• L'eau, l'hygiène et les remèdes


    L'eau rend malade, tue parfois, mais elle constitue l'un des premiers moyens de prévention et de guérison contre les maladies qu'elles véhiculent et bien d'autres encore. Que ce soit simplement les gestes de se laver les mains, de faire bouillir l'eau et les aliments... l'eau est là. Nombre de médecines ont besoin d'eau, que ce soit parce que leurs matières premières sont issues de plantes aquatiques, parce que le procédé de fabrication nécessite de grandes quantités d'eau, ou parce que le mode d'ingestion des remèdes se fait grâce à l'eau.
    A nous de découvrir toutes ces formes de l'eau qui nous soignent et nous gardent en bonne santé !

     L'eau base de l'hygiène

    C’est la déesse « Hygie » qui est à l’origine du terme d’"hygiène". Fille d’Esculape, dieu de la médecine chez les grecs, « Hygie » enseigne aux mortels les manières les plus saines de conduire leur vie. Comme le montre l’étymologie, l’hygiène et la prévention en matière de santé sont directement liées.
    Se laver régulièrement le corps et les mains avec une eau non souillée est un acte fondamental d’hygiène qui protège des maladies d’origines bactériennes et microbiennes et permet d’enrayer leur propagation. Cependant, notre rapport à l’eau et à l’hygiène du corps a beaucoup évolué avec l’Histoire. La fréquentation des thermes et la pratique des bains étaient très répandues dans l’Antiquité grecque et romaine. Au Moyen Age, on fréquente les « étuves ». En fait, c’est pendant la Renaissance que les bains et l’hygiène corporelle vont pratiquement disparaître. Plutôt que d’éliminer la saleté, on pratique alors « la toilette sèche », en enduisant le corps de parfums et de poudres pour camoufler les mauvaises odeurs. Il faudra attendre la deuxième moitié du 19ème siècle pour que, sous l’influence des médecins et des hygiénistes, les comportements changent et que l’hygiène corporelle associée à une eau de qualité redevienne une pratique de plus en plus répandue. En 1850, un français ne prenait en moyenne qu’un bain tous les deux ans.
    La révolution pasteurienne, avec la découverte des microbes et des germes dans la transmission des maladies infectieuses, ainsi que de l'influence de l’eau comme vecteur de propagation, aura joué sans nul doute un rôle fondamental dans le développement de l’hygiène publique. En effet, on comprend alors que pour prévenir certaines maladies, il faut traiter l’eau pour la rendre potable et permettre aux populations de pouvoir l’utiliser facilement, en développant les réseaux de distribution. En 1883, Jules Ferry supprime la leçon de catéchisme et instaure la leçon d’hygiène et chaque matin, l’instituteur effectue la « visite de propreté ».
    Mais ce n’est vraiment que dans la seconde moitié du 20ème siècle, avec le développement de l’eau courante et des installations sanitaires dans chaque habitation, que l’hygiène corporelle s’est imposée à tous comme une pratique quotidienne. Aujourd’hui, plus de 4 logements sur 5 disposent d’une douche ou d’une baignoire. Cependant, une étude récente de l’INPS (Institut National de Prévention et d’Education à la Santé) montre que moins de la moitié des français font une toilette complète chaque jour. Le lavage des mains avant le repas ou en sortant des toilettes demeure un geste encore trop souvent négligé. En effet, des études récentes ont confirmé le rôle d’une mauvaise hygiène dans la transmission de certaines maladies microbiennes ou virales.
    Enfin, il ne faut pas perdre de vue que dans le monde, plus d’une personne sur 5 ne dispose pas d’eau potable et ne peut donc pas respecter les règles les plus élémentaires d’hygiène. Avec des conséquences dramatiques, les maladies dues à une mauvaise qualité de l’eau entraînent en effet chaque année plus de morts que les guerres dans le monde.

    Les vertus thérapeutiques de l'eau

    Eaux de source et eaux minérales

    Ces eaux proviennent des nappes souterraines. Les eaux dites de source font l'objet d'une réglementation précise. Elles sont naturellement conformes aux normes de potabilité. Les seuls traitements que l'on peut leur appliquer visent à éliminer certains éléments instables, tels que le fer, les gaz et le manganèse, par filtration, aération ou décantation. Certaines eaux peuvent être également régazéifiées en dioxyde de carbone avant d'être embouteillées. Il existe une centaine de sources en France qui sont ainsi exploitées. Elles sont en général consommées dans les régions où elles sont produites, du fait des coûts de transport.
    Les eaux minérales bénéficient, quant à elle, de propriétés particulières. Riches en sels minéraux et en oligo-éléments, elles possèdent des vertus thérapeutiques dont les indications varient selon leur composition. En France, une eau minérale doit obligatoirement avoir reçu un agrément de l'Académie Nationale de Médecine, reconnaissant ses bienfaits pour la santé. La France, qui possède près de 1 200 sources et plus de 70 marques d'eaux minérales, est aujourd'hui le deuxième consommateur mondial après l'Italie, avec une moyenne de 141 litres par an et par habitant.
    Ce phénomène, qui s'est considérablement amplifié au cours des dernières années, résulte sans nul doute d'une certaine méfiance à l'égard de l'eau du robinet. Cependant, il n'est pas toujours sans risque. En effet, la consommation fréquente et continue d'une eau fortement minéralisée peut entraîner un apport trop important de certains sels minéraux. Ce qui peut à la longue, être préjudiciable à la santé. C'est pourquoi les médecins et les diététiciens conseillent vivement de ne pas toujours boire la même eau minérale. Enfin, rappelons que le prix d'un litre d'eau minérale est en moyenne 1000 fois plus élevé que celui d'un litre d'eau potable sortant du robinet.

    Le thermalisme

    Les bienfaits des eaux thermales sont connus depuis l'Antiquité. Bien que plusieurs fois millénaire, le thermalisme apparaît toujours comme une pratique médicale à la fois bienfaisante et efficace, qui apaise les douleurs et réduit la consommation de médicaments. Chaque année, près de 500 000 français suivent une cure en établissement thermal. Il existe en France 102 stations thermales, dont les sources font l'objet d'un arrêté ministériel d'exploitation et dont les établissements thermaux sont obligatoirement agréés et conventionnés par l'Assurance Maladie pour une ou plusieurs indications thérapeutiques.
    Le succès du thermalisme, qui se confirme d'année en année, semble bien correspondre aux exigences actuelles qui portent médecins et malades à privilégier des thérapies naturelles, sans médicament issu de la chimie industrielle et sans effets secondaires. Consommation d'eau thermale, bains en piscine, bains de boue, massages hydrothérapiques, le recours à ces diverses formes de soins permet ainsi de pallier les limites de la médecine traditionnelle, pour certaines maladies chroniques qui nécessitent parfois de longs et difficiles traitements.
    Les vertus du thermalisme sont aujourd'hui reconnues pour douze orientations thérapeutiques: affections des muqueuses bucco-linguales, affections psychosomatiques, dermatologie, gynécologie, maladies de l'appareil digestif et maladies métaboliques, maladies de l'appareil urinaire et maladies métaboliques, neurologie, phlébologie, rhumatologie et séquelles des traumatismes ostéo-articulaires, troubles de la croissance et voies respiratoires.
    D'autre part, les responsables des stations thermales s'attachent de plus en plus à démontrer les bienfaits d'une cure. Au cours des dernières années, des études scientifiques ont été menées pour prouver que le thermalisme contribue à réduire les douleurs et les symptômes de certaines maladies, telles que la lombalgie, l'eczéma, la dépression ou les affections ORL.
    Composition et propriétés des eaux minérales
    • Les eaux sulfurées
      Avec un taux élevé de soufre et une forte présence d’acide sulfhydrique, ces eaux sont plus particulièrement indiquées pour le traitement des infections chroniques qui atteignent les muqueuses. Elles sont utilisées contre les maladies respiratoires (rhinites, otites, asthme, bronchites).
    • Les eaux sulfatées
      Fortement chargées en soufre, ces eaux sont indiquées pour les affections du rein. Celles qui contiennent également du calcium et du magnésium interviennent dans le traitement des eczémas, des séquelles et cicatrices de brûlures.
    • Les eaux chlorurées
      Elles contiennent du chlorure de sodium et ont un effet stimulant sur la croissance. Elles sont également indiquées dans le traitement des troubles du développement.
    • Les eaux bicarbonatées
      Elles contiennent du bicarbonate. Les eaux bicarbonatées qui contiennent également du sodium sont particulièrement indiquées pour les troubles de la digestion (affections gastro-intestinales et hépato-biliaires). Celles qui contiennent également du calcium ont un effet anti-inflammatoire qui agit sur les maladies de la peau. Elle sont indiquées pour le traitement de l’acné et des brûlures.
    • Les eaux à minéralisation spéciale
      Elles peuvent être riches en cuivre, en fer ou en arsenic. Les eaux riches en cuivre sont indiquées en dermatologie. Celles contenant du fer sont utilisées pour le traitement de l’anémie et celles qui contiennent de l’arsenic interviennent dans le traitement des allergies

    L'eau cachée derrière les remèdes

    L'eau est au coeur de nombreux produits et gestes du quotidien, et bien entendu ceux liés à la santé. L'eau soit sous sa forme originelle, soit par sa présence nécessaire à la croissance de plantes à propriété médicinales concourrent à nous soigner ou nous prémunir.
    Derrière le thé à la citronelle que l'on utilise contre la fièvre et la grippe, il y a l'eau pour le thé. Pour traiter les symptômes du paludisme, les guyanais préparent une association de 27 plantes dont Quassia amara; ce mélange est utilisée sous forme de boisson chaude ou via un bain. Les feuilles frottées sur le corps ont la réputation d'être un répulsif contre les moustiques. la liane mangle commune dans les mangroves sert à soigner les piqures de raies venimeuses...
    Le mélange de réhydratation servant pour les malades souffrant de diarrhées contient également de l'eau dont son nom. Nos antibiotiques génériques ont nécessité pas moins de 3 millions de litres d'eau pour fabriquer 1 kg de produits.
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