• L’eau en Afrique

    Pénurie d’eau Quatorze pays d’Afrique pâtissent déjà d’une raréfaction de leurs ressources en eau, et on estime que 11 autres pays devraient connaître le même sort à l’horizon 2025, où près de 50 pour cent de la population africaine prévisible – 1,45 milliard de personnes – devra faire face à une situation de raréfaction, voire de pénurie d’eau. En Afrique subsaharienne, près de 51 pour cent de la population – soit 300 millions de gens – n’a pas accès à une eau de qualité et 41 pour cent ne bénéficie pas de conditions sanitaires décentes. Plus de 80 bassins fluviaux et lacustres du continent africain sont partagés entre deux ou plusieurs Etats, et de nombreux pays sont tributaires de l’eau apportée par des fleuves et rivières dont la source se situe hors des frontières nationales. Certains projets d’infrastructure à grande échelle destinés à l’exploitation des eaux, en particulier la construction de barrages, peuvent aggraver l’impact des inondations et des sécheresses, compromettant les bases de subsistance de la population et restreignant encore davantage son accès à l’eau. En Afrique du Sud, le Programme «Working for Water» et de nouvelles lois sur l’eau mettent en évidence des approches permettant de juguler la raréfaction de l’eau par une meilleure gestion des ressources naturelles. Grâce à ce programme, de nombreux Sud-Africains défavorisés ont pu trouver un emploi: ils éliminent les plantes buveuses exotiques qui envahissent certains cours d’eau et diminuent leur débit. Ces travaux vont permettre de fournir de l’eau à la population et à la nature sans que de nouveaux barrages soient nécessaires. Eau et conditions sanitaires Au cours de ces dix dernières années, l'approvisionnement en eau et les conditions sanitaires se sont dégradées de 2 pour cent en Afrique rurale, et elles sont restées à un niveau médiocre dans les zones urbaines. Les régions arides et semi-arides, tout particulièrement en Afrique soudano-sahélienne et en Afrique du Nord, sont les plus exposées au phénomène de raréfaction de l’eau. Le caractère limité des ressources hydriques, de même que la demande croissante d'eau pour la production agricole et industrielle, sont à l’origine d’une bonne partie des problèmes.

    Eau et santé Près de la moitié de la population africaine (778 millions de personnes en 1997) est touchée par l’une des six grandes maladies liées à l’eau. Le manque de préparation aux risques et de mesures préventives est un facteur aggravant: au Mozambique, un bon million de personnes ont été déplacées en raison des inondations de 1999/2000, qui ont fait un nombre indéterminé de victimes. Chaque jour, 650 personnes meurent de diarrhée en Afrique, principalement des enfants de moins de cinq ans. Plus de 10’000 personnes ont contracté le choléra en Afrique du Sud en 2001, lors de poussées épidémiques. Eau et vie sauvage Le fleuve Niger et les vastes plaines inondables qui le bordent abritent des espèces menacées telles que le lamantin d’Afrique de l’Ouest, l’hippopotame, le crocodile et la grue couronnée. Les eaux du Niger sont peuplées par 243 espèces de poissons de 36 familles différentes; 20 de ces espèces ne se rencontrent nulle part ailleurs dans le monde. Le lac Malawi, appelé lac Niassa au Mozambique et Nyasa en Tanzanie, recèle l’ichtyofaune d'eau douce la plus riche de toute la planète. On trouve en effet dans ses eaux 14 pour cent des espèces de poissons d’eau douce répertoriées dans le monde, dont 99 pour cent sont endémiques à ce lac. Le lac Malawi offre en outre un habitat à 188 espèces de mammifères, 140 espèces de reptiles et 90 espèces de batraciens. L’Afrique semble bénie des dieux pour ce qui est des ressources hydriques, qu’il s’agisse des grands fleuves – parmi lesquels le Congo, le Nil, le Zambèze et le Niger – ou du lac Victoria, le deuxième plus vaste au monde. Pourtant, l’Afrique est le deuxième continent le plus sec après l’Australie, et des millions d’Africains subissent des pénuries d’eau tout au long de l’année. Ces pénuries sont souvent dues à une répartition inégale de la ressource – bien des régions où l’eau est abondante sont peu peuplées – et à sa gestion déficiente. Le bassin du Congo, où 30 pour cent de l’eau du continent draine un territoire habité par seulement 10 pour cent de la population africaine, illustre bien cette disparité dans la disponibilité de l’eau.WWF/John Newby Des faits sur L’eau en Afrique Eaux Vivantes Préserver la source de la vie

     •L’Afrique compte à peu près 800 millions d’habitants (13% de la population mondiale) et représente environ 2% de la production économique mondiale.
     •Les 29% environ de la population du continent vit en Afrique de l’Ouest, 27% en Afrique de l’Est, 18% en Afrique du Nord, 17% en Afrique australe et 10% en Afrique centrale. L’Afrique du Nord est la région la plus urbanisée du continent, l’Afrique de l’Est la moins urbanisée.
    • Globalement, ce sont les secteurs agricole et minier qui occupent le plus grand nombre de personnes. A peu près les deux tiers environ de la population d’Afrique australe tire son revenu de l’agriculture.
    • De vastes régions désertiques ou de forêts denses sont presque inhabitées, tandis que la densité démographique est très élevée dans des pays comme le Nigeria ou des régions telles que la vallée du Nil et les Grands Lacs. Deux des plus grandes villes du monde – Le Caire et Lagos – se situent en Afrique.
    •Les estimations sur le nombre de langues parlées sur le continent africain varient entre 700 et 3’000. Les principales langues quant au nombre de locuteurs sont les suivantes: afrikaans, akan, amharique, arabe, anglais, français, foufouldé, haoussa, igbo, malgache, oromo, portugais, rwanda, shona, somali, sotho, swahili, xhosa, yorouba et zoulou.
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