• Ukraine : des femmes agissent contre la pauvreté et la privatisation

    Les femmes dans une économie en transition

    L’Ukraine (603 700 kilomètres carrés, 48 416 millions d’habitants) est l’une des 12 républiques de l’ex-URSS et un pays en transition. Dès le début des réformes économiques, orientées vers la néo-libéralisation et la privatisation, l’Ukraine et le reste des pays de l’ex-URSS en Europe de l’Est, au Caucase et en Asie Centrale subirent des transformations profondes. Durant l’ère soviétique, les habitants de ces pays bénéficiaient traditionnellement d’un très haut niveau de protection sociale. La nouvelle économie de marché donna naissance à des phénomènes comme la prostitution, les SDF et une pauvreté sans cesse croissante. Aujourd’hui, en Ukraine, on compte un petit nombre de gens riches qui, après avoir privatisé les biens communs comme les usines, les fabriques et les mines, essaient désormais de privatiser les ressources communes, telles que les forêts, les lacs, les sources, le gaz, le pétrole et même les rivières. On compte aussi un très grand nombre de gens pauvres, en progression spectaculaire. Selon les statistiques officielles, l’Ukraine affiche un taux de pauvreté de 27%. Mais des enquêtes alternatives menées par des scientifiques indépendants suggèrent que les véritables chiffres de la pauvreté en Ukraine sont bien plus élevés, entre 40 et 60%.
    L’histoire et les activités de MAMA-86 montrent que les femmes peuvent réellement améliorer leur situation et entraîner des changements significatifs dans leurs communautés. MAMA-86, fondé en 1990 par des mères ukrainiennes qui s’inquiétaient des effets de l’accident nucléaire de Tchernobyl de 1986 sur la santé de leurs enfants, compte à présent plusieurs centaines de membres actifs dans 17 villes à travers toute l’Ukraine. Aujourd’hui, le travail de MAMA-86 comprend de la recherche, des actions de défense juridique et de lobbying, des actions d’éducation et de formation, des projets pilotes, et l’analyse et l’élaboration de politiques.

    Eau potable : la principale priorité des femmes

    En 1998, les femmes ukrainiennes identifiaient l’eau potable comme leur problème le plus urgent. Selon la définition de l’UNECE, l’Ukraine est un pays aux ressources en eau limitées, avec moins de 1 500 mètres cubes de débit disponible par habitant. Les années sèches, ce chiffre tombe à 670 mètres cubes par Ukrainien. En outre, les ressources en eau sont inégalement réparties sur le territoire, ce qui rend la question de l’alimentation en eau encore un peu plus compliquée. Les ressources en eau de l’Ukraine ont subi une pression et une dégradation anthropiques importantes. Environ 75% de la population est alimentée par des eaux de surface, qui ne conviennent pas à la consommation. En Ukraine, 70% de la population est desservie par les fournisseurs d’eau centralisés, mais plus de 814 000 personnes, réparties sur 13 oblasts (régions), de même que la Crimée, n’ont toujours pas d’accès permanent ou régulier à l’eau, et sont obligés d’avoir recours à une eau importée de mauvaise qualité.
    La dégradation de services d’eau et d’assainissement déjà dans une situation critique dans certaines régions, un traitement de l’eau et des eaux usées de plus en plus inefficace et le manque criant de financements sont les problèmes les plus pressants auxquels doit faire face le secteur de l’eau. Actuellement, 25% des équipements de distribution et des conduites d’eau sont obsolètes ; 22% des systèmes d’approvisionnement sont dans un état critique, dont 35% complètement usés et inadaptés ; la moitié des unités de pompage ont épuisé leurs ressources, et 40% d’entre elles requièrent un remplacement immédiat ; 26% des systèmes d’assainissement et 7% des usines de pompage sont délabrés ; en outre, 46% des usines de pompage doivent être intégralement remplacées. Tout ceci explique que 45% de la population consomme une eau non conforme aux normes nationales. En cas d’accident grave dans les réseaux de distribution, l’approvisionnement en eau des consommateurs peut être interrompu pendant plusieurs jours. Ce problème de l’eau potable affecte directement la santé et le bien-être des Ukrainiens. Dans certaines régions, les maladies d’origine hydrique comme l’hépatite A, les infections à rotavirus, et le syndrome du « bébé bleu » gagnent du terrain.
    D’un autre point de vue, le coût de l’approvisionnement en eau et des services d’assainissement augmentent rapidement, sans aucune amélioration de la qualité du service. Pendant l’ère soviétique, la population ukrainienne payait entre 2 et 4 % seuement du prix réel de l’alimentation en eau, le reste étant payé par le gouvernement soviétique. L’augmentation régulière des tarifs des services d’approvisionnement et d’assainissement ont entraîné d’importantes manifestations de consommateurs, une montée des tensions sociales et une réduction du taux de collecte des factures d’eau. Les consommateurs d’eau paient des tarifs sur la base d’une estimation de l’approvisionnement moyen en eau deux à trois fois plus élevé qu’ailleurs en Europe. En raison de l’absence de compteurs d’eau, les consommateurs n’ont aucune idée de ce qu’ils utilisent véritablement et ne prennent aucune mesure pour limiter leur consommation. La mauvaise qualité et les hausses des prix suscitent la colère des consommateurs et requièrent des mesures urgentes aux niveaux national et local, qu’il sera nécessaire d’accompagner de mécanismes de protection des droits des consommateurs, lesquels n’existent pour le moment que sur le papier.
    La protection des droits des consommateurs est devenue la pierre angulaire du travail de MAMA-86 dans les zones rurales et urbaines. MAMA-86 a effectué des tests de qualité de l’eau de manière indépendante, lancé plusieurs initiatives d’épuration de l’eau, sondé 1600 personnes à propos de leurs problèmes d’eau potable, et mis en place des centres citoyens de l’eau, où est fournie grâce à des filtres une eau potable abordable pour les groupes vulnérables. MAMA-86 a montré que les ONG peuvent jouer un rôle non négligeable, par leur action de conseil et de soutien juridiques, en matière de protection du consommateur. La campagne « Eau potable en Ukraine » a été initiée dans le but de trouver des solutions concrètes aux problèmes locaux d’accès à l’eau potable. Dans le cadre de cette campagne, le réseau MAMA-86 met en œuvre des projets pilotes pour trouver des solutions alternatives pratiques à petite échelle et de faible coût pour l’approvisionnement en eau potable. L’échange de connaissances et d’expériences de solutions concrètes aux problèmes écologiques (en particulier les projets pilotes concernant l’eau) sont très importants pour galvaniser l’activité publique. MAMA-86 développe et diffuse largement de tels projets pilotes.

    MAMA-86 : travail communautaire pour l’eau potable

    Les militants locaux de MAMA-86 lancent une grande variété d’initiatives locales afin d’améliorer l’accès à l’eau potable, y compris des recherches sur la pollution des sources d’eau potable, le nettoyage de puits et de réservoirs afin d’améliorer la qualité de l’eau et donc la santé humaine, et l’installation de systèmes d’épuration et d’assainissement dans les maternelles, écoles, hôpitaux et sanatoriums. Une autre partie importante de leurs activités est le travail de sensibilisation aux maladies d’origine hydriques, aux technologies permettant d’économiser l’eau et aux droits des consommateurs.
    Le gaspillage est l’un des principaux problèmes auquel se trouve confronté le secteur de l’eau en Ukraine. Les systèmes d’approvisionnement et les équipements obsolètes, conjugués à une utilisation irrationnelle et non régulée de la part des consommateurs, rendent la situation très sérieuse. En Ukraine, les gens n’ont en général pas de compteur d’eau et n’ont aucune idée du volume d’eau qu’ils consomment. La mise en place de stratégies d’économies d’eau est une priorité importante pour le secteur. Il existe bien un programme gouvernemental d’installation de compteurs d’eau, mais sa mise en œuvre est extrêmement lente en raison du manque d’argent. Depuis 2001, MAMA-86 mène des projets pilotes expérimentaux dans trois villes : Kiev, Odessa et Kharkiv, qui visent à changer l’attitude du public vis-à-vis de l’utilisation de l’eau, avec pour objectif principal de réduire le niveau de consommation. À Odessa, la consommation domestique a baissé de 14% en 2002 grâce aux 74 000 compteurs d’eau installés suite aux activités menées par MAMA-86 dans la ville. Celles-ci incluaient un projet pilote sur les compteurs d’eau, une campagne d’information à travers toute la ville, et un changement de législation locale (dont le projet avait été préparée par MAMA-86) pour simplifier les démarches et réduire les coûts d’installation des compteurs.
    En juin 2003, un plan économique pour la reconstruction du réseau d’alimentation en eau de Soledar (unité administrative d’Artemivsk), basé sur les sources locale, fut élaboré grâce à une collaboration entre Tebodin, le service public d’eau de Soledar, et MAMA-86. MAMA-86 Artemivsk prit en charge la première étape du projet et une grande campagne d’information visant à impliquer les investisseurs et à trouver les fonds nécessaires pour lancer une seconde étape plus coûteuse. Pour cette première étape, la principale tâche était de mettre en place le contrôle technique du projet. MAMA-86 Artemivsk travailla en collaboration avec le service public d’eau de Soledar pour préparer la documentation technique d’appui liée au plan économique. L’une des conséquences de ce projet fut l’introduction de nouvelles formes de collaboration entre organisations publiques, entreprises et administrations locales pour la réalisation de projets municipaux.

    De l’action au développement de politiques publiques

    MAMA-86 a été impliquée dans le développement de politiques publiques très innovantes, particulièrement dans le contexte de l’Ukraine post-soviétique. À partir de 1998, MAMA-86 et une nuée d’ONG initièrent le premier processus participatif et consultatif jamais mis en œuvre pour l’élaboration du Plan d’action national pour l’environnement et la santé (NEHAP). Le coordinateur national a sollicité l’aide de MAMA-86 pour préparer une ébauche de projet de participation du public au NEHAP [1]. Plus de 600 organisations et particuliers de tout le pays, dont des groupes écologistes, des groupes de femmes, des chercheurs, des professionnels de la santé, des hommes d’affaires et des représentants du gouvernement, apportèrent leur contribution. Suite à l’important lobbying exercé par plus de 50 organisations en Ukraine, le Conseil des ministres finit par approuver le NEHAP en octobre 2000. MAMA-86 et d’autres ONG ont également contribué de façon déterminante à l’ébauche de la nouvelle Loi sur l’eau potable. Elles analysèrent la législation en place, émirent des observations concernant la structure et le contenu de cette nouvelle loi, informèrent le public sur le processus législatif et essayèrent de le faire participer aux séances d’examen du projet de loi, suivirent le processus jusqu’à son terme, et firent pression pour obtenir des amendements.

    Les femmes agissent contre la privatisation

    Depuis 2000, on a vu émerger des cas de privatisations « sauvages ». En juillet 2002, par exemple, les habitants de cinq villages de l’oblast d’Odessa écrirent à MAMA-86 Odessa pour se plaindre du non-respect de leur droit d’usage de l’eau de la rivière. Un chef du village avait autorisé cinq hommes d’affaires de la région à louer une partie du bassin de la petite rivière Kuchurgan pour une durée de 49 ans [2]. C’était la première fois dans l’histoire de l’Ukraine indépendante que l’on tentait de privatiser un pan entier de bassin de rivière. Le nouveau Code foncier ukrainien permet aux particuliers de privatiser la terre, l’eau et les bois, mais ces articles du nouveau Code foncier sont en contradiction avec la législation environnementale préalablement adoptée.
    Les personnes qui ont loué la rivière Kuchurgan pour une durée de 49 ans estimaient qu’elles étaient entièrement propriétaires de la rivière et ont enfreint la législation environnementale en y construisant des barrages. Leurs actions ont provoqué l’assèchement complet de la rivière, et les habitants de la région ont perdu le droit d’accès à la rivière à côté de laquelle ils habitent et font paître leurs troupeaux depuis des siècles. Ils ont perdu leur principale source de subsistance du fait de la privatisation de la rivière. La perte de ce droit d’usage, dans un contexte local de chômage intense et de taux de pauvreté élevé, provoqua un désastre. MAMA-86 Odessa fournit alors un soutien juridique aux habitants, et les contrats de location du bassin de la rivière furent annulés. Le procureur général de la région d’Odessa entama une action pénale en relation à la violation des lois environnementales. Il reste cependant à prendre la mesure précise des dégâts causés à la rivière par ces hommes d’affaires.
    Malheureusement, il n’est pas toujours possible pour les habitants et les ONG locales de changer le cours des événements. Souvent, les intérêts des populations locales sont négligés et les revendications des ONG ne sont aucunement prises en compte, surtout si les parties intéressées sont de puissantes sociétés multinationales ayant le soutien d’institutions financières internationales. Fréquemment, le budget de ces sociétés multinationales équivaut à plusieurs fois le budget des villes même des États dans lesquels elles sont implantées.
    En 2000, un petit article parut dans le journal russe Moscow Komsomolets, annonçant que les représentants de la municipalité d’Odessa avaient conclu un accord de principe avec une firme française, Suez Lyonnaise des Eaux, pour la reconstruction des réseaux urbains d’alimentation en eau de la ville (un million d’habitants). Les ONG basées à Odessa ont interpellèrent les autorités urbaines pour avoir des précisions, sans obtenir de réponse. En octobre 2000, les représentants de Suez Lyonnaise des Eaux vinrent à Odessa et déclarèrent publiquement leur intention de prendre part à la gestion du réseau urbain de l’eau. L’appel d’offres officiel aux investisseurs étrangers ne fut annoncé qu’en décembre 2000. Les conditions ne pouvaient être remplies que par une société comme Suez Lyonnaise des Eaux (le montant de l’engagement requis par l’appel d’offre était de 130 000 dollars) ; ces conditions ne mentionnaient en rien la protection des intérêts et des droits des consommateurs, ou les conséquences sociales du projet pour les citadins. Compte tenu des conditions déloyales de cet appel d’offres, il n’est aucunement surprenant qu’une seule firme – Suez Lyonnaise des Eaux – y ait répondu et l’ait remporté. De semblables pratiques d’exclusion de la concurrence sont employées par les sociétés multinationales de l’eau dans tous les pays en transition d’Europe centrale et d’Europe de l’Est.
    Les institutions financières internationales comme la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) encouragent l’entrée des capitaux privés dans le secteur de l’eau. Ces institutions n’accordent souvent leurs financements qu’au secteur privé, en dépit de la possible efficacité supérieure d’alternatives au sein même du secteur public. En 1998, le service public de l’eau d’Odessam Vodokanal, avait mené une étude de faisabilité avec la Banque mondiale sur les améliorations à apporter au système d’approvisionnement en eau. Sur la base de cette étude, Vodokanal avait sollicité un crédit de 64 millions de dollars auprès de la BERD, dont 14 millions étaient destinés à des experts étrangers. La BERD n’a pas voulu faire crédit à une société régionale, et la Vodokanal s’est alors constituée en société par actions pour pouvoir fournir en garantie ses biens immobiliers. Le crédit lui fut de nouveau refusé. La BERD déclara alors qu’elle était prête à payer 200 millions de dollars pour le même investissement à la firme française Suez Lyonnaise des Eaux.
    MAMA-86 et d’autres ONG ont demandé à plusieurs reprises des informations et des précisions concernant les négociations, mais ont toujours obtenu la même réponse : l’accord avec Suez Lyonnaise des Eaux est classé secret. Au bout de deux années de négociations confidentielles, Suez cessa purement et simplement ses activités à Odessa ; Suez avait décidé que la situation en Ukraine ne lui convenait plus, les gens ne pouvant se permettre de payer les prix souhaités par l’entreprise.

    Recommandations et leçons tirées de cette expérience

    L’eau est une ressource critique et ne doit pas être un moyen de profit. À Odessa, les femmes de MAMA-86 et d’autres ONG sont parvenues avec succès à empêcher la privatisation du service de l’eau initiée par Suez Lyonnaise des Eaux. Elles ont réussi à prouver que la procédure d’appel d’offres avait manqué de transparence, que les autorités locales avaient mené des négociations secrètes, et que la BERD était disposée à financer la privatisation pour Suez sans consultation publique, alors qu’elle n’était pas prête à financer une société locale qui aurait eu un comportement plus responsable vis-à-vis des consommateurs.
    Les questions de l’eau sont liées à de nombreux autres problèmes : en Ukraine, il est important de les replacer dans le cadre plus large du problème de mauvaise gouvernance au niveau de l’État. Celui-ci s’est désengagé du secteur de l’eau et de ses problèmes, laissant les consommateurs les résoudre par eux-mêmes. Les actions menées par les femmes pour changer la situation contribuent à fixer de nouveaux paramètres de gouvernance démocratique. Mais les femmes ne sont pas encore décisionnaires à égalité, et la question du genre n’est toujours pas prise en compte.
    Il faudrait de la transparence dans tous les services publics de l’eau et toutes les autorités locales, et une procédure ouverte de consultation de la population et des consommateurs, en particulier des femmes, qui sont essentielles à l’analyse des problèmes et des solutions. Plusieurs initiatives réussies ont déjà démontré l’importance de mobiliser les femmes pauvres en faveur d’une eau plus saine, d’une tarification adaptée, de la responsabilisation des gestionnaires, du maintien de l’accessibilité, et d’une meilleure gestion des infrastructures de l’eau.
    L’arrivée des multinationales et la poussée privatisatrice doivent être considérées avec d’infinies précaution, car elles peuvent conduire à un accroissement de la pauvreté et à une régression de l’accès à l’eau pour une partie importante de la population. Ce qui ne pourra qu’affecter plus particulièrement les foyers déjà pauvres, les familles monoparentales dirigées par des femmes, ou encore celles qui comptent des enfants et des retraités. Il faut aussi être particulièrement vigilant vis-à-vis des pratiques de corruption des multinationales de l’eau. Les cadres de Suez et de Veolia ont été soupçonnés à plusieurs reprises d’avoir distribué des pots-de-vin pour obtenir des contrats.
    Le public doit avoir un droit d’accès à toutes les informations relatives aux discussions entre administrations locales, entreprises d’eau, sociétés multinationales et secteur privé national. Les institutions financières internationales doivent soutenir le principe du développement durable, dont la gestion locale des ressources hydriques constitue un facteur clef. Elles devraient garantir les droits de la population locale et la participation du public aux processus de réforme du secteur de l’eau.
    Il faudrait également essayer de s’inspirer des services publics de l’eau exemplaires, comme par exemple celui de la ville de Porto Alegre, au Brésil. En même temps, les activistes de MAMA-86 ont proposé leurs propres solutions concrètes et établi leurs propres exemples de résolution des problèmes locaux liés à la gestion de l’eau potable.
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