• OMS : l'eau...

    Pas de santé, de survie, de croissance ni de développement sans eau potable, sans assainissement et
    sans hygiène; pourtant, pour une grande partie des plus démunis de la planète, ces biens de première
    nécessité restent un luxe. En effet, plus de 1,1 milliard de nos contemporains n’ont pas accès à de l’eau
    de boisson provenant d’une source améliorée, et ils sont 2,6 milliards à être privés d’assainissement
    de base. De fait, il est tellement évident que l’eau potable et l’assainissement de base sont essentiels
    pour la santé qu’on risque de les considérer comme allant de soi. Quant aux initiatives visant à réduire
    la mortalité imputable aux diarrhées, ou à atténuer l’incidence de maladies telles que l’ascaridiase, la
    dracunculose, l’ankylostomiase, la schistosomiase et le trachome, elles sont vouées à l’échec si les
    principaux intéressés n’ont pas accès à l’eau potable et à l’assainissement de base. C’est sans compter
    les effets indirects d’une telle carence: en effet, pour les millions d’enfants d’âge scolaire infestés par
    des parasites intestinaux à cause d’installations d’assainissement défectueuses et du manque d’hygiène,
    c’est la capacité même d’apprendre qui se trouve compromise.
    Les Objectifs du Millénaire pour le développement ont défini l’itinéraire commun que nous devons
    suivre pour combattre la pauvreté, l’inégalité, la faim et la maladie. La communauté mondiale s’est
    engagée à réduire de moitié le nombre de personnes n’ayant pas accès de façon durable à l’eau de
    boisson salubre et à l’assainissement de base. Dans le cadre de la décennie pour l’action «L’eau, source
    de vie», le présent rapport s’intéresse à la cible des OMD relative à l’eau potable et à l’assainissement
    et examine les deux problèmes majeurs à surmonter pour y parvenir: d’une part, la rapidité du rythme
    actuel d’urbanisation, qui nécessite un effort soutenu rien que pour parvenir à maintenir les taux de
    couverture actuels, d’autre part la dramatique situation des populations rurales encore privées d’accès
    à l’eau potable et à l’assainissement de base, situation qui nous impose de procéder à une mobilisation
    de ressources sans précédent afin de réduire l’écart considérable qui sépare les populations urbaines
    et rurales à cet égard.
    L’Afrique sub-saharienne reste la région où la situation demeure la plus préoccupante; en effet, entre
    1990 et 2004, le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable y a augmenté de 23%, celles
    privées d’assainissement de plus de 30%. Si l’on veut atteindre la cible relative à l’eau potable et à
    l’assainissement dans la région, il est indispensable que tous les acteurs concernés intensifient leur
    action de manière concertée.
    Nous appelons tous les pays à définir des objectifs atteignables, à élaborer des plans d’action réalistes
    et à prévoir les ressources financières et humaines nécessaires pour garantir à leur population un accès
    durable à l’eau potable et à l’assainissement de base, tout en tenant compte des besoins fondamentaux
    des plus vulnérables et des plus démunis. Cet effort doit être entrepris non seulement pour des raisons
    humanitaires, mais aussi parce qu’il est rentable, parce qu’il permet de réduire considérablement les
    coûts de la santé, et parce qu’il influe directement sur les trois facteurs qui constituent le fondement
    de la lutte contre la pauvreté: la santé, l’équité et la croissance économique.
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