• Produire de l’eau potable grâce au Soleil

    L’eau potable est de plus en plus rare dans le monde. Selon les Nations unies, une personne sur neuf a présentement des difficultés à y accéder, et ce nombre passera à une sur quatre d’ici 2050.
    Le dessalement de l’eau de mer est envisagé depuis longtemps comme source alternative d’eau potable, mais cette méthode a toujours coûté trop cher pour être répandue.
    Des chercheurs de l’Université du Texas ont voulu régler ce problème en utilisant l’une des seules ressources gratuites en abondance sur Terre : la lumière du Soleil. 

    Un sel coûteux

    Le dessalement de l’eau de mer n’est pas compliqué en soi. Il existe plusieurs méthodes pour y parvenir, mais seulement deux sont utilisées à grande échelle.
    Il y a d’abord la distillation, qui consiste à faire bouillir l’eau avant d’en récolter la vapeur, ce qui permet d'obtenir de l’eau douce. Dans l’autre méthode, l’osmose inverse, un procédé à haute pression, permet le passage de l’eau à travers une membrane tout en empêchant le sel de s'y infiltrer.
    Les installations requises pour dessaler l’eau de ces façons coûtent cependant très cher, tant en infrastructures qu’en énergie. Une seule centrale alimentant en eau une ville de 300 000 habitants peut coûter en moyenne 100 millions de dollars. Il faut en plus ajouter à ce montant des coûts de 4 à 5 $ par 1000 litres d’eau produits.
    En appliquant ces coûts à la consommation moyenne d’eau d’un Canadien, soit 300 à 400 litres par jour, la facture finale peut rapidement s’avérer… salée.
    Même si les prix baissent à mesure que la technologie devient plus courante, ce ne sont pas tous les pays qui auront accès à ces procédés ou aux installations électriques nécessaires pour les alimenter.

    Chaque goutte compte

    Plusieurs groupes de recherche travaillent donc sur des méthodes plus accessibles pour aider ces populations. Celle qui a été développée par l’équipe texane est étonnamment simple.
    L’eau est produite à l’aide de l’énergie du Soleil et d’un hydrogel, une substance formée d’un réseau de chaînes moléculaires appelées polymères – un peu comme un filet – et qui est capable de contenir une grande quantité d’eau.
    Leur hydrogel a deux propriétés. Étant composé de trous microscopiques, l’eau y pénètre facilement par capillarité, le même principe par lequel l’eau va progressivement être absorbée, en remontant, par un morceau de tissu dont on plonge l’une des extrémités dans le liquide.
    Le gel est aussi capable d’accumuler et de conduire la chaleur du soleil sans la perdre. La température du gel peut être assez élevée pour produire de la vapeur d’eau, qui sera propre à la consommation une fois récupérée.
    Les chercheurs ont montré qu’ils pouvaient ainsi générer quotidiennement jusqu’à 25 litres d’eau par mètre carré de gel de deux centimètres d’épaisseur. Ils ont testé leur système avec plusieurs échantillons d’eau salée, dont un contenant proportionnellement autant de sel que la mer Morte, soit dix fois plus que l’océan. Ils ont obtenu de l’eau potable propre à la consommation, quelle que soit la concentration initiale de sel.
    Les chercheurs veulent maintenant commercialiser leur concept pour l’amener à un niveau industriel. Une telle méthode demanderait bien peu en infrastructures et en énergie et pourrait pallier un manque d’eau dans plusieurs communautés.
    Toutefois, il reste difficile d’envisager le dessalement de l’eau de mer comme source principale d’eau potable. La recherche de nouvelles méthodes pour conserver et recycler celle qu’on a déjà demeure donc essentielle.
    https://ici.radio-canada.ca
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