• Tchad: les problèmes d'eau et d'assainissement difficiles à résoudre

    Pour président du Réseau d’associations de ces différents secteurs, le gouvernement doit redoubler d’efforts pour mettre fin à ces tracas


    Malgré les bonnes intentions et les engagements du gouvernement tchadien, l’accès à l’eau potable et un environnement propre reste un luxe pour ses populations. C’est donc dans le but de faire changer les choses que président du Réseau des associations d'eau et assainissement au Tchad et par ailleurs l'Association pour la Défense des droits des Consommateurs, Daouda El hadj Adam, demande aux autorités de son pays et leurs partenaires de mettre le turbo pour mettre un terme à ces problèmes. Il rappelle les neuf engagements qu’avait pris le gouvernement pour résoudre le problème. Il s’agissait notamment d’assurer l'accès à l'eau potable sur la période 2010-2015 pour plus de 8 millions de Tchadiens (soit 60% de la population); assurer l'accès à l'assainissement sur la même période pour près de 5 millions de personnes (35% de la population); réaliser avant la fin 2013 la construction de 6.000 latrines institutionnelles et communautaires et vulgariser les latrines familiales; réaliser 1.000 forages équipés de pompes à motricité humaine dans les zones rurales; réaliser 120 adductions d'eau potable en milieu semi-urbain; réaliser le branchement et le renouvellement des conduits de distribution d'eau, ainsi que des forages profonds dans toutes les villes concédées à la Société Tchadienne d'Eau.


    © peres-blancs.cef.fr
    Mais dans le domaine de l'eau, il y a seulement neuf adductions d'eau qui ont été réalisées en milieu urbain, environ 100 pompes à motricité humaine réparées par le ministère de l'Hydraulique rurale et urbaine et les partenaires techniques financiers, précise Daouda El hadj Adam. Et dans le secteur de l'assainissement qui est un secteur critique, l'on a constaté la construction de 310 latrines sur 675 prévues (soit un taux de 46%) dans les écoles et dans les centres de santé. Le gap est donc très important, la défécation à l'air libre demeure très ancrée dans les habitudes, la pratique de lavage des mains n'a progressé que de 3% contre 25% prévus, ajoute-t-il. Pour le président du Réseau des associations d'eau et assainissement, le fait que le Comité de l’eau créé voilà déjà plusieurs années, ne se soit jamais réuni est une raison à la lente réalisation des engagements. En effet, selon lui, ce comité devrait s'approprier le suivi de ses engagements et assurer une meilleure coordination des investissements et une meilleure planification des activités dans le secteur de l'eau.

    Selon le ministère de l'Hydraulique urbaine et rurale, le taux d’accès à l’eau potable au Tchad en 2012 était de 46%. Dans le but d’augmenter ce pourcentage, l'Agence Française de Développement (AFD) a accordé, en juin 2013, une subvention de plus de 7 milliards F CFA pour accroître la desserte en eau dans les quartiers périphériques de l'Est de N'Djamena. Et les élus du peuple ont adopté au mois de mai dernier, une loi qui permet au président Deby de ratifier l'accord de prêt relatif au financement d'un projet d'alimentation en eau potable et d'assainissement dans huit autres centres urbains secondaires et leurs environs. Ce projet, d'un montant d’environ 15 milliards F CFA est financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) et le Fond Africain de Développement (FAD) sous forme de don et de prêt. Il permettra de desservir plus de 802.000 personnes en eau potable et plus de 154.000 personnes en services d'assainissement.Avec tous ces projets, le gouvernement veut atteindre au moins un taux d'accès durable à l'eau de 60,5% en milieu rural et 70% dans la zone urbaine, avait déclaré le ministre tchadien de l'Economie, du Plan et de la Coopération internationale, Issa Ali Taher.
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