• l'eau

    Dans les pays du pourtour méditerranéen, les ressources en eau sont limitées et inégalement réparties. Elles sont estimées, en année moyenne, à 1080 km3/an dont 118 km3, soit 11% du total, proviennent de pays non méditerranéens. Les pays de la rive Sud ne reçoivent que 10 % du total des précipitations. La population méditerranéenne « pauvre » en eau, c‟est-à-dire celle des pays dotés de moins de 1000 m3/hab./an de ressources renouvelables s‟élève actuellement à 180 millions d‟habitants et pourrait atteindre 250 millions d‟habitants en 2025. La population en situation de pénurie, c'est-à-dire disposant de moins de 500 m3/hab./an, pourrait passer dans le même temps de 60 à 80 millions d‟habitants.

    Les Objectifs du Millénaire pour le Développement en matière d‟accès à l‟eau potable et à l‟assainissement ne sont pas encore atteints puisque respectivement vingt millions et quarante sept millions de Méditerranéens n‟ont, aujourd‟hui, pas accès à ces services, notamment dans les pays au Sud et à l‟Est. Les demandes en eau ont doublé dans la deuxième moitié du XXème siècle pour atteindre 280 km3/an pour l‟ensemble des pays riverains. A l‟horizon 2025, la demande en eau pourrait encore s‟accroître de 50 km3. L‟essentiel de cette croissance serait le fait des pays du Sud et surtout de la rive Est de la Méditerranée, l‟agriculture restant le principal utilisateur de la ressource en eau. Les rendements d‟utilisation des eaux malgré quelques progrès encourageants, sont loin d‟être satisfaisants; pertes, fuites de transport et gaspillages sont estimés à environ 38 % de la demande totale en eau.

    Compte tenu de l'accroissement démographique, des changements climatiques, des mutations économiques et sociales, le risque de manque d'eau ne peut plus être écarté. La réalité présente est déjà très tendue et implique, de manière absolue, une gestion plus économe, plus durable et plus équitable de l'eau pour relever les trois défis majeurs auxquels sont désormais confrontés les pays méditerranéens : gérer durablement des ressources hydriques limitées, assurer l‟accès à l'eau potable et à l‟assainissement aux populations non encore desservies et habituer les usagers à des comportements économes en eau. Les marges de progrès sont, en effet, considérables puisqu‟une meilleure gestion de la demande permettrait d‟économiser un quart des demandes en eau. Le renforcement de la coopération régionale, dans le cadre de l‟Union pour la Méditerranée (UpM) et la future Stratégie pour l'eau en Méditerranée, contribueront sans doute à relever ces défis.
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