• Au Pakistan, la mafia de l'eau siphonne les tuyaux de Karachi

    Un Pakistanais remplit d'eau des bidons dans un bidonville de Karachi, le 20 août 2015
    Dès qu'ils ont vu le camion-citerne de la ville débarquer dans leur quartier, Mohammad et Nayla se sont précipités. Ce jour-là, il y avait de l'eau gratuite. Un fait rare à Karachi, où la mafia siphonne souvent les tuyaux pour revendre à prix d'or le précieux liquide à une mégalopole assoiffée.
    A Sadiqabad et dans les autres bidonvilles de Karachi, l'eau ne coule plus guère de l'aqueduc censé approvisionner les mini-masures plantées sur des ruelles de terre bosselées.
    Cette pénurie ne fait pas qu'exaspérer la population de la plus grande ville du Pakistan: cet été, elle a aggravé les effets d'une canicule qui y a fait plus de 1.200 morts.
    Au cours des dernières décennies, Karachi s'est étendu de manière aussi anarchique que tentaculaire, passant de 500.000 à 20 millions d'habitants en 60 ans et atteignant une superficie équivalente à 33 fois celle de Paris intra-muros.
    Des habitants remplissent des bidons d'eau fournie par un camion-citerne du gouvernement, le 22 août 2015, dans un bidonville de Karachi, au Pakistan © ASIF HASSAN AFP
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