• La qualité microbiologique de l’eau du robinet en France


    La présence de micro-organismes (bactéries, virus et parasites) dans les eaux de consommation est le plus souvent due à une dégradation de la qualité de la ressource en eau, à une mauvaise protection ou un manque d’entretien des ouvrages de captages, à une défaillance du traitement de désinfection ou à une contamination de l’eau lors de son transport ou stockage dans le réseau.
    La présence de micro-organismes dans l’eau de consommation peut engendrer un risque à court terme pour le consommateur, le tableau clinique des pathologies engendrées est le plus souvent bénin pour la population générale (troubles gastro-intestinaux, diarrhées,…).
    Les méthodes pour rechercher les germes pathogènes dans l’eau sont longues et complexes, c’est pourquoi la qualité bactériologie de l’eau est appréciée à partir de la recherche de germes témoins de contamination fécale (Escherichia coli et entérocoques). La mise en évidence de ces germes dans l’eau témoigne de la possibilité de présence de germes pathogènes.

    Les nitrates dans l’eau du robinet

    La présence des nitrates dans les eaux est due :
    - à leur présence naturelle dans l’environnement,
    - à une contamination de la ressource en eau par des activités humaines (rejets urbains ou industriels, pollution agricole due aux engrais minéraux et organiques).
    Dans l’organisme humain, les nitrates se transforment en nitrites. Ces derniers peuvent présenter un risque pour la santé, par la modification des propriétés de l’hémoglobine du sang en empêchant un transport correct de l’oxygène par les globules rouges. Chez les très jeunes enfants de moins de 6 mois, cette maladie appelée méthémoglobinémie, provoque des cyanoses parfois sévères. Les femmes enceintes et les nourrissons sont les populations les plus sensibles.
    Les nitrates sont recherchés au niveau des ressources en eau utilisées pour la production d’eau potable, à la sortie des installations de production d’eau potable ou sur le réseau de distribution publique.

    Les pesticides dans l’eau du robinet

    Les pesticides (ou produits phytosanitaires) sont des substances chimiques utilisées pour combattre les espèces animales ou végétales nuisibles (insecticides, herbicides, fongicides,…), dans l’agriculture, dans les industries, dans la construction et l’entretien des infrastructures de transport, des voies et des terrains publics ou privés. Leur présence dans l’eau est due à leur entraînement par ruissellement ou à leur infiltration dans les sols.
    Les risques majeurs des produits phytosanitaires sont liés à des intoxications aiguës des utilisateurs (notamment exposition professionnelle). Les effets à long terme sur la santé d’une exposition à de faibles doses de pesticides sont difficiles à évaluer.
    La majorité des apports en pesticides par l’alimentation provient de la consommation de fruits et de légumes.

    La qualité radiologique de l’eau du robinet

    La radioactivité naturelle dans les eaux dépend de la nature géologique des terrains qu’elles traversent, du temps de contact (âge de l’eau), de la température, de la solu¬bilité des radioéléments rencontrés, etc. Ainsi, les eaux souterraines des régions granitiques présentent parfois une radioactivité naturelle élevée. Des eaux superficielles ayant pour réservoir des roches anciennes affleurantes ou beaucoup plus récentes peuvent aussi présenter une radioactivité importante.
    La qualité radiologique des eaux est évaluée grâce à des indicateurs de présence de radionucléides naturels ou artificiels.

    Le plomb dans l’eau du robinet

    La limite de qualité pour la teneur en plomb dans l’eau destinée à la consommation humaine a été abaissée de 25 microgrammes par litre (µg/L) à 10 µg/L, le 25 décembre 2013, conformément à la valeur guide recommandée par l’Organisation mondiale de la santé.
    → Pour en savoir plus sur les sources d’exposition au plomb, les effets du plomb sur la santé, les moyens d’évaluer et de diminuer l’exposition au plomb via l’eau, les aides financières ainsi que la réglementation, consulter l’article Eau et plomb

    Les substances émergentes dans l’eau du robinet

    Les réglementations européennes et françaises relatives à la qualité de l’eau du robinet imposent de rechercher un grand nombre de substances dans les eaux. Néanmoins, la présence de substances émergentes (nouveaux polluants de l’eau) dans les eaux à de très faibles concentrations interroge depuis plusieurs années l’opinion publique, la communauté scientifique et les autorités sanitaires. Des recherches sont menées au niveau national sur des paramètres actuellement non réglementés afin de recueillir des données d’exposition de la population nécessaires à l’évaluation des risques sanitaires liés à ces substances émergentes. 
    Ainsi, dans le cadre du programme de travail de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur ces nouveaux polluants dans l’eau du robinet, le Ministère chargé de la santé confie régulièrement au laboratoire d’hydrologie de Nancy (LHN) de l’Anses, l’organisation de campagnes de mesures, dans les eaux, de substances émergentes.
    N.B    
    Le chlorure de vinyle monomère (CVM) est un gaz organique, incolore à température ambiante. C’est un composé très volatil et faiblement soluble dans l’eau.
    En France, l’analyse du chlorure de vinyle monomère (CVM) dans l’eau du robinet, sur le réseau de distribution, est systématique depuis 2007. La limite de qualité pour l’eau du robinet est fixée à 0,5 µg/L, en application de la directive européenne 98/83/CE relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.
    Cependant, cette directive européenne n’oblige pas à mesurer la concentration en CVM dans l’eau du robinet.

    La mesure du CVM dans l’eau du robinet

    Les personnes responsables de la production et de la distribution de l’eau sont les responsables directs de la qualité de l’eau distribuée à la population. Selon l’organisation locale et la nature de l’éventuel contrat liant les parties, il s’agit des maires, présidents des collectivités productrices ou distributrices d’eau, exploitants privés qui se voient confier le service de l’eau. Elles sont tenues de vérifier la qualité de l’eau et en cas d’anomalies, de prendre des mesures correctives, d’informer les usagers, le maire et le préfet et l’ARS.
    Les progrès des techniques analytiques ont permis d’inclure l’analyse de CVM dans le contrôle sanitaire de l’eau potable à partir de 2007. Les prélèvements et analyses du CVM dans l’eau sont réalisés, à la demande des Agences régionales de santé, par des laboratoires agréés par le ministère chargé de la santé et sont financièrement à la charge du syndicat ou de la commune ou de l’exploitant du réseau.
    Ces analyses sont réalisées dans différents cas de figure : dans le cadre du contrôle sanitaire classique, dans le cadre de la mise en œuvre de l’instruction d’octobre 2012 (études), en cas de risque sanitaire suspecté.

    En cas de dépassement confirmé de la limite de qualité de l’eau pour le CVM

    En cas de dépassement confirmé de la limite de qualité du CVM, la personne responsable de la production et de la distribution de l’eau doit mettre en place des purges dans les meilleurs délais dans les secteurs du réseau de distribution concernés et avertir l’Agence régionale de Santé (ARS).
    Ces purges consistent à renouveler régulièrement une partie de l’eau en plusieurs points du réseau, afin de diminuer le temps de séjour de l’eau dans les canalisations en PVC et réduire significativement la teneur en CVM dans l’eau du robinet.
    Si ces purges ne peuvent pas être mises en œuvre, ou ne sont pas suffisamment efficaces, la personne responsable de la distribution (collectivité ou exploitant du réseau d’eau) informe les consommateurs des restrictions de consommation de l’eau à respecter.
    Seuls des travaux sur les canalisations concernées permettent de garantir une conformité durable vis-à-vis du CVM. En attente de ce remplacement, des solutions telles que des purges sont mises en place pour répondre aux problèmes éventuels de dépassement de limite CVM.
    Des procédés tels que le tubage, qui consiste à introduire une canalisation de diamètre inférieur dans la canalisation, permettent de supprimer les contacts entre les parois en PVC contenant du CVM et l’eau. Cependant, cette technique n’est utilisable que dans des conditions spécifiques (faible longueur de canalisation, peu de branchements, absence de poteau incendie en aval…).
    http://solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/
    contrôle sanitaire de l’eau.
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