• Les principaux types de déchets

    en France :

    La loi définit un déchet comme « tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon ». Pour simplifier, on peut dire qu’un déchet est un objet ou un liquide que l’on jette parce que l’on n’en veut plus. Il est vrai que la notion de déchet diffère d’un groupe culturel à l’autre.
    Le XXème siècle a permis l’installation de la société de consommation, du marketing et du développement des produits jetables. Ceci a eu pour conséquence de doubler le poids des poubelles. Ainsi, la quantité de déchets produite par les différents acteurs (les ménages, les administrations, les entreprises et les écoles) représentent en 2005, 100 000 tonnes alors qu’il n’était que de 47 000 tonnes en 1997.
    En fonction de leur nature, les déchets peuvent être classés en deux grands groupes :
    • les déchets dangereux. Sont considérés comme déchets dangereux les déchets explosifs, inflammable, irritant, nocif, toxique, cancérigène, corrosif, infectieux, toxique pour la reproduction, mutagène. Ces déchets sont signalés par un astérisque dans la nomemclature des déchets figurant à l’annexe II du décret n° 2002-540 du 18 avril 2002.
    Parmi les déchets dangereux, on peut citer :
    • les déchets dangereux des ménages ou déchets ménagers spéciaux. Ce sont des déchets qui ne sont pas pris en compte par la collecte usuelle des ordures ménagères, afin de ne pas engendrer de risques pour les personnes ou pour l’environnement. Il s’agit par exemple des insecticides, produits de jardinage, piles, huiles de moteur usagées, acides.
    Nous retiendrons les chiffres figurant dans l'étude de faisabilité de la déchetterie de Rémire, chiffres proches de ceux retenus dans le schéma directeur de la C.C.O.G. :
    Huiles usagées0,4 kg/hab/an
    Batteries0,3 kg/hab/an
    Autres DMS dont piles et accumulateurs0,3 kg/hab/an
    Total1 kg/hab/an
    Soit un total de 180 t en 2003, 200 t en 2010 et 240 t en 2015 (source Projet de PDEDMA révisé 2005)
    • les déchets industriels spéciaux. Il s’agit des déchets qui sont fabriqués par les entreprises, les commerces, les artisans. Ils regroupent les déchets dangereux autres que les déchets dangereux et les déchets d’activités de soins et assimilés à des risques infectieux.
    On recense plusieurs catégories de Déchets Industriels Spéciaux (DIS) dont la liste est fixée par le décret n°97-517 du 15 mai 1997. Les DIS regroupent les résidus d’hydrocarbures, goudrons, boues, produits phytosanitaires, les déchets contenants des métaux lourds, les huiles usagers, les peintures, les solvants, les résidus d’épuration, les sables, les cendres, les piles, les batteries, les médicaments, les résidus des laboratoires photos (révélateurs et fixateurs photo), des coiffeurs, des garagistes (huile de vidange, liquides de frein, de refroidissement), des imprimeries.
    Les DIS présentent des risques pour la santé et ils doivent être collectés, transportés, traités, éliminés ou stockés selon des règles strictes. Ces règles de traitement sont principalement rappelées par le code de l’environnement et la loi du 13 juillet 1992 qui confie la responsabilité de l'élimination des déchets à celui qui les produit. C’est le principe du “pollueur - payeur”.
    En Guyane, la centrale thermique d’EDF de Dégrad des Cannes produit 100t/an de DIS essentiellement composé de résidus d’hydrocarbures. La fabrication de peinture produit chaque année environ 5,7 tonnes de boues de peintures et de solvants.
    • Les déchets non dangereux.
    Ce sont des déchets inertes, non dangereux et non toxiques. Il s’agit des papiers, les cartons, les déchets biodégradables, les déchets verts (déchets de jardins ou produits alimentaires) le bois, la ferraille, les verres. Les boues, les emballages et les graisses peuvent être considérées comme des déchets banals à condition qu’ils ne soient pas en contact avec des produits toxiques.
    Lorsqu’ils sont générés par les ménages, ils sont appelés déchets des ménages et lorsqu'ils le sont par les entreprises, ils sont appelés déchets industriels banals. Le traitement des déchets non dangereux peut être réalisé dans les mêmes installations que les ordures ménagères (recyclage, valorisation énergétique…).
    Les emballages (bouteilles, cartons, boîtes de conserve, sacs…) représentent aujourd’hui près du tiers du contenu (en volume) de notre poubelle et, le plastique représente plus d’un emballage ménager sur deux. Chaque ménage jette en moyenne 10 emballages par jour.
    Le centre du Larivot EDF produit 350t/an de DIB. La fabrication de meubles en produit environ 90 t/an.

    Les impacts d'un circuit de stockage.

    Sur la santé

    • Les décharges
    Les décharges brutes provoquent des nuisances pour le voisinage à causes des odeurs et de la dégradation du paysage. De plus, elles condamnent de grands espaces qui, même après fermeture du site et remblaiement, restent impropres à de nombreuses activités.
    Les décharges provoquent la prolifération d’espèces nuisibles (rongeurs, moustiques) qui sont vecteurs de maladies. Elles présentent surtout des risques pour la santé des hommes et pour l’environnement : déchets toxiques éparpillés, déchet qui conserve l’eau et qui peuvent contaminer les eaux superficielles et souterraines.
    Certains déchets en conservant l’eau de pluie constituent un terrain favorable au développement des moustiques. Ces menaces sont démultipliées lorsque ces décharges se trouvent aux bords de rivières, dans les zones inondables et surtout à proximité d’habitations.
    • Les incinérateurs
    Les anciens incinérateurs rejetaient de grandes quantités de dioxines dans l’environnement. Les impacts de ce polluant sur la santé de l’homme ne sont pas encore très bien connus. Toutefois, on sait que la dioxine s’accumule dans les graisses des animaux. Ce qui provoque une accumulation de cet élément dans la chaîne alimentaire. La demi-vie dans l’organisme est de l’ordre de sept ans. De plus, les incinérateurs produisent du méthane qui est un gaz à effet de serre et participe de ce fait, au changement climatique.
    En vertu du principe de précaution, la nouvelle législation sur les incinérateurs ne tolère qu’un rejet quasi nul de ce déchet, grâce au traitement des fumées.

    Sur l'environnement

    • Les décharges
    Les déchets mis en décharges continuent de se dégrader pendant de longues années et produisent ainsi des lixiviats, c’est à dire un jus lié notamment à la dégradation de la matière organique. En période de pluie, le lixiviat peut contaminer les eaux superficielles et lorsque les conditions d’imperméabilité des sols sont insuffisantes, celui peut polluer les nappes phréatiques.
    Lors des brûlages volontaires ou des incendies les émanations de fumées polluent l’air. Les décharges émettent également du méthane qui est un gaz à effet de serre. Ce gaz participe au réchauffement de la planète. Dans un périmètre proche d’une décharge, il existe toujours des emballages qui ont été transportés par le vent et qui polluent les écosystèmes aquatiques voisins.
    On peut noter que si les transferts par les zones humides permettent effectivement d’atténuer la pollution organique (effet de lagunage). Il ne s’agit que d’un pouvoir tampon pour les éléments trace métalliques : fixation dans les sédiments et les végétaux. En d’autres termes, ce n’est pas parce que la décharge pollue modérément aujourd’hui qu’elle n’engendrera pas de pollutions plus graves demain.
    • L'incinérateur
    L'incinérateur produit des fumées composées de dioxine dont le seuil est fixé par l’arrêté du 28 décembre 2005. Ces fumées sont transportées par le vent vers les écosystèmes aquatiques. La combustion des déchets rejette aussi du dioxyde de carbone qui participe au réchauffement de la Terre.
    Le brûlage volontaire réalisé dans les décharges pour diminuer la quantité de déchets ou les départs de feux dans les décharges produisent des fumées toxiques. Une tonne d’ordures ménagères brûlée à l’air libre produit autant de dioxine que 1 000 à 10 000 tonnes incinérées réglementairement.

    Sur l'économie

    • Le coût de la collecte des ordures
    Le coût du traitement est de 30,5 €/hab/an pour les communes de la Communauté de Communes de l’Ouest Guyanais (hors Saül) à 50,4 €/hab/an à Cayenne ou à 8,3 € à Saint-Georges.
    Plusieurs raisons contribuent à ces importantes variations : Le niveau de service et de niveau d’équipements. En effet, certaines communes collectes les ordures trois fois par semaine tandis que d’autre ont une collecte hebdomadaire. La taille de population. On constate que les communes les moins peuplées ont généralement les coûts les plus élevés. Cela tient au fait que les grosses communes peuvent réaliser des économies d’échelle grâce à l’importance de leur population. La superficie de communes. Les coûts de collecte seront élevés, si la commune possède un vaste territoire et est faiblement peuplée.
    Toutes les ordures produites ne sont pas collectées puisqu’une partie de la population n’est pas desservie par le service de ramassage des ordures. Ainsi, recycler ses déchets, réduire la production d’emballages permet de réaliser des économies d’énergie (électricité, pétrole), de matières premières et permet également aux communes de réaliser des économies.

    • Le coût du stockage
    Pour les décharges brutes, les coûts correspondent à des prestations d’interventions d’engins pour repousser les déchets. Les coûts se révèlent différents suivant les communes, ils varient de 16 euros en moyenne sur le territoire de la CCCL à 11 euros à Kourou par exemple. Le tonnage d’ordures ménagères diffère également d’une commune à l’autre. Ainsi, les communes de Mana ou de Saint-Georges produisent 310 kg/hab/an, à Cayenne, le ratio passe à 415 kg/hab/an.
  • You might also like