• Qu'est-ce que la qualité de l'eau ? Comment l'apprécie-ton ? Qu'est-ce que l'on mesure ?


    La qualité de l’eau est déterminée pour l'eau brute dans le milieu naturel, et pour les eaux destinées à certains usages, à partir de relevés de concentrations en différentes substances physico-chimiques ou en éléments biologiques qui la composent, au regard de concentrations de référence (réglementation et normes en vigueur), établies en fonction des usages de destination (eau potable, baignade, enjeu environnemental,...).
    De nombreux contrôles de qualité interviennent ainsi sur chaque « type d'eau », à différentes étapes du cycle de l'eau, selon des réglementations et méthodologies propres, appliquées en fonction des enjeux sanitaires et/ou environnementaux. La réglementation, les normes, les traitements ou les actions mises en œuvre varient ainsi selon les usages et les enjeux associés. La qualité des eaux brutes dans le milieu naturel demeure déterminante, elle constitue le premier maillon conditionnant la vie des milieux aquatiques et la qualité de l'eau vis-à-vis des différents usages.
    Le principe général d'évaluation consiste à comparer les résultats des mesures effectuées, avec des valeurs seuil (ou normes) définies pour différents paramètres (ou groupe de paramètres) par la réglementation en vigueur. La qualité des eaux s'apprécie ainsi selon des critères d'évaluation spécifiques aux enjeux associés, et porte d'une manière générale, sur la composition physico-chimique, bactériologique, ou biologique des eaux.

    Evaluation de la qualité des eaux dans le milieu naturel (au titre de la D.C.E)

    Les stratégies de surveillance et d'évaluation de la qualité des eaux ont progressivement évolué, en lien avec la réglementation en vigueur.
    L’ancien Système d’Evaluation de la Qualité de l’Eau (SEQ-Eau) est ainsi progressivement remplacé par le Système d'Evaluation de l'Etat des Eaux (SEEE), en lien avec l’application de la D.C.E. Bien que les paramètres analysés restent sensiblement les mêmes (le SEEEs’inspirant largement du SEQ-Eau), les modalités de classement et de représentation de la qualité des eaux diffèrent d’un système à l’autre. La principale évolution du SEEE réside dans le fait que l’évaluation doit être réalisée au regard du seul fonctionnement biologique des systèmes aquatiques, et non plus par rapport aux différents usages (SEQ-Eau). L’état écologique intègre ainsi des paramètres biologiques et des paramètres physico-chimiques soutenant les paramètres biologiques, ainsi que des paramètres chimiques (polluants spécifiques).
    L'application des principes de la D.C.E a aussi entraîné une refonte des réseaux de mesure et des modalités d'évaluation. L'évaluation de l'état des eaux s'appuie sur les données du réseau de contrôle de surveillance (mis en place en 2007 suivant les spécifications de laD.C.E) et du réseau de contrôle opérationnel (mis en place en 2010 pour suivre spécifiquement les masses d'eau qui risquent de ne pas atteindre le bon état d'ici 2015). Elle s'appuie également sur des données de réseaux départementaux, des simulations ou des dires d'experts pour les masses d'eau sans données « milieu ».

    A l'échelle nationale, l'arrêté du 25 janvier 2010 (modifié par l'arrêté du 29/08/2015) établit les programmes de surveillance, et précise ainsi la méthode générale employée pour la détermination des sites, des paramètres, des fréquences et des méthodes de contrôle de l'état des eaux (au titre de la D.C.E). L'évaluation de l'état des eaux repose sur l'observation de nombreux éléments de qualité biologiques, physico-chimiques et hydro-morphologiques des eaux superficielles, ainsi que de paramètres quantitatifs et chimiques des eaux souterraines.
    ParamètresTexte de référence
    Eaux superficielles (cours d'eau, plans d'eau, eaux côtières et de transition)état chimique : 45 substances (pesticides, métaux, polluants industriels, etc.) à partir du 22/12/2015 ; 33 auparavantArrêté du 25 janvier 2010 relatif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface pris en application des articles R. 212-10, R. 212-11 et R. 212-18 du code de l’environnement (modifié notamment par l'arrêté du 27/07/2015)
    état écologique :
    éléments biologiques - composition et abondance de la faune et de la flore aquatique ;
    éléments hydromorphologiques ;
    éléments physico-chimique - température, bilan d’oxygène, salinité, acidification, nutriments…
    + eaux douces (lacs, cours d'eau)31 polluants spécifiques à partir du 22/12/2015 (9 auparavant)
    Eaux souterrainesétat chimique : nitrates, pesticides, métaux, polluants industriels, etc.
    état quantitatif
    Arrêté du 17 décembre 2008 établissant les critères d’évaluation et les modalités de détermination de l’état des eaux souterraines et des tendances significatives et durables de dégradation de l’état chimique des eaux souterraines
    Tableau 1 : les principaux paramètres analysés lors de l'évaluation de l'état des masses d'eau

    La qualité biologique (de l'état écologique) des masses d'eau superficielles est appréciée notamment à travers le calcul d'indices spécifiques sur les organismes aquatiques, établis selon des protocoles bien définis. Il s'agit par exemple de l'Indice Biologique Global Normalisé (IBGN, concernant les invertébrés), de l'Indice Biologique Diatomées (IBD), de l'Indice Poissons Rivière (IPR) pour les cours d'eau ; de l'Indice Phytoplanctonique LACustre (IPLAC) pour les plans d'eau ; de l’indice M-AMBI relatif aux invertébrés benthiques pour les eaux littorales, etc. De nombreux indices biologiques existent notamment pour les eaux littorales, certains restant encore à consolider.

    L'évaluation de l'état chimique des eaux superficielles porte sur une liste de substances prioritaires présentant un risque significatif pour l'environnement aquatique. Des Normes de Qualité Environnementales (NQE) à ne pas dépasser ont été définies au niveau européen par la directive 2008/105/CE du 16 décembre 2008 pour une quarantaine de substances. Cette liste de substances et les NQE associées sont actualisées tous les 4 ans. La dernière révision a été instaurée par la directive 2013/39/UE du 12 août 2013.

    Concernant l'évaluation de l'état chimique des eaux souterraines, la directive 2006/118/CE du 12 décembre 2006 (directive « fille » de la DCE) prescrit des normes de qualité au niveau européen pour deux polluants (nitrates et pesticides). Elle établit également une liste minimale d'autres paramètres à prendre en compte (arsenic, métaux, substances artificielles, conductivité, etc.), et pour lesquels les Etats membres doivent établir des valeurs seuils. Ces dispositions ont été transposées au niveau français par l'arrêté du 17 décembre 2008, complété par la circulaire du 23 octobre 2012 relative à son application.


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