• L’eau, fluide vital

    L’eau, fluide vital

    La Terre est la planète de l’eau mais cette eau est en grande majorité
    salée (97,2 % du volume total). Parmi les 2,8 % restants d’eau douce,
    les glaces et les neiges permanentes représentent 2,1 % et l’eau douce
    disponible seulement 0,7 %.
    L’ eau est avant tout un milieu de vie pour divers organismes végétaux
    et animaux. Les besoins de ces écosystèmes vont porter sur la qualité de
    l’eau, sur la régularité de sa présence et sur la diversité de ses courants,
    de sa quantité, de ses substrats.
    Mais l’eau est également le principal constituant de toute matière vivante.
    C’est pondéralement le constituant le plus important des animaux et des
    végétaux, où s’effectue la quasi-totalité des processus biologiques.
    L’ eau est enfin indispensable au développement des sociétés : santé,
    nourriture, ou activités humaines. Cette ressource, inégalement répartie
    sur la planète, limitée en quantité et de qualité vulnérable, est un bien
    précieux qu’il est indispensable de gérer et de protéger, pour préserver
    la vie.

    Les enjeux de l’eau à l’échelle mondiale

    « En 2013, sur les 7 milliards de Terriens, entre 2 et 4 milliards
    n’ont pas un accès satisfaisant à l’eau potable. 90 % de l’eau utilisée
    sert à nourrir les populations. Dans les 25 prochaines années, l’essor
    démographique et la hausse des niveaux de vie que va connaître
    notre planète s’accompagneront nécessairement d’une explosion de
    l’utilisation de l’eau alors qu’il faudra également préserver les milieux
    naturels. » (Centre d’Information sur l’Eau, 2013d)
    Les ressources en eau sont inégales dans le monde. Elles sont fonction
    de plusieurs facteurs, notamment du climat, et donc du niveau de
    précipitations de chaque pays qui peut fluctuer de moins de 10 000 m³
    à 10 000 000 m³ par km² par an.
    D’autre part, la richesse du pays renforce ces inégalités. 9 pays (Brésil,
    Russie, Indonésie, Chine, Canada, États-Unis, Colombie, Pérou et Inde) se
    partagent près de 60 % des ressources naturelles renouvelables d’eau
    douce du monde. On parle ici de milliers à des milliards de m3 par an ou
    km3 par an.
    À l’inverse, 1,1 milliard de personnes réparties dans 80 pays, n’ont pas
    accès à une eau salubre. Pour certains (Malte, Libye, Singapour, Jordanie
    …), l’ordre de grandeur se chiffre uniquement en millions de m3 par an.
    La répartition de la population et sa densité sont également à prendre en
    compte, le taux d’urbanisation jouant un rôle important.
    Les populations doivent ainsi s’adapter à la quantité
    d’eau dont elles disposent. Dans les pays les plus riches,
    les populations considèrent dans la grande majorité des
    cas que l’eau est inépuisable, il n’y a donc pas d’attention
    particulière portée à son utilisation. Cependant,
    progressivement, une prise de conscience globale semble
    se mettre en place pour réduire le gaspillage et préserver
    les ressources en eau.
    À contrario, les populations en manque d’eau se sont
    adaptées en adoptant un mode de vie qui tient compte
    d’un faible volume d’eau par an avec bien souvent un
    service discontinu où l’eau n’est disponible qu’à certaines
    heures ou coupée pendant plusieurs jours. Cependant, le
    manque d’eau salubre au quotidien et les contaminations
    microbiologiques font que l’eau reste l’une des premières
    causes de mortalité dans le monde d’après l’Organisation
    Mondiale de la Santé.
    Ces inégalités liées à l’eau engendrent de ce fait des
    conflits qui tendent à se multiplier dans le temps, et qui
    se retrouvent à plusieurs échelles Au niveau d’un bassin
    versant par exemple, des conflits d’usage apparaissent
    entre les catégories d’utilisateurs (agriculture, usage
    domestique, loisir …).
    Entre pays, des désaccords peuvent également apparaître
    notamment lorsque les ressources sont transfrontalières.
    L’Organisation des Nations Unies estime à plus de 300
    le nombre de rivières transfrontalières susceptibles de
    constituer un enjeu conflictuel dans un avenir proche.
    Ces conflits tendent à s’intensifier à mesure que les
    contraintes hydriques augmentent.
    L’Assemblée générale de l’ONU a adopté le 28 juillet
    2010 une résolution (n°64/292) dans laquelle elle
    déclare que le droit à une eau potable, salubre et propre
    est un « droit fondamental, essentiel au plein exercice du
    droit à la vie et de tous les droits de l’homme ».
    La résolution appelle les États et les organisations
    internationales à « fournir des ressources financières,
    à renforcer les capacités et à procéder à des transferts
    de technologies, grâce à l’aide et à la coopération
    internationales, en particulier en faveur des pays en
    développement ». L’objectif est d’accroître les efforts pour
    fournir « de l’eau potable, salubre, propre, accessible et
    abordable et l’assainissement pour tous ».

    Les constats de l’eau en Europe

    « En matière d’eau, nous vivons au-dessus de
    nos moyens. La solution à court terme à la rareté de
    l’eau a consisté à extraire des volumes toujours plus
    importants de nos nappes de surface et souterraines.
    Cette surexploitation ne peut plus durer. Elle a de fortes
    répercussions sur la qualité et la quantité de l’eau restante ainsi que sur les écosystèmes qui en dépendent. Il nous faut diminuer la demande, réduire les volumes
    d’eau que nous prélevons et augmenter l’efficacité de
    l’utilisation que nous en faisons » telle est l’une des
    conclusions du dernier rapport de l’Agence européenne
    pour l’environnement de 2009.
    Ce même rapport indique que l’Europe du sud subit
    toujours des problèmes de pénurie d’eau importants et
    que l’Europe du nord voit son stress hydrique augmenter
    dans certaines régions. En lien avec le changement
    climatique, ces tendances pourraient se confirmer, une
    sévérité et une fréquence accrues des sécheresses
    seraient alors observées.
    À l’échelle européenne, la politique communautaire
    pour la gestion et la préservation des eaux s’appuie
    sur la Directive Cadre sur l’Eau (D.C.E.) du 23 octobre
    2000 qui apporte des obligations et nouveautés
    importantes notamment un objectif essentiel et une
    obligation de résultats : atteindre un bon état des milieux
    aquatiques d’ici 2015.
    Le troisième rapport de la Commission sur la mise en
    oeuvre de la D.C.E. publié le 15 novembre 2012 indique que
    « Vingt-trois États membres ont adopté et communiqué
    l’ensemble de leurs plans. Quatre États membres, soit
    n’ont pas adopté de plans, soit ont adopté et communiqué
    certains plans. Au total, la Commission a reçu 124 plans de
    gestion de district hydrographique (sur un total de 174
    escomptés). 75 % d’entre eux portent sur les bassins
    hydrographiques transfrontières. » Dans le même temps,
    un plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau
    de l’Europe a été élaboré. Il s’agit d’une stratégie à long
    terme visant à assurer la disponibilité d’une eau de qualité
    en quantité suffisante pour répondre aux besoins des
    populations, de l’économie et de l’environnement.

    La situation de l’eau en France

    La France possède des ressources en eau douce
    suffisantes pour couvrir ses besoins, et est donc de ce
    point de vue un pays favorisé, même si ces ressources ne
    sont pas uniformément réparties sur le territoire national.
    Ces ressources sont néanmoins soumises à de fortes
    pressions anthropiques qui peuvent dégrader sa qualité
    et porter atteinte aux milieux aquatiques (assecs des
    cours d’eau entraînant des mortalités piscicoles).
    En effet, même si en France la pluviométrie annuelle
    est largement suffisante pour couvrir tous les besoins
    actuels, de nombreux bassins sont confrontés chaque été
    à un régime d’étiage sévère, l’activité économique étant
    fortement dépendante de l’eau.
    En France, certains fondements de la politique de
    l’eau peuvent remonter jusqu’au XVIème siècle mais
    l’organisation actuelle repose avant tout sur la loi de 1964 relative au régime et à la répartition des eaux et à la lutte contre leur pollution, qui a été complétée et modernisée.
    À l’heure actuelle, la gestion de l’eau en France est régie
    par la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) de
    2006 qui a permis de rénover l’ensemble de la politique de
    l’eau. De nombreuses directives sont également mises en
    oeuvre elles visent à satisfaire les exigences imposées par
    la Directive Cadre sur l’Eau transposée en droit français
    dans la loi du 21 avril 2004.
    La gestion de l’eau en France repose ainsi sur 6 grands
    principes : une gestion décentralisée au niveau des bassins
    versants, une approche intégrée, l’organisation de la
    concertation et la coordination des actions, la mobilisation
    de ressources financières spécifiques, une planification
    et une programmation pluriannuelles, une répartition
    claire des responsabilités pour la gestion des services
    municipaux de l’eau potable et de l’assainissement.

    Les problématiques régionales

    L’eau, avec le patrimoine naturel, sont des
    préoccupations environnementales fortes en Poitou-
    Charentes. En effet, les eaux en Poitou-Charentes sont
    soumises à des pressions anthropiques importantes, de
    nombreux usages pouvant perturber l’équilibre naturel
    sur un bassin versant.
    Entre terre et mer, la région Poitou-Charentes, de
    par sa situation et la diversité de son sol et de son sous-sol,
    possède sur son territoire une grande variété de
    ressources en eau : littorales, souterraines, superficielles,
    zones humides … Ces ressources sont relativement
    abondantes mais fortement sollicitées par les différents
    usagers, et pour l’irrigation agricole en particulier, à une
    période où elle est déjà, naturellement, à son niveau le
    plus bas. Les sollicitations excèdent, dans de nombreux
    secteurs, ce que le milieu peut fournir.
    En raison de la place importante qu’occupent les cultures
    irriguées en région, l’agriculture représente un enjeu
    important et entre en conflit d’usage avec la pêche, la
    conchyliculture, la baignade ou encore l’alimentation
    en eau potable. En zone littorale se pose également
    la question de la sécurité de l’approvisionnement en
    particulier lors des périodes touristiques.
    Si l’alimentation en eau potable des populations
    est généralement préservée, la survie des espèces
    dépendantes des milieux aquatiques est, elle,
    régulièrement mise en péril par la survenue d’assecs sur
    les cours d’eau de la région. Or, d’une part, lorsqu’un assec
    survient sur un cours d’eau, son impact dure plusieurs
    années, et d’autre part, certains secteurs de Poitou-
    Charentes ont connu des assecs récurrents au cours des
    dernières années.
    La disponibilité de l’eau nécessite des efforts collectifs
    basés sur une gestion durable des réserves en eau pour
    satisfaire des besoins importants, tenant compte d’une
    pluviométrie annuelle changeante. Les prélèvements
    doivent être adaptés en fonction de la disponibilité en
    eau plutôt que de la demande. Pour cela, l’amélioration
    des connaissances de l’état quantitatif de la ressource
    hydrique est primordiale.

    À côté des problèmes quantitatifs, se trouvent
    également des problèmes de qualité des eaux, qui, en
    Poitou-Charentes, sont jugées dégradées notamment de
    par la présence de nitrates et de pesticides. Cette qualité
    des eaux à l’état naturel a, en outre, des impacts sur
    l’eau potable distribuée qui nécessitera une surveillance
    plus importante si la qualité est mauvaise, ainsi que
    des traitements plus poussés pour la rendre potable, se
    répercutant sur la facture d’eau du consommateur.
    La préservation de la qualité des eaux constitue un
    enjeu primordial tant la dégradation physique, chimique
    et biologique de certaines nappes et rivières de Poitou-
    Charentes est préoccupante. Les polluants contenus
    dans ces ressources en eau affectent l’ensemble des
    milieux aquatiques ainsi que les espèces floristiques et
    faunistiques inféodées.
    Qualité et quantité sont liées notamment en période de
    basses eaux : les rivières dont les débits sont parfois
    proches du tarissement en été, voient leur qualité
    menacée, avec une concentration en polluants d’autant
    plus importante que le niveau d’eau est faible. Là aussi
    la question de la sécurisation de l’alimentation en eau
    potable peut alors se poser.
    Les caractéristiques hydromorphologiques des cours d’eau
    ne sont pas non plus à oublier pour pouvoir caractériser
    l’état écologique des cours d’eau.
    La qualité des eaux littorales est également une priorité.
    Moins connues que les eaux continentales, elles sont
    pourtant à l’interface de nombreux espaces et leur qualité
    est conditionnée par les eaux du continent ainsi que par la
    quantité d’eau douce arrivant des marais et des estuaires.
    La conchyliculture est fortement dépendante de cette
    qualité des eaux littorales. Enfin, avec l’augmentation
    de la population lors des périodes touristiques, le littoral
    peut subir des dégradations plus importantes.
    En région, la reconquête de la qualité des eaux passe
    par différents programmes d’actions visant à réduire de
    manière durable la quantité de polluants arrivant dans les
    eaux continentales et littorales.

    Le citoyen est au cœur de la gestion de l’eau. Son
    droit à l’information dans le domaine de l’environnement
    en général est reconnu dans différents textes de loi. Une
    véritable implication des citoyens dans les processus
    décisionnels en matière de gestion de la ressource en eau
    doit être mis en place sur les territoires. Cette participation
    du public peut se décliner selon différentes modalités.

    http://www.environnement-poitou-charentes.org
  • You might also like