• une crise d’eau en Algérie

    Un grand nombre de régions ont fait face à cet épineux problème depuis la fin du mois de Ramadhan et s’est accentué plus particulièrement ces derniers jours. En dépit des mesures prises par les entreprises chargées de ce secteur, des coupures d’eau ont été enregistrées dans des dizaines de localités. D’aucuns s’interrogent déjà si l’Algérie est-elle confrontée à une crise d’eau. En tous cas, les nombreuses coupures d’eau laissent penser que la crise s’est déjà installée.

    Dans la wilaya de Médéa, plusieurs communes font face depuis quelques mois, à une grave pénurie d’eau qui risque de perdurer encore en l’absence de solutions à ce problème. Des milliers de foyers des communes de Médéa, Ouzera, Hannacha, Harbil et Draa-Smar, ont été contraints, dès le début de l’été, à chercher d’autres sources d’approvisionnement en eau, en raison des fortes perturbations enregistrées dans l’alimentation de ces foyers. Alimentés auparavant, une fois tous les deux jours, ces foyers n’ont droit, après l’apparition de cette crise d’eau, qu’à trois ou quatre heures, chaque quatre ou cinq jours, voire plus dans certains quartiers dont l’eau du robinet ne coule qu’une fois tous les dix jours, selon les témoignages recueillis par l’APS auprès des résidents des quartiers Bati-Ktiten et
    Chlaâlaâ commune de Médéa. Beaucoup de foyers ont ressorti les jerricans et bidons qu’ils pensaient s’en être débarrassés à jamais, alors que d’autres se sont dotés de citernes pour stocker les quantités d’eau suffisantes pour couvrir les besoins de la famille durant les jours de pénurie. La quête de l’eau pour les résidents du chef-lieu de wilaya, qui compte une population de plus de 140 mille habitants, s’est transformée en véritable calvaire, d’autant plus que la consommation d’eau pendant l’été est plus importante que durant le reste de l’année. Si certains foyers ont pu éviter d’être fortement pénalisés, grâce à la présence toutes proches de fontaines publiques, d’autres devaient soit attendre le passage des camions-citernes mobilisés par l’Algérienne des Eaux (ADE), soit recourir aux livreurs d’eau, dont le nombre a considérablement augmenté à la faveur de cette crise. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, la situation est encore plus compliquée. En effet, la disponibilité, la distribution et la qualité de l’eau sont devenues la préoccupation majeure tant de la population que des autorités locales, depuis le début de l’été. Une rareté du précieux liquide et des perturbations dans la distribution étaient prévisibles dès la fin de l’hiver, marqué par une faible pluviométrie qui s’est répercutée directement sur le taux de remplissage du barrage de Taksebt, principale source hydrique dans la wilaya de Tizi-Ouzou.
    Depuis quelques jours, les soucis des consommateurs de l’eau du barrage qui se limitaient auparavant au rationnement et aux quantités distribuées, se sont élargis pour toucher à la qualité de ce produit indispensable pour la vie.

    Dans la wilaya d’Annaba, la rareté d’eau a irrité les citoyens. Pour faire face à la pénurie d’eau potable liée à une baisse du niveau d’eau des deux barrages d’Echaffia et Meksa, un programme d’investissement d’urgence a été adopté à court terme. Ce programme porte sur la requalification de 32 forages du champ de Boutheldja (wilaya d’El Tarf) pour la mobilisation, à court terme, de 35.000 m3/jour d’eau potable et le doublement sur 22 km de la canalisation Meksa-Lehnichet pour éliminer le problème des fuites qui dilapident 60% du volume d’eau destinée à l’alimentation de la population, a précisé le chef de l’exécutif local dans une déclaration de presse. Le programme porte également sur la réhabilitation des deux stations de pompage de Meksa et Chaïba, le fonçage de nouveaux forages à travers la wilaya, la résolution d’urgence du problème des fuites et la mobilisation de citernes pour renforcer l’alimentation en AEP des habitants des (zones) «points noirs», a ajouté M. Salamani, affirmant que la première priorité dans la wilaya, est désormais l’approvisionnement de la population en cette ressource vitale. «Cette phase critique exige, pour être surmontée, la conjugaison des efforts de tous et un haut sens de responsabilité de la part des responsables, des élus, de la société civile et des citoyens» a-t-il soutenu.
    En plus de ces wilayas citées, quasiment toutes les autres connaissent le même problème, même si à ce moment il n’est pas de la même intensité et les coupures ne sont pas aussi longues. Mais quoi qu’il en soit, le problème est bien réel dans la totalité des villes et villages du pays. D’où les inquiétudes exprimées un peu partout ces derniers temps.
    Alger: Samir Hamiche
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