• LE SYSTÈME SOLAIRE REGORGE D'EAU

    Par Benoît Rey 

    Hormis sur Terre, l'eau liquide semble une rareté dans le système solaire. Or, il y en a plein ! Non sur les grosses planètes, mais sur leurs petits satellites. C'est là, sous la surface glacée, que de vastes océans ont été détectés. Europe, Encelade, Titan...

    On imaginait ces corps arides, glacés, constellés de cratères... aussi morts que notre Lune. Belle erreur. C'est la grande conclusion de quarante ans d'exploration robotisée du système solaire, depuis les sondes Voyager, à la fin des années 1970, jusqu'à la mission Cassini, qui vient de s'achever : nombre de satellites, de planètes naines, ces petits corps qui peuplent le système solaire externe, sont géologiquement vivants. Et parmi eux, cinq au moins abritent en leur sein d'obscurs abysses. Eh oui, la Terre a l'exclusivité de l'eau liquide en surface parmi ses semblables, les planètes, mais lorsque l'on creuse, elle est loin d'être une exception.
    « Personne ne soupçonnait l'existence de ces océans avant les années 1970, rappelle Christophe Sotin, du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa. Mais les premiers modèles d'évolution thermique ont montré que la glace a un effet d'isolant, et qu'on atteint très rapidement sa température de fusion en descendant sous la surface. » Sous la pression du sous-sol des petits astres et la chaleur apportée par leur noyau rocheux, la glace pourrait donc fondre et, in fine, former un océan global.

    Sous la pression, la glace pourrait fondre et former un océan

    Idée folle... confirmée par la mission Voyager dès 1979. Photographiant les lunes de Jupiter et de Saturne, les deux sondes dévoilent des paysages lissés par une activité géologique, bien loin des mornes cratères attendus. Les mesures précises de leur rayon et de leur masse permettent de remonter à leur densité. Elle est inférieure à celle des planètes telluriques, plus faible que celle de la roche : ces satellites seraient donc à moitié composés d'eau !
    Arrivent les années 1990 et la sonde Galileo : elle détecte, autour d'Europe et de Callisto, un champ magnétique induit par celui de Jupiter dans lequel elles orbitent. C'est donc qu'un liquide est présent en profondeur, dont la conductivité électrique est celle de l'eau salée. Un océan ! La preuve est faite....
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