• Eaux en bouteille au Maroc

    Eaux en bouteille
    Sidi Ali, Aïn Saïss, indétrônables..................


    Même si le marché de l’eau en bouteille a connu une multiplication de l’offre, il demeure très concentré. Les deux grands opérateurs, Les Eaux minérales d’Oulmès et Sotherma captent, à eux seuls, une part de marché de plus de 90%. Ce business pèse 1,9 milliard de DH, selon les estimations de l’Association marocaine des boissons (AMB). L’arrivée de nouveaux opérateurs (début des années 2000) n’a pas remis en question cette concentration. En cause, le capital image très fort de certaines marques comme Sidi Ali ou Sidi Harazem, un maillage de distribution important et une force d’investissement.  Les deux entreprises leader jouissent également d’un soutien de leur maison mère SNI pour Sotherma et Holmarcom pour Oulmès. Les Eaux minérales d’Oulmès principalement tirés par leur marque historique Sidi Ali arrive à réaliser un chiffre d’affaires de  1,2 milliard de DH. La filiale du groupe Holmarcom revendique une part de marché de près de 70%. L’entreprise est cotée à la Bourse de  Casablanca depuis 1943.

    Globalement, le marché marocain de l’eau en bouteille est  assez étroit, concentré et difficile à pénétrer de par les investissements lourds à engager. Toutefois, de nouveaux opérateurs ont pu trouver leur place. Les Eaux minérales Al Karama est la première filiale agroalimentaire du groupe Chaâbi. Cette entreprise a lancé une eau de source naturelle en 2007 sous la marque «Aïn Soltane». S’appuyant sur son important réseau de distribution, Coca-Cola Compagny commercialise deux eaux de table sous les marques «Ciel» et «Bonaqua».  A partir du 1er juillet 2010, le groupe des Brasseries du Maroc a commercialisé l’eau de source Aïn Ifrane qui provient de la source originelle de Bensmim (région d’Ifrane). Le groupe Amhal a également mis sur le marché en 2003 une eau de table sous la marque «Mazine». Les producteurs marocains sont également concurrencés par des marques importées, principalement originaires de France. Les importateurs sont Drinks (Perrier, Vichy, Contrex, Vittel, Cristaline), Bourchanin (Evian) et Foods and Goods (San Pellegrino).  Toutefois, le développement de ces produits est freiné à  plusieurs égards. Ces marques sont destinées à une clientèle particulière de par leur prix élevé et une distribution qui cible des lieux de niche comme les hôtels et les restaurants de luxe. L’importation fait face à une procédure réglementaire aussi complexe que celle pour un producteur local. Elle comprend un dossier thermal et sanitaire étoffé, des mois d’analyses des échantillons présentés avant de pouvoir obtenir l’autorisation finale du ministère de la Santé. Avant de franchir le sol marocain, les eaux minérales et eaux gazéifiées importées sont taxées à 25% en termes de droits de douane. En somme, le marché demeure relativement protégé contre l’importation.
    Aujourd’hui, l’ensemble de ces opérateurs se livre une véritable bataille. Cette concurrence est de plus en plus rude. Ce qui pousse les opérateurs locaux à diversifier leurs produits afin de se différencier les uns des autres. Des efforts sont fournis dans le marketing et le packaging. De nouveaux conditionnements sont apparus pour faciliter l’usage aux consommateurs. C’est le format familial de 5 litres qui a fortement contribué à la dynamique de ce marché. Les opérateurs ont également diversifié les arômes. Les eaux minérales aromatisées ont fait leur apparition en 2005 avec des arômes artificielles, du sucre ou de l’aspartame. C’est Sidi Ali qui a ouvert le bal. Aujourd’hui, il est difficile de quantifier le succès de ces produits qui demeurent vraisemblablement une petite niche. 
    ■ Source naturelle: Par eau de source naturelle, l’on entend boisson dont les propriétés médicinales ne sont pas encore reconnues. Elle est définie par une émergence naturelle ou forée, ainsi que sa composition chimique constante et l’absence de traitement sauf ceux autorisés par la législation. Contrairement à l’eau minérale, qui est tenue à une stabilité en sels minéraux et oligo-éléments, l’eau de source ne subit pas de contrainte. C’est ce qui explique son prix moins cher puisque la teneur en minéraux et oligo-éléments est variable et non garantie. Au Maroc, c’est le cas des eaux Aïn Soltane, Aïn Atlas, Chaouen.
    ■ De table: Elle a pour origine un gisement souterrain. Elle doit être pure microbiologiquement avec une minéralisation constante et apte à la consommation par des traitements autorisés. C’est notamment le cas de Bahia, Ciel, Bonaqua, Aquarius, Mazine…
    Gazeuse…
    Toutes les catégories d’eau peuvent être commercialisées éventuellement sous la forme dite «gazeuse». Lorsqu’elle est naturellement gazeuse, l’eau a la même teneur en gaz en bouteille qu’à la source.  Elle peut bénéficier d’un rajout de gaz provenant de la source comme elle peut être renforcée avec du gaz autre que celui de la source. En clair, par adjonction de gaz carbonique. 
    Ilham BOUMNADE

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