• Eau et sources de montagne

    Eau et sources de montagne On qualifie souvent les montagnes de «châteaux d’eau» de la nature. En raison de leur masse et de leur forme, elles obligent les couches d’air à s’élever, les faisant se condenser en nuages, qui sont à l’origine des précipitations alimentant les cours d’eau. La Vallée du Rift, en Afrique de l’Est, s’étend du nord au sud sur une longueur de presque 4000 kilomètres et englobe le Kilimandjaro, qui culmine à près de 6000 mètres.

     La Guinée, avec le massif du Fouta Djallon et les Monts Nimba, compte pas moins de 1165 cours d’eau totalisant une longueur de 6500 kilomètres et répartis entre 23 bassins, dont 12 franchissent des frontières nationales. Du fait de leur rareté – comparativement à d’autres régions –, les zones de montagne et d’altitude du continent africain sont d’une grande importance pour l’alimentation des bassins versants. La déforestation et le sur-pâturage peuvent considérablement réduire la disponibilité de l’eau provenant des zones humides de montagne. Ces zones humides sont importantes pour le maintien des niveaux hydrostatiques et l’alimentation des nappes phréatiques, qui fournissent l’eau prélevée aux puits, fontaines et robinets, ou dans les rivières, pour répondre aux besoins quotidiens de base. Sur toute la planète, les niveaux hydrostatiques baissent rapidement, dans une mesure comprise entre un et trente mètres, parfois plus. En certains endroits et à certaines saisons, une baisse d’un mètre du niveau de la nappe phréatique peut déjà compromettre sérieusement l’accès de la population à une eau qualitativement et quantitativement suffisante.
    Eau et alimentation Plus de 2’600 espèces de poissons d’eau douce ont été recensées en Afrique, et le poisson constitue les 21 pour cent de l’apport en protéines animales sur le continent, qui occupe à cet égard la seconde place après l’Extrême-Orient. En 1994, les prises en eau douce en Afrique subsaharienne se sont élevées à 1,6 million de tonnes – 40 pour cent du volume total pêché dans la région. La majeure partie de l’eau dérivée pour l’utilisation humaine en Afrique est destinée à l’agriculture irriguée.
     Bien trop souvent, ces pratiques agricoles ont été mal planifiées et n’ont pas apporté les bénéfices qu’on en attendait pour les populations pauvres. Elles ont également réduit les vivres provenant de sources traditionnelles telles que les pêcheries fluviales, ainsi que les volumes alimentaires issus de modes traditionnels comme la mise en culture lorsque l’eau des crues se retire des plaines d’inondation. Vers le changement L’amélioration de l’accès à l’eau et des conditions sanitaires n’est qu’une partie de la solution.
     Les robinets et conduites sont simplement des mécanismes d’approvisionnement; l’eau ne peut être préservée en tant que ressource que par la préservation des zones humides, qui en sont la source, et des rivières et fleuves, qui la transportent. La mise en place d’une gestion efficace des ressources hydriques en Afrique implique la participation représentative de tous les acteurs et la prise en compte du cycle de l’eau, de la qualité de l’eau et de la biodiversité qui y est liée. Parmi les premières étapes à mettre en œuvre:
    • Instituer d’ici à 2010 des autorités multilatérales de gestion des bassins versants pour plus de 50 pour cent des 80 cours d’eau et lacs transfrontaliers d’Afrique;
    • Etablir des plans nationaux de saine gestion et d’utilisation raisonnée des zones humides, et placer sous protection 50 millions d’hectares de zones humides d’eau douce en vue de préserver les bases de subsistance des populations locales, d’ici à 2010.
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