• Les projets de coopération technique de l’AIEA

    Surveiller et protéger les océans La pollution marine est une grave menace pour la faune et la flore marines. Les pesticides, produits chimiques toxiques et métaux lourds peuvent induire des mutations, maladies et changements comportementaux, entrer dans la chaîne alimentaire marine et à terme, finir dans nos assiettes. Le commerce de poisson et de produits de la mer tient à la capacité des pays à déterminer la qualité des denrées alimentaires. Les projets de coopération technique de l’AIEA aident les États Membres à établir, ou à améliorer, des laboratoires d’analyse pouvant mesurer la radioactivité dans l’environnement et les polluants présents dans les océans ou dans les produits alimentaires commercialisables.

     D’autres projets permettent de renforcer les capacités nationales pour ce qui est de l’étude de l’environnement marin en faisant appel aux techniques d’analyse nucléaire et aux radio-traceurs qui peuvent suivre le mouvement des métaux lourds et des polluants dans l’environnement marin. Grâce à ces techniques, les États Membres peuvent améliorer leur connaissance des océans et leur capacité à gérer et protéger les ressources marines. Les données sur les radionucléides, les isotopes et les éléments traces dans les océans peuvent aussi aider les scientifique  à mieux prévoir les changements climatiques et météorologiques et à élaborer des méthodes permettant de répondre aux grands problèmes posés par le changement climatique. Les radionucléides et isotopes naturels peuvent être utilisés pour analyser comment les océans peuvent résister aux effets du changement climatique. Détecter la prolifération d’algues toxiques La prolifération d’algues toxiques dans les océans, souvent appelée marée rouge, peut nuire gravement au commerce local et international. L’AIEA aide les États Membres à y faire face en détectant plus rapidement et précisément la présence de toxines dans le biote marin. Les programmes d’alerte précoce donnent aux pêcheurs et aux consommateurs des informations importantes à ce sujet. Gérer la qualité de l’air La contamination atmosphérique ne connaît pas de frontières. Le nombre croissant de véhicules sur les routes et les usines qui émettent des particules et d’autres polluants dans l’air, ainsi que les activités de production d’énergie s’appuyant sur la combustion fossile, détériorent la qualité de l’air de la plupart des grandes villes des pays en développement. Cette situation explique la hausse de l’incidence des maladies respiratoires et contribue à la pollution atmosphérique mondiale. L’AIEA aide les États Membres à lutter contre la pollution atmosphérique et à réduire les risques sanitaires pour le public en étudiant et recensant

    les principales sources de pollution. Les techniques faisant appel aux rayons X et autres techniques d’analyse nucléaire peuvent caractériser et mesurer les particules en suspension, aidant ainsi les décideurs à établir des règlements visant à améliorer la qualité de l’air et la santé humaine et appuyant les programmes nationaux de gestion de la qualité de l’air. Les techniques nucléaires peuvent aussi être utilisées pour le traitement des polluants en aval : l’épuration à sec par faisceaux d’électrons, par exemple, peut éliminer jusqu’à 95 % des polluants émis par les fumées d’usines et génère un sous-produit pouvant servir d’engrais agricole. En outre, l’AIEA aide aussi les États Membres à renforcer leurs capacités nationales à élaborer des plans énergétiques stratégiques et à défi nir un bouquet énergétique national adapté et applicable pouvant éventuellement inclure l’électronucléaire. Cette énergie peut s’avérer être la plus écologiquement rationnelle pour certains pays car elle limite les émissions de carbone autant que l’hydroélectricité. Améliorer la croissance végétale Les projets de coopération technique de l’AIEA utilisent les techniques nucléaires pour contribuer à la transformation et à l’optimisation des terres et des cultures à l’aide de pratiques agricoles durables améliorées. La sélection par mutation – qui consiste à utiliser les rayonnements pour induire des variations génétiques favorables – accroît le potentiel d’adaptation des plantes indigènes aux conditions locales en améliorant leur résistance à la salinité et à la sécheresse. L’utilisation d’humidimètres à neutrons contribue à une programmation optimale de l’irrigation. Les techniques isotopiques permettent aussi d’identifier des pratiques de gestion des sols, de l’eau et des cultures et des processus de fertilisation qui améliorent la fertilité et la qualité des sols pour des plantes plus riches en nutriments et plus productives. L’utilisation de cultures mieux adaptées, associée à l’application d’engrais à un moment et un endroit plus appropriés, peut améliorer la fertilité des sols et accroître la productivité des terres.

    L’application d’engrais à l’endroit optimal permet de limiter les déchets, de protéger l’environnement et d’économiser sur les coûts des engrais tout en augmentant la production végétale. On peut obtenir des engrais biologiques et des activateurs de croissance grâce au radio traitement de polymères naturels bon marché, disponibles localement, biodégradables et renouvelables.
    Surveiller les polluants agricoles Les isotopes sont également utilisés pour étudier la contamination des eaux souterraines par les polluants agricoles, essentiellement due à l’application d’engrais inorganiques et d’engrais animaux. Les polluants agricoles sont redistribués par les eaux de ruissellement et l’érosion et ont de graves répercussions sur la qualité des sols et des eaux sur place et hors site, menaçant ainsi les eaux souterraines, la qualité des eaux de surface, la santé humaine et animale, et l’environnement. Avec l’aide de l’AIEA, les États Membres peuvent utiliser les techniques nucléaires pour rassembler des informations sur les taux d’érosion des sols ainsi que sur la source et la répartition des polluants agricoles.

    Un grand nombre d’activités d’exploitation des ressources, de l’extraction à la préparation de minerais, peut contaminer les sols, les eaux de surface et les eaux souterraines. Les projets de coopération technique de l’AIEA renforcent la capacité des institutions et des autorités à permettre une gestion optimale des zones contaminées par l’extraction de ressources, notamment l’extraction d’uranium. Ils appuient la planification et l’évaluation des coûts des activités, la décontamination, le démantèlement, la télémanipulation, l’évaluation et la gestion des déchets radioactifs et la remédiation des sites, incluant leur réutilisation et réhabilitation.
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