• Comment évalue-t-on la qualité de l'eau de mer ?


    La qualité des eaux de baignade n'est pas seulement un critère écologique. Une eau sale, c'est aussi une eau qui peut transmettre des bactéries. En dehors des risques de noyade ou d'hydrocution… Les eaux des rivières, mer et lacs sont en effet surveillées pour le risque bactériologique. L'eau peut être porteuse de maladies qui peuvent gâcher vos vacances.

    Ca chatouille les orteils, on hésite un peu frileux mais on finit toujours par piquer une tête… Et pourtant méfiez-vous de l'eau qui dort. Sous ses airs de clarté, la mer peut être contaminée.
    Concernant l'origine de cette pollution, nous en sommes les premiers responsables comme le confirme Benjamin Richard, ingénieur sanitaire de l'Agence régionale de santé de Bretagne : "Dans le département du Morbihan, nous sommes essentiellement sur des problématiques de contamination urbaine. Ces contaminations sont notamment véhiculées par les réseaux d'eau pluviale".
    Lors de fortes précipitations, les eaux de pluie ruissellent sur le sol, se déversent dans la mer et emportent avec elles de nombreux germes pathogènes. Il s'agit essentiellement de bactéries (salmonelles, vibrio…) mais aussi de virus (virus de l'hépatite A, norovirus…). Le risque sanitaire étant essentiellement la gastro-entérite selon le Dr Dominique Le Goff, médecin de santé publique de l'Agence régionale de santé de Bretagne. Toutefois des pathologies cutanées et des infections ORL (otiteconjonctivite…) ne sont pas à exclure.
    La propreté de l'eau est une obsession pour les techniciens sanitaires qui sillonnent les départements pour effectuer des prélèvements de contrôle. Les prélèvements sont ensuite analysés en laboratoire. Les échantillons sont préparés pour être mis en culture. "L'analyse consiste à rechercher deux types de bactéries : Escherichia coli et entérocoques intestinaux, qui sont des indicateurs de contamination fécale" explique Guenhaëlle Le Jeune, ingénieur, "et en leur présence, il peut y avoir un risque sanitaire". Ces germes sont le plus souvent inoffensifs mais ils font figure d'indicateur. Des sentinelles qui annoncent la présence d'autres bactéries plus dangereuses.
    48 heures après leur mise en culture, les bactéries ont pu se développer. Mais impossible de les voir à l'œil nu. Il faut pour cela une lampe à UV qui révèle leur présence. Selon les résultats, l'Agence régionale de santé peut alors demander la fermeture ponctuelle de la plage. Mais 48 heures, c'est long et souvent trop long pour être encore efficace. Certaines communes ont donc décidé d'agir en amont en remontant à la source avec l'écoulement des eaux de pluie. Et la solution est venue des plantes phytosanitaires avec la création de bassins d'épuration. Grâce à ces aménagements, les fermetures de plages sont plus rares. Et les vacanciers peuvent se jeter à l'eau en toute tranquillité.
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