• Monoxyde de carbone : 7 décès et près de 3.000 cas d’intoxication en 2016

    Chaque année, les intoxications au monoxyde de carbone se multiplient en hiver. Un pic est observé durant les mois de décembre et janvier. Parmi les appareils incriminés, les chauffe-eau à gaz figurent en première place. Viennent ensuite les chauffages à gaz et les dispositifs de chauffage traditionnels, à savoir le brasero «kanoun». Selon les derniers chiffres du Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM), 2.962  cas d’intoxication  par les gaz ont été notifiés en 2016. Les gaz incriminés sont le monoxyde de carbone dans 99,4% des cas (le gaz des bombes  lacrymogènes représentent 0,4 % des cas et le gaz butane 0,2%). L’intoxication au monoxyde de carbone a fait 7 morts en 2016. Le Centre estime que ces chiffres restent en dessous de la réalité dans la mesure où les décès qui se produisent à domicile échappent au système de déclaration du CAPM qui est basé sur les notifications des structures sanitaires. De 1991 à 2016, le CAPM a relevé  une augmentation constante des notifications.
    L’année 2016 a enregistré un taux d’augmentation de 4,7% par rapport à l’année 2015. Quant aux régions les plus touchées par ce type d’intoxication, la région de Fès-Meknès arrive en tête (43,9% des cas) suivie par les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (14,6%) et Marrakech-Safi (12,9%). La circonstance accidentelle prédominait dans 99,8% des cas. Notons également que ces intoxications sont survenues particulièrement en milieu urbain (89,2%) et surtout à domicile (99%). Les accidents résultent de la mauvaise évacuation des produits de combustion, de l’absence d’aération dans la pièce où est installé l’appareil ainsi que de la mauvaise utilisation des appareils de chauffage. Le principal danger réside dans le fait que le monoxyde de carbone ne se reconnaît ni par l’odeur ni par la couleur.
    Il s’agit d’un gaz asphyxiant indétectable : il est invisible, inodore et non irritant. L’intoxication au monoxyde de carbone se produit après l’inhalation de ce gaz, issu de la combustion des matières organiques dans des conditions d’apport insuffisant en oxygène, ce qui empêche l’oxydation complète en dioxyde de carbone. Ainsi, lorsqu’une personne respire du monoxyde de carbone, ce gaz entre dans son sang et y prend la place de l’oxygène. Son action peut être rapide: dans les cas les plus graves, il peut entraîner en quelques minutes le coma, voire le décès. Les personnes intoxiquées gardent parfois des séquelles à vie.
    Maux de tête, nausées, vomissements, sont les symptômes qui doivent alerter. Les effets d’une intoxication varient selon plusieurs paramètres, à savoir la quantité de monoxyde de carbone dans l’air, la durée de l’exposition de la personne au monoxyde de carbone, la sensibilité de la personne aux effets de ce gaz et l’état de santé de la personne. Ainsi, les femmes enceintes, les enfants ou les personnes souffrant de problèmes cardiaques sont plus sensibles et peuvent être intoxiquées plus rapidement que les autres.
    Chaque année, le CAPM mène une campagne nationale de sensibilisation en partenariat avec le ministère de l’éducation nationale. L’objectif étant de former les enseignants sur ces intoxications à travers une leçon type. Le Centre avait débuté cette initiative en 2008 dans la région de Meknès- Tafilalet. Depuis 2010, le Centre cible les professionnels de la santé. Ces derniers sont sensibilisés aux les démarches à suivre concernant la prise en charge des personnes victimes d’intoxication.
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