• DES CHERCHEURS METTENT AU POINT UNE MEMBRANE POUR RENDRE L'EAU DE MER POTABLE -suite-

    «Autre chose», c’est une membrane nanoscopique, dont le fonctionnement s’apparente à un filtre équipé de trous de la taille d’un atome, et donc seulement visibles au microscope. «L’eau de mer est composée essentiellement de molécules d'eau et d'ions qui sont des atomes. L’idée c’est de bloquer les ions dans la membrane tandis que les molécules d’eau passeront de l’autre côté», détaille Adrien Nicolaï, maître de conférence à l'université de Bourgogne à France Bleu.
    Si des membranes similaires sont parfois déjà utilisées dans les centrales de dessalement, celle développée par les chercheurs bourguignons serait plus résistante et moins énergivore.

    DES APPLICATIONS DANS LE DOMAINE DE LA SANTÉ ?

    Cette découverte a été rendue possible par la puissance du centre de calculs de l’université de Bourgogne «un bâtiment entier avec des grosses armoires remplies d’ordinateurs», qui a permis d’imaginer théoriquement la membrane sur ordinateur, avant de passer à l’étape de fabrication dans un laboratoire américain. «On parle de calculs qui peuvent prendre des mois, voire des années. Un calcul qu'on peut faire en un mois au centre de calcul, ça prendrait trois ou quatre ans de le faire sur un ordinateur portable à la maison», explique Adrien Nicolaï. Ces calculs ont permis de donner des directives très précises au laboratoire américain.
    Si les tests prouvent que la membrane fonctionne à grand échelle, ses applications pourraient être multiples. La plus logique serait son emploi pour dessaler l’eau de mer, un enjeu majeur puisqu’un tiers de la population mondiale n’a toujours pas accès à l’eau potable. Mais France Bleu note que la membrane pourrait également être très utile dans le domaine de la médecine, par exemple pour trier rapidement les molécules dans le sang.
    Des applications potentielles qui pourraient attirer des investisseurs privés, espère l’université de Bourgogne. En attente de cette potentielle manne financière, c’est l’armée de l’air américaine qui finance une majeure partie des travaux, «une première en France», selon Patrick Senet.
  • You might also like