• L’Année internationale de l’eau douce est l’occasion unique de dresser un bilan de la situation et de changer nos habitudes

    L’accroissement de la demande en eau consécutive à la croissance démographique et à l’expansion des zones industrielles, agricoles et urbaines a réduit à néant des ressources limitées. Notre pays compte très peu de terres arables. C’est pourquoi nous devons aujourd’hui faire face à de graves problèmes en matière d’approvisionnement en eau, à tel point que notre développement futur est peut-être en jeu. Certes, nous avons fait pousser des fleurs dans le désert, et puisé dans les nappes phréatiques pour irriguer des champs afin de produire du blé, de l’orge, des tomates, des melons, des dattes, des agrumes, voire pratiquer l’élevage des ovins et l’aviculture. Mais à quel prix ? Certaines de nos pratiques d’irrigation gaspillent l’eau, nos systèmes de drainage sont souvent inadéquats, ce qui aggrave la salinité des sols, et le pompage non planifié et non réglementé des eaux souterraines a entraîné une diminution notable des nappes phréatiques, voire l’assèchement de certaines sources.

    Des ressources limitées
    Dans son rapport sur la mise en valeur des ressources en eau mondiales, Water for People – Water for Life (De l’eau pour les hommes, de l’eau pour la vie), publié en mars 2003, le Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau des Nations Unies a attiré l’attention sur ces questions, notamment sur les arbitrages nécessaires lorsque des utilisateurs nombreux se disputent des ressources très limitées. Il stigmatise « l’inertie qui règne dans les sphères dirigeantes » et nous met en garde : si nous n’agissons pas maintenant, la crise mondiale de l’eau atteindra un niveau sans précédent dans les années à venir et l’on assistera à une « aggravation de la pénurie d’eau per capita dans de nombreuses régions du monde en développement ».
    Le rapport est en soi une preuve d’engagement et de volonté politique : pour la première fois, les 23 institutions et commissions des Nations Unies spécialisées dans les ressources en eau ont collaboré pour suivre les progrès accomplis dans des domaines tels que la santé, l’alimentation, les écosystèmes, l’industrie, l’énergie et la gestion des risques. Il est approprié que ce rapport soit destiné en priorité aux responsables politiques nationaux et autres décideurs en position d’exercer une influence.
    Dans le cadre de cet effort collectif, chaque organisme a ses propres domaines de spécialisation et de compétence. Cette diversité est la plus grande force des Nations Unies. Dans le domaine de l’eau douce, le PNUE, par exemple, s’attache à préserver la qualité de l’eau par l’entremise du Système mondial de surveillance continue de l’environnement, initiative mise sur pied en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la contribution de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et de l’UNESCO. Il se consacre aussi à la diversité biologique, au changement climatique, à la dégradation des sols, au débit hydrique et à l’interaction entre environnement et développement.

    L’éducation, la formation et les partenariats créatifs constituent des éléments centraux des efforts visant à bâtir un avenir meilleur
    L’UNESCO a pour mission de promouvoir la paix, le développement et la sécurité dans ses divers domaines de compétence. Ses activités relatives à l’eau s’inscrivent dans une longue tradition d’investigation scientifique du cycle hydrologique, mais à des fins concrètes. En créant le Programme hydrologique international (PHI) en 1975, l’UNESCO a fait œuvre de pionnier : l’objectif était de faire en sorte que l’évaluation des ressources en eau mondiales et les principes éthiques et socio-économiques qui sous-tendraient les pratiques de gestion et de développement de ces ressources reposent sur une base scientifique. Aujourd’hui, l’éducation, la formation et les partenariats créatifs constituent des éléments centraux des efforts visant à bâtir un avenir meilleur et plus sûr pour le monde.
    En septembre 2000, les dirigeants de la planète se sont engagés à réduire de moitié, à moyen terme, la proportion d’individus dépourvus d’accès à l’eau salubre pour des raisons géographiques ou financières. Puis, lors du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en 2002, un objectif similaire a été fixé : réduire de moitié,  à 2015, la proportion de ceux qui n’ont pas accès à des installations sanitaires adéquates.
    Ces objectifs ne pourront être atteints que si chacun d’entre nous, et pas seulement les gouvernements, apporte sa pierre à l’édifice. Nous qui puisons parfois plus que de raison dans les ressources en eau, nous pouvons faire un effort, chaque jour, pour modifier notre comportement. Chaque communauté, chaque région du monde, peut y contribuer. L’Année internationale de l’eau douce est l’occasion unique de dresser un bilan de la situation et de changer nos habitudes.



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