• Tester les produits de traitement des eaux utilisés à domicile

    Le nouveau programme international de l'OMS pour évaluer les technologies de traitement des eaux à domicile vise à garantir que les produits utilisés protègent efficacement la santé.

    L’accès universel à l’eau potable figure parmi les objectifs de développement durable des Nations Unies adoptés en septembre 2015.

    WaterAid/Tom Greenwood

    À l’échelle mondiale, on estime que 1,9 milliard de personnes utilisent des points d’eau contaminés par des matières fécales. Par conséquent, nombreux sont les ménages qui doivent utiliser des technologies de traitement pour empêcher l’apparition des maladies et rendre l’eau potable.
    L’offre en produits de ce type est abondante sur le marché mondial. Des systèmes de chloration et de filtration à la désinfection solaire, les moyens de purification de l’eau sont innombrables. Les fabricants assurent que leurs produits rendent l’eau propre à la consommation, mais dans les pays à revenu faible, où nombre de ces systèmes sont essentiels, les laboratoires ne sont pas en mesure de vérifier ces affirmations.
    Cependant, les choses évoluent.
    «La protection de la santé est le principal bénéfice du traitement des eaux à domicile», déclare le Dr Batsi Majuru de l’OMS. Et d’ajouter: «Les avantages pour la santé du traitement des eaux à domicile sont de plus en plus largement reconnus et une évaluation indépendante et rigoureuse est indispensable.»
    On estime que, si ces approches sont systématiquement et correctement appliquées, le traitement des eaux è domicile et le stockage de l’eau dans de bonnes conditions peuvent réduire jusqu’à 45% les maladies diarrhéiques et sauver chaque année la vie de milliers de jeunes enfants.

    Un programme international d’évaluation

    Le programme international pour évaluer les technologies de traitement des eaux à domicile a été créé en 2014 afin d’apprécier de façon indépendante et systématique l’efficacité de ces produits au regard des critères sanitaires de l’OMS. Ce système est semblable à celui utilisé pour la pré-qualification des produits pharmaceutiques et des moustiquaires imprégnées d’insecticide.
    Dans le cadre de ce programme, un produit peut être évalué s’il est peu onéreux, adapté aux milieux à faibles ressources et s’il fonctionne de façon autonome et permet de traiter suffisamment d’eau pour alimenter un nombre limité de personnes par jour.
    Les produits qui remplissent ces critères sont testés afin d’évaluer dans quelle mesure ils éliminent de l’eau de boisson les contaminants microbiologiques tels que bactéries, virus et protozoaires. L’efficacité des produits est classée selon 3 catégories: ceux qui suppriment le plus d’agents pathogènes obtiennent 3 étoiles.

    Chaque année, l’OMS prévoit de tester de nouvelles technologies et de publier les résultats de ces travaux pour aider des pays tels que l’Éthiopie à mettre en place à plus grande échelle des technologies conformes aux critères de performance de l’Organisation.Récemment, l’OMS a publié une première série de résultats sur 10 technologies de traitement des eaux à domicile allant de l’ultrafiltration à la désinfection chimique, dont il ressort que 8 cibles de performance ont été atteintes. Ces produits sont utilisés dans quelque 60 pays par des millions d’usagers.

    Améliorer la réglementation en Éthiopie

    L’Éthiopie est souvent touchée par les sécheresses et les inondations, ce qui entrave l’accès à l’eau potable et favorise la propagation des maladies diarrhéiques. Face à ce problème, le Gouvernement a lancé le programme «One WASH» qui vise à instaurer l’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, et à améliorer la sécurité sanitaire des pratiques de stockage et de traitement de l’eau des ménages.
    Avant le programme de l’OMS, de nombreux laboratoires avaient essayé d’évaluer les produits de traitement des eaux à domicile, mais il n’y avait pas de protocoles standardisés ni de procédures de test. Désormais, l’Autorité éthiopienne de contrôle et d’administration des aliments, des médicaments et des soins de santé, chargée de contrôler l’innocuité des produits pharmaceutiques, des aliments et des boissons, est également habilitée à réglementer les produits de traitement de l’eau au niveau des ménages.
    «Auparavant, nous nous cantonnions à l’examen documentaire et à l’analyse chimique des technologies de traitement chloré des eaux utilisées par les ménages du pays», déclare Bikila Bayissa, Vice-Directeur général adjoint pour l’évaluation de la qualité des aliments et des médicaments à l’Autorité éthiopienne de contrôle et d’administration des aliments, des médicaments et des soins de santé. «Grâce au programme de l’OMS, nous mettons maintenant aussi l’accent sur la microbiologie, ce qui est essentiel pour assurer la potabilité de l’eau.»
    L’OMS et le gouvernement de l’Éthiopie forment le personnel de différents laboratoires publics, ministères et organismes de réglementation sur la manière de conduire les tests microbiologiques pour évaluer l’efficacité des produits, et sur l’application des Directives de qualité pour l’eau de boisson de l’OMS. Les personnels de différents laboratoires publics, ministères et organismes de réglementation sont formés sur la manière de conduire les tests microbiologiques pour évaluer l’efficacité des produits, et sur l’application des Directives de qualité pour l’eau de boisson de l’OMS.
    «De nombreux produits de traitement des eaux à domicile sont importés, mais personne ne sait s’ils sont de bonne qualité ou non», explique le Dr Almaz Gonfa, coordonnateur du laboratoire de recherche en microbiologie et sécurité sanitaire des aliments à l’Institut éthiopien de santé publique. «Le programme de l’OMS aidera les Éthiopiens à savoir si les produits qu’ils utilisent permettent bien d’assainir l’eau qu’ils consomment et de protéger leur santé.»

    Introduire le programme dans d’autres pays

    L’accès universel à l’eau potable figure parmi les objectifs de développement durable. En renforçant la protection et la gestion des ressources en eau, y compris au niveau des ménages, l’OMS et les gouvernements contribuent à atteindre ce but.
    Cette année, l’OMS collabore avec le gouvernement du Ghana pour mettre au point des normes sur l’efficacité des technologies de traitement des eaux à domicile ainsi qu’un système de certification et d’étiquetage des produits pour aider les usagers à faire des achats éclairés. Une fois lancé, le programme de certification viendra soutenir la stratégie nationale pour le traitement des eaux au niveau des ménages et leur stockage dans de bonnes conditions, qui vise à réduire les maladies d’origine hydrique d’ici à 2025.
    «Le programme de l’OMS aidera à garantir que les technologies employées au Ghana assainissent efficacement l’eau, sont adaptées aux ménages locaux et sont conformes aux normes internationales», explique Kweku Quansah, administrateur de programme au Ministère ghanéen de l’administration territoriale et du développement rural.

    «Les gens auront l’assurance que les technologies qui ont franchi avec succès les tests d’évaluation sont validées internationalement.»
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