath Douala, l’eau coule au compte-gouttes.
    Les habitants des villages de cette région endurent également une situation même intenable. Des villages de la commune de Tirmitine, comme Ait Issad, Zanouta, Iberkane et Menasra) ainsi que plusieurs villages de la daira de Bouzeguène et même dans des villes balnéaires comme Tigzirt, l’eau se fait très rare ces dernières semaines. Le problème d’eau s’ajoute à d’autres comme l’état des routes. Même les routes de wilaya ou nationales, qui ont été récemment revêtues, se sont vite dégradées. Des retards dans la réalisation de nombreux projets sont aussi enregistrés dans la même wilaya, comme les projets du nouveau stade de Tizi Ouzou, la pénétrante de l’autoroute Est-Ouest, la rocade Nord, les travaux du nouveau CHU et la liste est encore longue. Il s’agit là de problèmes qui se greffent à celui qui touche des centaines de milliers de jeunes de la wilaya: le chômage. Et pourtant, l’Etat a fait bénéficier la région de Tizi Ouzou d’enveloppes financières faramineuses ces dix dernières années, notamment suite à la visite du Premier ministre, M.Abdelmalek Sellal dans la wilaya. Mais, comme on dit, l’argent ne fait pas le bonheur. Du moins, à lui seul. Surtout quand la gestion locale fait défaut.
    presse Algérie 
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