• le crise de l'eau


    • Au Maroc, l’action du gouvernement

    Après le feuilleton d’Al-Hoceïma dans le Rif, les manifestations de la soif se sont succédé au Maroc. Depuis le début de l’été 2017 – là où le besoin d’eau se fait le plus ressentir – les régions du sud-ouest subissent de longues coupures d’eau, alors que celle-ci « n’est elle-même pas buvable », accuse Jamal Akchbabe, président de l’Association des amis de l’environnement de Zagora. Dans cette ville, les protestataires peinent d’abord à être pris au sérieux, malgré plusieurs rassemblements durant les mois de septembre et octobre, réprimés par les autorités. Mais les habitants de cette province du sud du Maroc ont finalement eu gain de cause, après que Rabat s’est préoccupé de la situation et a créé, fin septembre, une commission spéciale pour étudier les mesures d’urgence à prendre. 
    La pénurie de l’eau dans la région de Drâa-Tafilalet, aux portes du sud Marocain où se situe Zagora, est connue pour son climat aride et extrêmement chaud. Traditionnellement, la région connaissait une année sèche suivie de cinq années pluvieuses. Or depuis une vingtaine d’années, le climat alterne entre une année pluvieuse et une année sèche, selon les experts agricoles. Une perturbation climatique qui affecte grandement les réserves d’eau potable du royaume, dont 90% sont utilisées pour l’agriculture. Mais seulement 15% des terres sont irriguées, ce qui laisse les 75% restantes à la merci des précipitations, qui sont de plus en plus rares.
    C’est pourquoi, en collaboration avec la branche Marocaine de l’Association pour un Contrat Mondial de l’eau, le Comité ministériel de l’eau du gouvernement Othmani s’est réuni et a annoncé, le 27 novembre, la mise en place d’un programme 2018-2025 prévoyant la construction de 25 barrages, soit 5 par an pour la période 2017-2021, ainsi que de « dix petits barrages annuellement » et l’augmentation des capacités de stockage des barrages existants. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) développera également son projet dans les régions et villages qui n’étaient pas concernés par ses anciens programmes, ceci afin de réduire les disparités territoriales de distribution de l’eau. Enfin, l’ONEE prévoit de remplacer les systèmes d’irrigation traditionnels par des systèmes localisés modernes pour la distribution d’eau à 51 000 hectares supplémentaires par an. 

    L’Afrique du Nord compte parmi les zones les plus touchées par le stress hydrique, avec 1,1% des ressources en eau de la planète pour environ 1,25% de la population mondiale, qui a des besoins en eau croissants, tant sur les plans alimentaires qu’agricoles.
    • En Algérie, le gaz de schiste avant l’eau

    Le chiffre est inquiétant : début septembre, 16 wilayas algériennes sur 48 ont rapporté un déficit d’eau. À Annaba, dans l’est, une pénurie est signalée depuis la fin de l’été, due à la baisse considérable des volumes d’eau emmagasinés dans le barrage Cheffia, qui alimente la ville, à son plus bas niveau de remplissage, ce qui le rend inexploitable, selon le ministère algérien des Ressources en eau.
    Début août, les wilayas algériennes ont rejoint à leur tour les manifestations de la soif, notamment à Mila, Setif, Tizi Ouzou, Khenchla ou Tiaret. Les habitants ont investis les assemblées populaires communales – les conseils municipaux algériens – ainsi que les locaux de l’Algérienne des eaux, le principal opérateur du pays dans le domaine.
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