• Face à la pénurie d’eau, l'Egypte met en place un plan drastique

    En 2013, le projet éthiopien de barrage de Grande Renaissance sur le Nil bleu a été lancé. Il a pour objectif de développer l’agriculture irriguée et de générer de l’énergie. Ce fleuve représente à lui seul 59% du débit du Nil. Suite à ce projet, des tensions entre les gouvernements éthiopien et égyptien sont toujours d’actualité.
    Cependant, le ministre des ressources hydriques et de l’irrigation, Mohamed Abdel Aaty, a déclaré que cette pénurie n’avait aucun rapport avec la construction du barrage.
    Surconsommation et limitations de l'eau
    Une importante disproportion de la consommation et distribution d’eau a été constatée en Egypte. D’un côté, seulement 40% du territoire est relié aux réseaux de drainage dont 85% de campagnes qui ne se retrouvent sans aucune goutte d’eau
    Par ailleurs, une surconsommation irresponsable d’une partie des égyptiens aisés des grandes villes est pointée du doigt par certains observateurs. Ajoutée à cela, une poussée démographique réduisant la part d’eau de chaque individu, comme l’indique le ministre, « les égyptiens consomment bien plus que leur part d’eau provenant du Nil. La consommation du pays est de 80 milliards de m3 par an, alors que notre part est seulement de 55 milliards de m3 ». Avec un tel rythme, l’Egypte sera contrainte de se limiter à 582 m3 d’ici 2017.
    Un plan hydrique alternatif
    Le déficit est pour le moment compensé par des sources d’eau de pluies de la côte nord, des nappes d’eau souterraines ainsi que des eaux traitées de provenance agricole.
    Pour ne pas épuiser toutes les sources d’eau, le cabinet d'Abdel Aaty a indiqué qu’un plan agricole adapté à cette pénurie est actuellement en préparation.
    Ce plan mettra l’accent sur la diminution de la consommation d’eau ainsi que le développement de la gestion hydrique de l’Egypte. Il y aura notamment l’interdiction d’exporter le riz, une réduction de la superficie allouée à la culture de la céréale (passant de 1.1 millions d’hectares à 700 000 hectares) ainsi qu’une augmentation des serres, des centres de traitement des eaux usées et l’accroissement de l’efficacité hydrique à travers le développement d’outils d’irrigation.
    Le stress hydrique peut avoir des conséquences incalculables. Par exemple, en 2010, les sécheresses et les feux de forêt dans les steppes de Russie ont fait chuter les exportations de blé. Résultat : le prix du pain a doublé, ce qui a débouché sur le “Printemps Arabe” affirme Richard Connor, expert pour l’ONU.
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