• La qualité de l’eau potable en France Aspects sanitaires et réglementaires

    1. Les différents usages de l’eau
    Les principaux usages de l’eau qu’ils soient individuels, collectifs, industriels ou agricoles relèvent
    de trois catégories3 :
    - « les usages nobles » pour lesquels il est exigé une qualité alimentaire de l’eau : boisson,
    préparation d’aliments, soins corporels, le lavage du linge et de la vaisselle ;
    - « les usages spécifiques » pour lesquels une qualité minimale de l’eau peut être requise :
    la baignade, certains usages médicaux tels que la dialyse rénale, certains usages industriels
    (informatique,…) et agricole (aspersion, conchyliculture,...) ;
    - d’autres utilisations n’appartenant à aucune de ces catégories (lavage de voiries,
    production d’énergie hydraulique,…).
    En France, pour les usages sanitaires et domestiques, chaque habitant consomme en moyenne
    150 litres d’eau par jour. La répartition entre les multiples usages de l’eau de la distribution
    publique s’effectue comme suit :
    Figure


    2. L’eau dans l’organisme humain
    L'eau représente 60 % du poids d’un adulte et 75 % de celui d’un nourrisson. Chez l’adulte, l’eau
    constitue 75 % des muscles et des organes. L’élimination par la voie urinaire, la sudation et la
    respiration engendre des pertes hydriques de l’ordre de 2,5 litres par jour que l’organisme doit
    compenser par des apports extérieurs. Ainsi, l’ingestion d’eau quelle que soit sa forme (eau du
    robinet, eau conditionnée, café, …) doit être au minimum de 1,5 litres par jour. L’eau contenue
    dans les aliments apporte à l’organisme environ 1 litre par jour.

    L'eau constitue en outre une source d'apport en sels minéraux et oligo-éléments indispensables
    au fonctionnement de l'organisme : calcium, magnésium, chlorures,...

    3. Y a-t-il des risques sanitaires liés à la consommation de l’eau du robinet ?
    Jusqu'à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle, de graves épidémies de choléra et de fièvre
    typhoïde liées à la contamination de l’eau consommée par la population sont survenues en Europe
    occidentale. Elles sont toujours d’actualité dans certains pays en voie de développement mais ont
    aujourd’hui disparu en France.

    Actuellement, les principaux risques sanitaires susceptibles d’être engendrés par l’ingestion d’eau
    du robinet sont de deux types :

    1) le risque microbiologique : la contamination des eaux par des microorganismes pathogènes
    (bactéries, virus, parasites) est susceptible de provoquer des cas isolés de gastro-entérites voire
    une situation épidémique. La contamination microbiologique fait l’objet d’un suivi renforcé par les
    autorités sanitaires et les responsables de la distribution d’eau, dans la mesure où les effets
    néfastes sur la santé peuvent apparaître à court terme (quelques heures à quelques jours) et
    concerner un nombre important de personnes.

    Les épidémies d’origine hydrique rapportées en France sont très rares : en moyenne une seule
    situation épidémique annuelle est rapportée en France au cours des dernières années. Les deux
    dernières épidémies d’origine hydrique importantes ont été recensées dans l’Ain en 2003 (800 cas
    de gastro-entérites) et en Saône-et-Loire en 2001 (400 cas de gastro-entérites).

    Toutefois, le système de recueil des données sanitaires lié à la contamination microbiologique
    devrait être amélioré au cours des prochaines années. L’Institut de Veille Sanitaire (InVS) étudie
    les modalités permettant de détecter plus rapidement la survenue d’épisodes épidémiques et
    d’évaluer le nombre de cas de gastro-entérites attribuables à l’eau du robinet.

    Les limites de qualité microbiologique de l’eau du robinet sont strictes et leur respect doit
    permettre d’assurer la sécurité sanitaire de l’eau distribuée. La stratégie de contrôle repose sur
    la recherche de bactéries dites « germes témoins de contamination fécale », faciles à détecter,
    non directement pathogènes, mais dont la présence laisse supposer l’existence de germes
    pathogènes pour l’homme .

    2) le risque chimique à moyen ou long terme lié à la présence de substances indésirables ou
    toxiques. Il est difficile d’évaluer de manière précise les pathologies réellement attribuables à l’eau
    d’alimentation dans la mesure où la part d’exposition liée à l’eau d’alimentation est souvent limitée
    et estimée à 10% des apports totaux pour de nombreuses substances chimiques.
    Cependant, les effets sur la santé sont connus pour de nombreuses substances chimiques
    susceptibles d’être présentes dans les eaux : le saturnisme est engendré par le plomb à fortes
    doses, l’ingestion d’arsenic peut entraîner la survenue de cancer de la peau, la
    méthémoglobinémie peut être provoquée par l’ingestion de fortes quantités de nitrates, un excès
    de fluor dans l’eau peut conduire à une fluorose dentaire voire une fluorose osseuse, etc.
    Les directives sur l’eau de boisson de l’OMS4 précisent les effets sanitaires liés à l’ingestion d’eau
    contenant certaines substances en excès (près d’une centaine de substances ont été étudiées).
    Toutefois, les effets sur la santé liés à l’ingestion de faibles doses pendant de longues périodes.

    4 disponible sur le site Internet de l’OMS : http://www.who.int/water_sanitation_health/dwq/gdwq3/en/
    Direction générale de la Santé – 7 septembre 2005 6
    ne sont pas parfaitement établis à ce jour pour l’ensemble des substances chimiques.
    L’InVS réalise actuellement une étude épidémiologique dans la région Auvergne afin de
    déterminer l’impact sanitaire dû à la consommation d’eau contenant des concentrations
    importantes en arsenic.

    Les exigences de qualité fixées pour l’eau du robinet sont fixées par une directive européenne
    transposée dans le code de la santé publique (cf. fiche 7). Elles se fondent sur les valeurs guides
    proposées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dernière définit une valeur guide
    comme « étant une estimation de la concentration d’une substance dans l’eau de boisson
    qui ne présente aucun risque pour la santé d’une personne qui consommerait cette eau
    pendant toute sa vie. ».

    En cas de dépassement des exigences de qualité, les autorités sanitaires évaluent les risques
    sanitaires et, si nécessaire, peuvent recommander à la population de ne plus consommer l’eau
    du réseau public pour les usages alimentaires (cf. partie III du présent document relative à la
    gestion des non-conformités).
    Les risques sanitaires engendrés par des microorganismes pathogènes ou des substances
    chimiques ne sont pas spécifiques aux eaux du robinet mais peuvent également concerner les
    eaux conditionnées. C’est pourquoi des exigences de qualité sont également fixées pour les eaux
    conditionnées (eau minérale, eau de source).

    4. Les dangers dits « émergents »
    Certains microorganismes (norovirus, Escherichia coli O157 : H7,…) et certaines substances
    chimiques (perturbateurs endocriniens,…) retiennent l’attention des experts et des acteurs du
    domaine de l’eau.
    Le ministère chargé de la santé est vigilant aux problématiques sanitaires que pourraient
    éventuellement poser ces paramètres dits émergents. Les agences nationales d’expertise
    [l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), l’InVS et l’Agence française de
    sécurité sanitaire environnementale (Afsse) ] étudient à la demande du ministère chargé de la
    santé les risques sanitaires émergents tels que ceux liés à la présence de toxines de
    cyanobactéries ou la recherche de virus dans les eaux.
    5. Quelques recommandations de consommation
    Le goût de chlore fait parfois que l’eau du robinet est injustement qualifiée comme étant de
    mauvaise qualité, notamment en raison de son goût. Toutefois, quelques règles de consommation
    très simples à mettre en oeuvre permettent de l’améliorer.

    Pour éliminer l’éventuel goût de chlore de l’eau, il convient de laisser l’eau quelques heures au
    réfrigérateur dans un récipient propre et fermé (bouteille, carafe).
    Avant de remplir ce récipient et lorsque l’eau a stagné longtemps dans les canalisations (par
    exemple le matin au réveil ou après une journée de travail), il est recommandé de laisser couler
    l’eau quelques instants.

    Une vaisselle préalable, voire une douche si la salle d’eau est alimentée
    par la même colonne montante que la cuisine, permet d’éliminer l’eau ayant stagné dans les
    tuyaux sans la gaspiller.
    Cette pratique assure l’élimination de la plus grande partie des éléments métalliques dissous dans
    l’eau.
    Il est également déconseillé d’utiliser l’eau chaude du robinet pour la préparation des denrées
    alimentaires (café, thé, cuisson des légumes et des pâtes…) dans la mesure où une température
    élevée de l’eau favorise la migration des métaux constitutifs des canalisations dans l’eau.
    5 selon la longueur du réseau intérieur de quelques dizaines de secondes à une à deux minutes.


    PARTIE II : L’ORGANISATION DE LA PRODUCTION ET DE LA DISTRIBUTION D’EAU
    POTABLE EN FRANCE
    La desserte en eau potable des habitations a débuté à la fin du XIXème siècle dans les zones les
    plus urbanisées. L’adduction en eau potable de l’habitat dans les zones rurales dispersées s’est
    développée plus tardivement et a connu un essor important entre 1960 et 1970. Actuellement, la
    quasi-totalité de la population française6 est desservie par le réseau public d’eau potable.
    1. 30 000 captages

    L’eau potable qui arrive aux robinets des usagers est prélevée dans le milieu naturel (nappe d’eau
    souterraine, rivière, etc). Elle subit éventuellement un traitement dans une station de traitement
    d’eau potable avant d’être mise en distribution dans le réseau public.

    De nombreux petits captages d’eau souterraine
    6,5 milliards de mètres cubes (m3) d’eau sont prélevés annuellement dans le milieu naturel par
    près de 30 000 captages pour produire de l’eau potable.

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