• Incursion d’une néophyte dans l’univers du zéro déchet

    Une semaine à jauger ma poubelle

    9 décembre 2017 |Isabelle ParéAdepte du zéro déchet depuis cinq ans, Mélissa de la Fontaine, fondatrice de l’entreprise Le Mini-vert, a graduellement éliminé les emballages de sa vie. Sa poubelle se limite à ce petit contenant en verre. Adepte du zéro déchet depuis cinq ans, Mélissa de la Fontaine, fondatrice de l’entreprise Le Mini-vert, a graduellement éliminé les emballages de sa vie. Sa poubelle se limite à ce petit contenant en verre. 
    Si éliminer totalement les déchets relève du défi, on peut réduire de façon spectaculaire ses ordures et le contenu de son bac de recyclage. Expérience d’une semaine dans l’univers « zéro déchet ».

    Utopie, rêve, folie ? Plonger ma propre tribu sept jours durant dans le monde du zéro déchet ? Le défi semblait colossal, à moins de convertir ma famille en ascète, de gonfler ma facture d’épicerie, sans compter la menace de rébellion que mes ados risquaient de soulever à l’annonce que leurs aliments chéris ne passeraient plus le pas de la porte.
     
    Résultat des courses ? Rome ne s’est pas construite en un jour, le zéro déchet non plus. Tout éliminer en une semaine relevait du mirage, à moins de mettre un cadenas sur notre garde-manger déjà rempli d’une myriade de produits empaquetés. Comme le compost fait déjà partie de notre quotidien, nous avons plutôt mis le cap sur la réduction, un objectif nettement plus réaliste, concentrant nos efforts sur le bac de recyclage. Car le bac, réceptacle de notre bonne conscience, n’élimine pas le problème. Celui de la production à la source de tonnes d’emballages fabriqués de matières souvent non renouvelable, notamment de pétrole.
     
    Avant de me lancer tête première dans l’aventure, j’ai parcouru blogues et articles, consulté ma collègue, Isabelle Sanchez, chez qui la poubelle se résume maintenant à un pot Mason oublié sur le comptoir. « Le but, c’est d’abord de réduire. Il faut aller vers ce qui est le plus simple et le plus valorisant pour chacun, m’a conseillé l’instigatrice de Mini-vert, Mélissa de la Fontaine. Zéro déchet, c’est devenu une formule, mais l’objectif, c’est de réduire graduellement ces déchets. »
     
    Notre score « pré-zéro déchet » : au moins deux poubelles de trois gallons de compost, deux sacs de cuisine de déchets et trois ou quatre bacs de cinq gallons de recyclage par semaine. Comment réduire tout ça ?
     
    Le plan de match a démarré en glissant dans mes sacs d’épicerie l’attirail essentiel pour éviter l’achat d’aliments emballés : petits et grands bocaux pour les produits secs, sacs de tissu ou de plastique réutilisables pour recueillir fruits et légumes, contenants de plastiques pour la viande et bouteilles pour les liquides.
     
    Étape no 2 : repérer sur une carte tous les commerces de vrac ou susceptibles de vendre leurs produits non emballés pour me tricoter un nouvel itinéraire de courses.
     
    Pour le néophyte du zéro déchet, la première virée peut être un brin éprouvante. Fouiller à tâtons dans son sac pour attraper le pot ou le sac approprié, aller à la pesée, marquer le code du produit, tout en jonglant avec ses contenants : plus compliqué que tout balancer en un éclair dans le sac de plastique.
     
    Se préparer aussi à gérer… l’imprévu. Comme commander un poulet chez un boucher inconnu sans avoir pensé à un contenant capable de loger le volatile zéro déchet. La boucherie étant le royaume de la barquette non recyclable, la bête a abouti coincée, ailes au vent, dans le plus grand de mes plats Tupperware. « Je vous le recouvre d’un film plastique ? » de dire le boucher, circonspect. « Non ! » La poulette a hérité d’un sac biodégradable comme couvre-chef. C’était mal parti pour le zéro poubelle.
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