• Le nucléaire et l’eau

    Les controverses qui entourent l’énergie nucléaire se concentrent généralement sur des questions telles que son coût, sa sûreté, l’impact sanitaire et environnemental des radiations, ou encore le rôle qu’elle pourrait être amenée à jouer, selon ses promoteurs, pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. On parle assez peu de ses impacts sur la ressource en eau. Pourtant la dépendance du nucléaire à une ressource en eau abondante est de nature à sérieusement mettre en doute sa résilience dans le contexte du dérèglement climatique.
    L’énergie nucléaire est volontiers présentée par ses promoteurs comme une énergie « décarbonée » indispensable pour faire face au défi du changement climatique. Bien entendu, une telle caractérisation fait l’impasse sur les autres problèmes environnementaux et politiques – considérables – que pose le nucléaire. Et, si l’on tient compte de toute la chaîne de production du nucléaire, depuis l’extraction et le transport de l’uranium jusqu’à la gestion des déchets, cette énergie est en fait elle aussi une source significative de gaz à effet de serre.
    La tentative de « verdissement » de l’image du nucléaire comme source d’énergie climato-compatible se heurte à un autre obstacle de taille : l’eau. Les centrales nucléaires utilisent des quantités massives d’eau pour refroidir leurs réacteurs. Et les effets directs et indirects du changement climatique risquent fort de réduire les ressources en eau disponibles pour cet usage et forcer les centrales à l’arrêt pour des durées plus ou moins longues. La « pollution thermique », c’est-à-dire les effets de la chaleur anormale de l’eau causée par les rejets des centrales après refroidissement, est un phénomène qui reste largement ignoré et peu étudié. Mais elle pourrait devenir de plus en plus socialement inacceptable si ses effets se font plus visibles.
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